Strasbourg

Prévisions 22 novembre 2014
jour
Nuages par intermittence
Nuages par intermittence
9°C
 
  • 7:00
  • 23 octobre 2012
  • par Nicolas Hecquet

A Strasbourg, le jeu de pistes pour cyclistes pourrait prendre fin en 2020

3690 visites | 23 commentaires
560 km de pistes cyclables et des tronçons qui perdent les pédales...

560 km de pistes et des tronçons qui perdent les pédales... (photo Mr. Wright - FlickR - CC)

560 kilomètres de pistes cyclables, mais un réseau qui ressemble souvent à un jeu de pistes. Strasbourg est réputée être la capitale française du vélo, mais l’augmentation de la part des accidents impliquant un cycliste assombrit ce tableau flatteur. Outre le non-respect du code de la route, c’est l’aménagement lacunaire des voies pour deux-roues qui est mise en cause. D’ici 2020, la collectivité compte s’attaquer à quelques points noirs. Revue de détails.

Les statistiques sur les accidents corporels de la circulation sont paradoxales. Bonne nouvelle : le rapport du Service de l’information et de la régulation automatique de la circulation (présentation vidéo du Sirac) relève une baisse des accidents cyclistes. Leur nombre est passé de 182 en 2001 à 123 en 2011. Mauvaise nouvelle : sur cette même période de 10 ans, la part des accidents impliquant un cycliste a augmenté de 6%. Résultat, le cycliste est désormais impliqué dans un accident sur quatre, dans la plupart des cas face à une voiture.

Une rencontre malheureuse qui se solde bien souvent par une même victime, la plus vulnérable… Et si le cycliste est responsable de l’accident dans 55% des cas, c’est presque systématiquement lui qui en sort blessé, parfois mortellement. Le 20 mai 2012, une personne d’une quarantaine d’années est décédée, rue du Faubourg-de-Pierre. Ces faits divers sont néanmoins très rares : seulement quatre en cinq ans. Yves Laugel, président du Sirac, précise :

« Il n’y a plus de points noirs où les accidents sont récurrents. Un endroit n’est pas plus propice aux accidents qu’un autre. On constate tout de même deux types différents d’accidents : dans Strasbourg, les accidents sont plus fréquents avec les piétons. La police reçoit une à deux plaintes tous les dix jours, mais c’est sans compter ceux qui n’osent pas écrire ou se rendre au commissariat…

Quant aux accidents graves ou mortels, ils ont lieu le plus souvent dans la couronne extérieure, à Ostwald, Schiltigheim… où il y a beaucoup de trafic routier. Les accidents surviennent dans des conditions similaires : alors que le cycliste traverse sur un passage piéton, refuse la priorité à droite, grille un feu rouge. La part des cyclistes en état d’ébriété en revanche est très marginale. »

Des aménagements de voiries importants

Ces dernières années, la Ville de Strasbourg a pris plusieurs décisions, parfois contestées, pour réduire le nombre d’accidents. En 2006, Illkirch-Graffenstaden a été une ville pionnière en France dans la réorganisation des voies à sens uniques, aménagées pour en faire des double-sens praticables par les cyclistes. Strasbourg a emboîté le pas et propose désormais 360 rues de ce type. Cette initiative a connu le mécontentement des automobilistes qui avançaient les risques de collision. L’Agence de développement et d’urbanisme de l’agglomération strasbourgeoise (Adeus) affirme le contraire :

« Statistiques à l’appui, il est reconnu que de telles dispositions ne sont pas génératrices de plus d’accidents, plutôt moins, les usagers étant face à face dans des rues souvent peu larges, à trafic et à vitesse modérés. »

Si bien que la ville de Strasbourg a autorisé le double sens cyclable dans l’ensemble des rues en zone 30, sauf dans les rues du Noyer, des Juifs, des Serruriers et les quais de Paris et Desaix.

Autre initiative qui a fait grincer des dents, le « tourne-à-droite vélo ». Cette réglementation est autorisée dans les villes françaises depuis novembre 2010. La Ville de Strasbourg a demandé l’autorisation d’étendre le dispositif à dix-sept carrefours supplémentaires, notamment route du Polygone, rues de Bâle et de Ribeauvillé à Neudorf. Il en est de même le long de la route des Romains à Koenigshoffen.

