Brèves 

Des contrôleurs en civil et des amendes plus chères dans les bus et trams de la CTS

La Compagnie des transports de Strasbourg (CTS) s’attaque une nouvelle fois à la fraude. En plus d’augmenter les prix, la CTS va surtout disséminer des contrôleurs qui vont se fondre parmi les voyageurs, sans uniforme, pour plus de surprise.

Strasbourg est plutôt parmi les bons élèves en termes de fraudes dans les transports. La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) estime que son taux de titres non validés de 9,7% est en partie due à sa tarification solidaire, qui permet à la moitié de ses 120 000 abonnés de payer 13 euros ou moins par mois.

Mais compte tenu du manque à gagner, estimé à 4 millions d’euros, elle aimerait encore s’améliorer, explique le président de la CTS, Alain Fontanel (LREM) :

« Le niveau de fraude est plus faible que dans d’autres villes mais trois fois plus élevé que celui d’autres grandes villes européennes, en moyenne à 3,1%. C’est une question d’équité face au service public, car la somme finale pèse sur le contribuable et obère l’entretien du réseau. »

Surprise ! Le voisin est en fait un contrôleur

Et pour cela, des changements sont à prévoir dès le 1er décembre. Principale nouveauté, certains agents se fondront dans la masse des voyageurs, sans uniforme, pour contrôler au hasard les passagers. En revanche, ils devront impérativement présenter leur carte d’assermentation.

Une précision importante car certains Strasbourgeois ont parfois indiqué être faussement « contrôlés » par des personnes prétendant travailler pour le compte de la CTS, camouflée en tenue civile. Des témoignages difficiles à recouper.

Les contrôles peuvent aussi s’étendre sur les quais, à la descente des rames et des bus. La CTS va aussi installer des « caméras piétons » sur les habits des agents, à activer lorsque les contrôles dégénèrent. La CTS a dénombré 21 agressions sur ses agents pendant les 9 premiers mois de 2017, contre 16 en 2016.

Des techniques lyonnaises (pas toujours efficaces)

La CTS s’inspire notamment de Lyon, une ville exploitée par Kéolis, partenaire technique de la CTS. Mais la fraude est plus importante sur ce réseau (14,4%), même si elle a baissé en « partant de plus haut », selon le directeur général adjoint en charge des opérations de la CTS, Jean-Louis Metzger.

Le savoir-faire de la compagnie TCL peut dérouter. Cet automne, une mobilisation inédite des usagers a eu pour objet de laisser des tickets encore valables près des machines à composter. Elle faisait suite à une campagne de communication contre-productive. Ce geste de solidarité et de sobriété est possible car les titres de transport sont valables une heure (comme à Strasbourg, sauf pour les allers-retours).

Autre inspiration, annoncer dans les rames et aux quais que des opérations de contrôle sont en cours sur la ligne concernée, pour semer le doute chez les resquilleurs.

Plus que jamais, mieux vaut valider son ticket (Photo Steven & Courtney Johnson & Horwitz / Flickr /cc)

Des amendes plus chères

En parallèle, la CTS va augmenter le prix de ses amendes. La nouvelle loi Savary autoriserait à faire payer davantage, jusqu’à 72 euros.

La CTS est en revanche bien imprécise sur le surcoût que ces recrutements et redéploiements vont lui coûter (+33% d’effectifs au total, qui s’ajoute à l’augmentation de 57% depuis 2010). Elle répond que passer de 9,7% à 8,7% de fraude représenterait 500 000 euros de recettes supplémentaires par an.

D’un point de vue comptable, un contrôleur ne couvre que la moitié de son salaire avec les amendes qu’il récolte (1 million d’euros par an au total, quand même). Les effectifs supplémentaires vont notamment intervenir les samedis, dimanches et la nuit. La municipalité aurait pu mettre des policiers municipaux à disposition mais elle préfère faire supporter l’effort à sa société d’économie mixte.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard

A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l’été 2014. En charge notamment de la politique locale.

En BREF

Manifestation contre l’esclavage en Libye devant le Parlement Européen mardi

par Cécile Mootz. 379 visites. 1 commentaire.

À la Semencerie, un marché de Noël artisanal, une kermesse et des concerts

par Cécile Mootz. 965 visites. Aucun commentaire pour l'instant.

Manifestation samedi contre l’ouverture du bar associatif du « bastion social » à Strasbourg

par Cécile Mootz. 3 351 visites. 4 commentaires.