Brèves 

Contre la suppression de deux postes, France Bleu Alsace en grève lundi

actualisé le 09/01/2018 à 17h13

Lundi, les auditeurs de la matinale radio la plus écoutée d’Alsace, 200 000 auditeurs, ont eu la surprise d’entendre de la musique à la place de leurs informations. La rédaction de France Bleu Alsace était en grève, un mouvement observé par 100% des journalistes, pour protester contre la suppression de deux postes de journalistes en deux ans.

Il y a deux ans, le départ du rédacteur en chef Alexandre Tandin n’avait pas été remplacé. Céline Rousseau a été nommée rédactrice en chef mais sans qu’un recrutement ne vienne compenser le départ initial. La rédaction se retrouvait alors à dix journalistes. Et en décembre, la rédaction a appris qu’un autre départ à la retraite ne serait pas remplacé, portant le nombre de journalistes à neuf.

Pour Luc Dreosto, journaliste délégué du personnel suppléant, cette nouvelle suppression de poste est inacceptable :

« Ces suppressions de postes interviennent alors que les missions demandées aux journalistes n’ont pas baissé, elles ont même augmenté. En plus de nos reportages et missions pour l’antenne radio, on nous demande de collaborer au site Internet de France Bleu Alsace. La totalité des journalistes est impliquée mais rédiger un texte, proposer une photo, assurer l’édition d’un article sur le web prend du temps. Pour tenir le site, il faudrait au moins deux personnes par jour. Or aucun moyen n’a été dédié à ces nouvelles missions et voilà qu’on nous supprime des collègues ! Au final, c’est l’information locale qui en pâtit. »

Un réseau de journalistes radio de proximité

Car les journalistes de France Bleu Alsace sont les seuls à pouvoir alimenter les radios nationales (France Inter, France Info) en reportages lorsque des événements se développent en régions. Dans leur communiqué commun, les syndicats de la radio locale dénoncent :

« Malgré nos bons résultats, Paris n’a pas eu un mot à l’égard de la station. La suppression d’un poste aura comme conséquence la suppressions de rendez-vous avec l’information locale, moins de présence sur le terrain, une qualité de l’info qui risque de se dégrader voire des flashs en soirée qui pourraient disparaître. »

Luc Dreosto évoque ses conditions de travail :

« Je suis presque à temps plein sur le sport, mais seul. Bon ben je ne peux que suivre le Racing, un peu la SIG et c’est tout. En fait, on bricole et ce mode de fonctionnement va se généraliser pour les informations générales. »

Les journalistes de France Bleu ont le sentiment de faire les frais d’une vaste politique de réduction des coûts de l’audiovisuel public, sommé par le gouvernement de réduire ses coûts de fonctionnement. Il est question que le réseau France Bleu se rapproche des stations locales de France 3, à la manière de France Info avec France Télévision. Mais pour Luc Dreosto, la direction de Radio France n’a que mépris pour les antennes locales et les mutualisations ont des limites :

« En reportage, on ne prend pas de la même manière du son pour la radio qu’une captation pour la télévision… Ce sont des métiers et des pratiques différentes. On peut éventuellement produire un site internet en commun mais pour nos médias respectifs, nous aurons tout de même besoin de nous déplacer à plusieurs. Les mutualisations seront donc très limitées. »

Cette suppression intervient alors que Radio France prévoit également de supprimer les postes des animatrices locales à FIP, la radio musicale du groupe.

L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.
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