Fonctionnement du "tourne-à-droite vélo"

Fonctionnement du "tourne-à-droite vélo" (image Carfree - CC)

560 kilomètres de pistes mais des plans à revoir

Le réseau actuel affiche plus de 560 kilomètres de pistes. En moyenne, ce sont 28 kilomètres d’infrastructures cyclables qui ont été créées chaque année depuis 1994. Aujourd’hui, 80% de la population de la CUS se situent à moins de 200 mètres d’une piste cyclable. Le schéma directeur de la circulation cycliste pour l’horizon 2020 pointe cependant des « carences en liaisons » et « un morcellement des itinéraires » sur l’ensemble de l’agglomération.

Les entraves à la bonne circulation sont souvent des points de franchissement mal conçus, des « coupures physiques » délicates pour les deux roues. Ces passages peuvent être améliorés grâce des travaux de voiries, même simples, comme la réalisation de passerelles. Le schéma directeur recense treize points suivants parmi lesquels le pont Mathis à Strasbourg, la passerelle sur la Bruche à Eckbolsheim, les ponts sur le canal de la Marne-au-Rhin à Hoenheim, Souffelweyersheim et sur le canal du Rhône-au-Rhin à Illkirch-Graffenstaden, ou encore les ponts SNCF avenue de Périgueux à Bischheim, rue de l’Industrie à Mundolsheim ou rue de Lauterbourg à Schiltigheim.

Carte des points de franchissement à améliorer

Carte des points de franchissement à améliorer (document Adeus)

La  majorité des communes périphériques connaissent des aménagements depuis 2010. Cette semaine, une piste cyclable a encore été inaugurée à Oberhausbergen, route de Saverne. Doivent suivre désormais les quartiers strasbourgeois de Koenigshofen, Montagne Verte, Esplanade, Meinau, Neudorf, Neuhof.

Des points noirs dangereux

Anna habite au Neuhof :

« Je fais tous les jours le trajet Neuhof-Palais universitaire en passant par la route du Polygone et Étoile-Bourse. En ce moment, les travaux devant la médiathèque de Neudorf gênent puisqu’il manque un bout de piste cyclable. Sinon, le trajet est plutôt bien aménagé pour les vélos, même si l’absence de démarcation claire entre les pistes cyclables sur route ou les pistes cyclables sur trottoir fait qu’on entre quand même assez souvent en conflit avec les piétons ou les voitures, vu qu’on est théoriquement un peu des deux, mais surtout aucun des deux quand on est à vélo. Cela met parfois les cyclistes dans des situations un peu tendues. »

Nicolas, quant à lui, utilise la voiture pour son activité professionnelle mais prend le vélo pour se rendre au centre-ville le week-end ou en soirées. Il emprunte en partie le même trajet mais soulève principalement l’incivilité des automobilistes et l’entretien des pistes :

« J’habite route du Polygone et je n’ai pas de souci particulier sur les trajets. Mais certains automobilistes ne font pas toujours attention lorsqu’ils ouvrent des portes, mettent la marche arrière. Il peut aussi arriver qu’il y ait du verre sur la route et par conséquent des cas de crevaisons. »

Anne-Laure, arrivée en septembre à Strasbourg pour ses études, habite dans le quartier Saint-Florent à Cronenbourg. Le souci qui la concerne elle aussi est d’abord l’entretien des infrastructures cyclables :

« Le quartier est assez bien desservi. Ce que je reproche plutôt, c’est le fonctionnement très aléatoire de l’éclairage du tunnel Jean-Robic qui passe sous la voie ferrée. La nuit, non seulement c’est flippant, mais c’est en plus dangereux. Autrement, pour aller en cours, je passe pour le moment par l’avenue des Vosges où il n’y a pas de piste cyclable. Je vais essayer de trouver un  autre chemin… »

L’avenue des Vosges, comme les autres grands axes routiers qui circonscrivent le centre (les boulevards à l’ouest, les quais au sud) sont des passages dangereux en raison du trafic continu en journée. Et les aménagements pour les cyclistes ne favorisent pas nécessairement la traversée de ces axes (lire la tribune d’un cycliste accidenté sur l’avenue des Vosges). Un dispositif similaire a été conçu il y a un peu plus d’un mois pour traverser le boulevard de Lyon, entre la rue de la Broque et la rue d’Andlau.

