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Claire Faravarjoo, naissance d’une pop électro française à Strasbourg

actualisé le 12/03/2017 à 18h17

Lors du festival Comme Chez Watt, j’avais eu la chance de découvrir le groupe de pop-électro Claire Faravarjoo. J’ai eu le coup de foudre pour leurs paroles poétiques et la beauté incroyable de la voix de cette chanteuse, troublante, indescriptible. Rencontre avec des jeunes plein de talent qui n’ont pas fini de nous éblouir.

Claire Faravarjoo, c’est avant tout une sœur et un frère, Romain, de Strasbourg qui jouent dans un même groupe :

« On vient du côté hippie de la famille si on peut dire ! Notre mère a beaucoup influencé nos goûts musicaux. On a baigné dans du Hendrix et du Pink Floyd depuis tout petits. On s’est passionné pour la musique et on a commencé à en jouer tout à fait naturellement, en autodidacte. Comme beaucoup de jeunes en fait, on s’est trouvé une guitare, on a commencé à gratouiller et voilà. Claire n’a d’ailleurs jamais pris de cours de chant non plus. »

« C’était aussi naturel de jouer dans un même groupe. On s’est toujours bien entendu. On avait chacun nos propres groupes puis un jour, je ne sais plus qui a demandé à qui, mais on s’est rejoint, ça s’est fait comme ça. Bon, ce n’est pas facile tout le temps, on se crêpe parfois le chignon, mais ce n’est jamais grave ! C’est souvent Claire qui boude en fait. »

Et Claire de le contredire : « Ah non ! C’est Romain qui boude ! »

Ben, leur autre acolyte, s’est contenté de dire que c’était « intéressant » de jouer avec les deux, dans un devoir de neutralité. Plus sérieusement, lui aussi a toujours baigné dans la musique :

« J’étais comédien professionnel. Mais j’ai toujours été un grand mélomane. Ma mère était une chanteuse professionnelle, mon beau-père est guitariste. Je crois bien que j’ai toujours eu envie de vivre de la musique un jour. »

Claire Faravarjoo

Claire Faravarjoo. Toutes les photos de cet article ont été prises par Claire.

« Il y a trois mois, tout a changé. Tout ce qui vient depuis est différent »

Claire, Romain et Ben forment le groupe Claire Faravarjoo. Mais cette formation est récente, Claire précise :

« On a commencé tous les trois il y a trois mois. Je suis au chant et à la guitare électrique. Romain est à la basse et Ben s’occupe de tous les sons électriques. On fait les mêmes chansons qu’on faisait dans notre ancienne formation mais nous y étions plus nombreux. Nous étions cinq, Romain et moi en faisions déjà partie. J’avais besoin de changement, de renouveler les choses. J’étais dans une phase de remise en question musicale. »

Le groupe tel qu’il était a pris fin. Claire et Romain pensaient continuer leur chemin à deux quand Ben les a rejoints :

« Ben nous avait vu à un concert au Mudd qu’on donnait Romain et moi. On était dans une phase de transition à ce moment. On pensait monter un projet à deux. Puis on a demandé à Ben de nous rejoindre. »

Ben complète :

« Quand je les ai vu ce soir-là, c’était incroyable ! J’ai adoré ! Je suis venu les complimenter à la fin du concert. On est resté en contact. Je suis vraiment heureux de les avoir rejoints depuis. On s’est bien trouvé tous les trois ! On a les mêmes influences musicales. Et humainement on s’entend vraiment bien. »

Claire Faravarjoo

Claire s’est formée à la guitare en quelques mois, en autodidacte.

Un premier EP pour la fin de l’année

Claire, Ben et Romain sont actuellement en train de retravailler tous leurs morceaux et d’en écrire de nouveaux. Cela ne les a pas empêchés de se produire plusieurs fois au Mudd Club, au Camionneur ou lors du festival Comme Chez Watt, organisé par Aros Production.

Ils précisent :

« On fait quelques concerts pour se rôder évidemment mais on proposera une tournée une fois que l’EP sera sorti. On vient seulement de commencer à refaire les sons, à tout réarranger. Cela prend du temps. Mais on a notre projet pour la fin de l’année, on sortira un quatre titres et on fera également un clip. C’est dur de se lancer seul dans la musique. Il y a tant de choses à gérer, le marketing, etc. Ce sont des métiers tout à fait différents. Alors il faut savoir bien s’entourer. On est sur une piste actuellement, mais c’est encore un secret alors on ne te dira rien ! »

La mélancolie, l’amour, la nuit

Au concert où je les ai vus, Claire l’a répété à plusieurs reprises, elle adore la nuit et elle aime en parler dans ses chansons. Romain, Ben et elle ont d’ailleurs cela en commun : ils aiment vivre et créer la nuit. Claire est capable de se réveiller à 3 heures du matin pour griffonner quelques vers qui lui sont venus en tête.

La sémillante chanteuse détaille :

« Avant, je travaillais avec un auteur parce que je ne me sentais pas faite pour écrire des chansons. J’ai beaucoup aimé travailler avec lui, j’ai appris plein de choses à ses côtés. Mais maintenant j’écris les textes moi-même et ça me plaît énormément. Je trouve qu’il y a plus de sens quand on chante quelque chose qu’on a soi-même écrit. Je le faisais déjà avant, quand j’étais ado, mais là, avec mon expérience, les textes sont plus travaillés. »

Ses thèmes de prédilection ?