Les écoles et collèges encore mal desservis à vélo

La desserte des ensembles scolaires est l’un des points prioritaires soulevés par le schéma directeur. Alors que les ensembles universitaires et lycéens sont tous desservis, ce n’est pas le cas dans 20% des collèges. Du nord au sud de la CUS, le schéma directeur signale la nécessité d’améliorer la desserte d’une dizaine d’établissements dans 6 des 29 communes de la CUS, dont Strasbourg.

Favoriser les déplacements à vélo passent aussi par une meilleure connexion avec les gares. Certains usagers emportent leur vélo dans le TER pour se déplacer à deux-roues une fois arrivés en ville. D’autres usagers renoncent à cette option à cause d’une mauvaise desserte des gares en pistes cyclables. C’est notamment le cas dans huit gares de la CUS, dont celles de Bischheim, Entzheim ou Vendenheim…

Le réseau REVE pour mettre fin au cauchemar

L’analyse des pistes cyclables fait apparaître un réseau en étoile où « les quartiers proches du centre de Strasbourg sont connectés directement au centre-ville dans des conditions de sécurité et de confort satisfaisantes ». La Ville de Strasbourg travaille actuellement sur un grand projet pour pallier les difficultés de circulation entre la périphérie et le centre-ville. C’est le projet REVE, pour REseau Vélo Express (documents téléchargeables sur le site Strasbourg.eu).

Carte du réseau REVE

Carte du réseau REVE (document Adeus)

Alain Jund, maire adjoint à l’urbanisme et initiateur du projet, explique l’enjeu de ce réseau :

« L’objectif est de favoriser les déplacements des cyclistes quotidiens dans l’agglomération et au-delà de la CUS, à la manière des réseaux cyclables à Amsterdam et Copenhague. Un système de rocades permettra d’éviter les zones où le risque de conflit entre piétons et cycliste est fort. Ce sera le cas notamment du trajet qui reliera d’ici un an le quartier de Neudorf jusqu’à la gare, en passant par le Bon Pasteur et non plus par le centre-ville.

Un autre projet consiste à aménager 15 kilomètres de piste sans discontinuité entre Vendenheim et le quai Mullenheim pour rattacher la périphérie à l’Espace européen de l’entreprise d’ici 2013-2014. Le réseau évoluera aussi parallèlement avec les nouvelles lignes de tram comme le veut le nouveau cahier des charges. On empiétera donc sur les axes routiers qui seront pas conséquent diminués. Mais ce sera au profit de la sécurité, pour inciter les personnes à prendre le vélo et entrer dans un cercle vertueux. »

Le réseau REVE sera composé en grande partie d’itinéraires existants, notamment la ceinture des boulevards, qu’il s’agira d’améliorer pour permettre aux cyclistes de rouler à des vitesses « élevées », pour « un meilleur confort d’usage ». Trois itinéraires devraient être réalisés en priorité, « la petite rocade » (les boulevards), le canal de la Marne-au-Rhin et l’itinéraire Strasbourg-Kehl à l’horizon 2014-2015.

Soutenez Rue89 Strasbourg Vous avez apprécié cet article ?
Abonnez-vous pour que Rue89 puisse
en produire d'autres et plus.

Publicité

À vous !

Laisser un commentaire

23 Commentaires postés

  1. « Un dispositif similaire a été conçu il y a un peu plus d’un mois pour traverser le boulevard de Lyon, entre la rue de la Broque et la rue d’Andlau. »
    Hein ? Quoi ? Pardon ? Un dispositif ? Sur le boulevard de Lyon ?
    J’habite rue de la broque et j’affronte – il n’y a pas d’autres mots – plusieurs fois par jour la traversée du boulevard de Lyon, et rien, à mon sens, n’a changé récemment sur ce foutu carrefour ! La ligne verte discontinue qui traverse le boulevard à cet endroit, (inutile pour la sécurité des vélos) est là depuis des années ! Bien à vous

    • Nicolas Hecquet

      Bonjour,

      Merci pour l’attention que vous avez portée à l’article.
      J’emprunte régulièrement l’itinéraire en question et je dois dire que je n’ai remarqué ce dispositif que très récemment. Peut-être un coup de peinture verte a-t-il été passé entre temps…

      Bien à vous,

      Nicolas H.

  2. Intéressant article qui démontre bien qu’il ne faut plus raisonner en pensant aménagent cyclable mais en itinéraire continu et aménagé et le plus direct possible d’un point A à un point B.

    Par contre, je ne suis pas sur que le REVE soit la panacée sachant qu’une grande partie du réseau existe déja, notamment le long des canaux où il sera difficile d’élargir les itinéraires cyclables…

    Pour ceux que ça intéresse, vous pourrez trouver un article sur l’équivalent du réseau REVE à Copenhague à l’adresse suivante :

    http://www.ibikestrasbourg.com/2012/09/la-culture-velo-copenhague-partie-2_17.html

  3. @ Lorette,
    merci pour vos commentaires!
    On n’est pas nés cyclistes, on le devient. Pour la plus grande majorité d’entre nous, nous étions ou sommes encore également automobilistes.
    Pour cette raison nous pouvons en parler en connaissance de cause, chose que ne peut pas faire un automobiliste qui n’a pas idée des pièges que nous subissant régulièrement.
    il est certain que les gens se déplaceront de plus en plus en vélo.La sécurisation rapide des pistes et bandes cyclables devra être en enjeu majeur pour les responsables du conseil général ou de la CUS, alors qu’il est surtout médiatique et bientôt politique avec les prochaines municipales.
    Nous sommes, aussi, des électeurs.

  4. Je me reconnais énormément dans cet article en tant qu’usagée quotidienne du vélo, et encore, le trajet que je fais tous les jours est plutôt bien desservi par les pistes et « bandes » cyclabes. C’est justement sur ces bandes que j’ai moi aussi le plus souvent rencontré des problèmes, toujours mineurs merci ! – des collisions évitées de justesse, ou des voitures/camionnettes stationnées en travers des trottoirs, des lycéens fougueux ! et les piétons râlent, et les automobilistes aussi… Pourtant, je ne pense pas rouler au dessus de 15km/h, loin de là. Tout le monde râle !
    Pour me consoler, je me dis que les automobilistes sont incivils envers les cyclistes, mais aussi entre eux. J’essaie donc à chaque instant de faire pour le mieux, même si je suis parfois exaspérée de voir que les cyclistes sont si peu considérés par les gens autour… Nous sommes des usagers de la route comme les autres, et je déplore que certains automobilistes se croient les rois du pétrole…
    Cependant, il y a des choses à améliorer de tous les côtés, car je dois avouer qu’en tant que piéton, j’ai aussi eu à faire avec des cyclistes peu scrupuleux d’adapter leur vitesse dans des zones piétonnes, ou qui savent jouer de leur sonnette un peu trop facilement…
    Je crois que tout a bien été résumé dans les commentaires laissés pour cet article, il faudrait que tout le monde se sente concerné et fasse un effort ! Mais, j’ai l’impression que les gens les plus concernés sont ceux qui se retrouvent quotidiennement dans les trois situations, piéton, cycliste, automobiliste… Peut-être que d’avoir un aperçu des choses rend plus prévenant.

  5. Excellent article, très instructif.

  6. 560 km? A relativiser!

    l’agglomération de Strasbourg compait en 2003 164 km de pistes et 244 km de bandes. (Sources : données Club des villes cyclables – CERTU )

    Pas la ville mais l’aglomération,
    on additionne les pistes et les équipements (trottoirrs !) . combien de VRAIES pistes depuis 2003 ?

    Depuis plus de 10 ans on n’amènage plus que des trottoirs avec a chaque fois de dizaine de points noirs et des conflits potentiels avec les pietons et des risques a chaque carrefours, chaque sortie de parking etc…
    Il est moins dangereux de rester sur la chaussée que de rouler sur ces équipements si on se déplace à plus de 15 km/h.( un comble).
    si c’est pour continuer comme ça non merci !