« La mélancolie, l’amour, les souvenirs, le temps, l’ambiance, la mer, la nuit, les sentiments, le ressenti… Ce sont des choses qui font partie d’un peu tout le monde. Des trucs un peu écorchés aussi. J’aime bien les chansons qui ont une ambiance mélancolique. J’ai toujours eu du mal à écouter les chansons heureuses… Je préfère les trucs qui te prennent aux tripes, qui te font frissonner, qui remuent des souvenirs ! »

Elle évoque pour nous une de ses chansons qui figure parmi mes favorites, Minuit :

« Minuit est un titre que j’ai écrit en essayant de me mettre dans la peau d’une personne qui vit la nuit. Elle est un peu désespérée, solitaire, elle traîne dans les bars à la recherche de l’amour. »

Claire Faravarjoo

Claire Faravarjoo a toujours eu un peu de mal avec les chansons heureuses…

Écrire en français sur des mélodies anglophones

Ce que j’admire particulièrement chez Claire, c’est sa capacité à écrire en français sans tomber dans le cliché ou les paroles mièvres. La plupart de mes potes zikos chantent tous en anglais et quand ils s’essayent au français, il faut bien l’avouer, c’est un peu le malaise quoi. Mais Claire… ses textes sont envoûtants, poétiques et d’une telle force !

« J’écrivais en anglais quand j’avais douze ans parce que je trouvais que c’était plus facile. Quand tu écris dans une langue étrangère, tu te mets moins à nu. Alors qu’avec les paroles en français, tu dois te foutre à poil, tu dis ce que tu penses et tout le monde autour de toi peut immédiatement le comprendre, ça s’adresse directement au cerveau ! Ce sont des paroles très organiques, qui touchent tout de suite au ressenti. Je n’ai plus envie de repasser à l’anglais maintenant. Je prends trop de plaisir à jouer avec les mots. Tu vois, en ce moment, je suis en train de construire des paroles autour de deux mots : mélancolie incandescente. Ces mots me plaisent, j’aime comme ils sonnent. Je ne pourrais pas faire la même chose en anglais. »

Pour autant, Claire précise immédiatement :

« Même si je chante en français, nos mélodies restent très anglophones. On ne fait clairement pas de la variété française ! »

De la « pop à nuance électronique »

Dans Claire Faravarjoo, on retrouve pas mal de choses : de la pop, de l’électro et du rock. Difficile alors de savoir comment nommer leur style musical. Heureusement, Ben vient à mon secours :

« On pourrait parler de pop à nuance électronique française. Ça sonne plutôt bien, qu’est-ce que tu en dis ? »

D’ailleurs, si les paroles de leurs chansons sont souvent mélancoliques, pas d’inquiétude pour autant, on ne risque pas de sortir déprimé de leurs concerts ! Déjà parce qu’avec le beau sourire de Claire, c’est impossible, mais aussi grâce à leur musique car une chanson mélancolique ne rime pas forcément avec une ballade triste !

« On a envie de voir la foule ressentir des choses, que les gens dansent ! Ça nous fait hyper chaud au cœur de voir les gens danser, ça donne de la vie ! On aime que nos chansons soient vivantes. Tout est réfléchi mais très naturel en même temps. La basse apporte le maintien, la batterie le rythme, l’électronique vient apporter la vie. Toutes ces petites touches mélodiques, le synthé… C’est ce qui va permettre de remplir la sonorité d’une salle, de donner corps à nos chansons. Le son électro n’a pas de limites, tu peux en faire ce que tu veux, le modeler à l’infini. »

De Tokyo Hotel à Hyphen Hyphen

Leurs nombreuses influences musicales se retrouvent également dans leurs chansons. Je leur demande d’ailleurs de m’en citer un peu, Claire est la première à prendre la parole :

« Il y a plusieurs artistes qui m’inspirent. Il y en a un, notamment, depuis que je suis toute petite : Tokyo Hotel… Non je plaisante n’écris pas ça ! En fait c’est Zazie. Ses textes, sa façon d’écrire… Selon moi, c’est l’une des artistes françaises les plus réfléchies. Mais je pourrais aussi parler de Lucy Rose pour la voix, Peter Peter, Hyphen Hyphen… Pas mal de pop électro en fait. »

Ben continue :

« J’écoute beaucoup de choses. Pas mal de nouvelle scène française comme Cléa Vincent. C’est de la chanson française très épurée. Mais aussi Aurora, une artiste scandinave, ou GusGus, c’est de l’électro-pop et c’est juste extraordinaire ! »

Romain se livre également à l’exercice :

« De base, je suis très branché punk et rock psychédélique. Mais mes goûts sont assez éclectiques, je me retrouve dans tous les mondes musicaux, la musique actuelle ou des trucs plus old school. »

Il ne nous reste plus qu’à attendre les petites paillettes de pop-électro que Claire Faravarjoo nous laissera bientôt glaner.

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L'AUTEUR
Lulu
Lulu
Je suis Lulu ! Strasbourgeoise depuis mes 18 ans, passionnée de musique, je te propose de me suivre à la découverte de notre impressionnante scène locale ! Electro, hip hop, rock'n'roll, les talents ne manquent pas. Les concerts non plus. Alors viens, on va boire des coups et écouter du bon son !
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