    D’ailleur l’equipe ries n’a fait que suivre la voie tracé par l’equipe keller : on fait semblant de faires des « pistes » en ne génant surtout pas le traffic automobile, tant pis pour les piétons.

  7. Je pratique le vélo depuis tout jeune (j’ai 46 ans) et ayant habité dans d’autres régions avant mon arrivée à Strasbourg, j’ai toujours été habitué à la cohabitation (parfois délicate certes) avec les voitures car à l’époque les vélos roulaient sur la route et il n’y avait pas de piste cyclable du tout. Et je me rappelle que gamin, quand je roulais sur les trottoirs, on me disait parfois : « les trottoirs c’est pas fait pour les vélos, va sur la route! » Quand je suis arrivé à Strasbourg, déjà équipé de nombreuses « pistes cyclables » très souvent HORS ROUTES (et non des bandes cyclables faisant partie de la route), ma cohabitation avec les voitures est devenue très « chaude » dès que je partageais l’espace routier avec eux (reformulons : « dès qu’ils avaient l’impression que j’étais là où je ne devais pas être ! ») . Car un des effets secondaires de la création de pistes cyclables séparées hors routes, qui de fait sont souvent des couloirs aménagés sur les trottoirs, c’est que les automobilistes prennent l’habitude de ne plus partager la route, et même de ne plus supporter d’en voir sur leur trajectoire ! Les pistes cyclables séparées ont sans doute des mérites pour rassurer les parents qui peuvent laisser leurs enfants aller sur ces pistes l’esprit plus tranquille, mais il faudrait aussi reconnaître que cette politique entraine d’autres problèmes : en renvoyant les cyclistes hors de l’espace routier, on les envoie côtoyer les piétons, poussettes, chiens, rollers et autres utilisateurs proches des pistes cyclables ainsi créées, pour ne pas dire parfois souvent SUR les pistes cyclables ainsi créées ! De fait le cycliste, rejeté par les automobilistes qui ne le supportent plus sur les routes, mais dont le vélo est pourtant bien un VEHICULE, se trouve considéré avec un certaine raison comme un élément dangereux par lesdits piétons, qui en retour représentent un vrai danger pour les cyclistes. De toute évidence, les chutes sur les pistes cyclables strasbourgeoises en raison de cette cohabitation bien trop proche dans de nombreux lieux cyclables, ne sont pas toutes répertoriées et les statistiques officielles sont embellies par cette absence de décompte d’incidents et chutes diverses qui ne sont pas comptabilisées car n’engendrant pas des constats officiels ou des appels d’ambulance (ma compagne est tombée 3 fois sur ces pistes en raison à chaque fois d’écarts de piétons ou d’autres cyclistes dans des endroits ou la place manque clairement). Ajoutons à cela le fait que beaucoup de pistes cyclables sur trottoirs, conçues en dépit du bon sens, sont carrément dangereuses si un vélo y roule à plus de 15 km/h (ce qui arrive quand même parfois/souvent à vélo !) : abribus contournés au plus près par lesdites « pistes », poteaux proches, pistes qui « tournicotent » dans tous les sens à l’approche des carrefours, risque de percuter les véhicules qui sortent des garages ou cours (car pas de recul), vélos rendus instables sur ces trottoirs car sautant sur les bosses des sorties de garages, autant de dangers nouveaux pour les cyclistes et les piétons proches…
    Au final la politique strasbourgeoise du « on met les vélos hors des routes et on les envoie sur des trottoirs aménagés qu’on appelle pistes cyclables » est loin d’être parfaite. Je ferais remarquer que ne pas apprendre aux gens à rouler à vélo sur la route est tout de même problématique car il n’y pas des pistes cyclables partout (ni ici, ni dans d’autres régions) et pour des habitués exclusifs des pistes cyclables, aller sur les routes est parfois délicat par manque d’expérience…

    Par ailleurs, pour celles et ceux qui, comme moi, préfèrent continuer à rouler sur les routes, jugeant que beaucoup de pistes cyclables ne sont pas sûres ou adaptées à leur vitesse (>15 km/h par exemple), rouler sur la route est devenu à Strasbourg et alentours très compliqué, car les automobilistes locaux sont devenus des champions de France de l’intolérance des cyclistes se mouvant encore sur leurs « plate bandes » . Effet collatéral de cette politique de mise à l’écart des cyclistes, les cas d’attitude agressive d’automobilistes (je précise que j’utilise aussi régulièrement ma voiture ;o)) envers les cyclistes sur les routes sont légion : klaxon vengeurs et énervés, haussements de voix et gestes non équivoques (et cela à failli mal tourner une fois pour moi à un feu!).

    Et sur ce sujet, il faut mettre sur la table du débat le fait que par ailleurs, les municipalités n’aident en rien à améliorer les choses lorsqu’ils apposent des panneaux illégaux, comme ceux ronds à fond bleu qui indiquent une piste cyclable OBLIGATOIRE alors qu’en aucun cas cette piste ne répond aux CRITERES SPECIFIQUES ET RESTRICTIFS nécessaires pour décréter, sur autorisation de mise en circulation par arrêté préfectoral, que cette piste serait effectivement obligatoire… Rappelons en effet que depuis le décret du 14 septembre 1998 , et sauf cas très particulier et rare (cas d’une 2X2 voies par exemple, évident etc.) d’une piste obligatoire répondant à ces critères (largeur mini, séparation des sens de circulation des vélos, etc.), toutes les autres pistes ne sont que CONSEILLEES (avec donc un panneau CARRE à fond bleu) et que par conséquent un cycliste décidant de ne pas les utiliser EST TOUT A FAIT DANS LA LEGALITE, n’en déplaise aux automobilistes grincheux et klaxonneurs (le klaxon ne servant qu’à avertir d’un danger et non à « engueuler », pour rappel du code !).

    http://viva06.free.fr/spip.php?article166

    Un très bon rappel de la situation (fait par la ville de Paris, où des erreurs de panneaux sont aussi signalées)
    http://blog.velib.paris.fr/blog/2010/04/09/emprunter-les-amenagements-cyclables-une-obligation-ou-une-possibilite-offerte-aux-cyclistes/

    Si vous regardez à Strasbourg et alentours les panneaux en question, vous verrez de nombreux panneaux ronds (obligation d’usage) sur des pistes qui ne correspondent en rien aux critères requis, ce qui n’aide pas les automobilistes à devenir plus tolérants ! Ces panneaux sont illégaux mais très couramment mis en place par erreur, ignorance ou délibérément (peut-être ?) par les communes. C’est alors qu’on retombe sur le problème des amendes pour les cyclistes : si un panneau est erroné, alors le cycliste pourra être verbalisé pour non usage de la piste cyclable, alors que c’est la commune qui est condamnable (le cycliste devra de fait se retourner vers la commune pour avoir gain de cause !).

    Si vous démarrez une carte des points noirs à Rue 89 (bonne initiative !), ajoutez y les panneaux illégaux et erronés, ça ne pourra que pousser les services des communes à « faire le ménage » dans leurs panneaux, ce qui ne pourra qu’aider en retour les automobilistes à partager la route !

  8. Bonsoir,
    Effectivement, Antoine, vous avez parfaitement raison au sujet de la route des Romains qui, d’ailleurs ne peut pas être considérée comme piste cyclable, mais bande cyclable.
    Tout comme vous je l’emprunte certains soir à la place de la piste du canal, pour rentrer à la nuit tombée.
    Il n’est pas normal que de nombreux véhicules stationnent sur la bande cyclable pour faire leurs achats auprès des commerces alimentaires, ouverts tard le soir.
    certains automobilistes,s’arrêtent « pile poil » devant vous, obligeant à faire un écart au risque de se faire percuter par un véhicule arrivant derrière soit.
    je n’ai jamais vu une seule patrouille de police en intervention pour faire respecter le code de la route !
    Pourtant Monsieur Eric Elkouby , adjoint au maire, en charge des quartiers de la Montagne Verte, de l’Elsau et de Koenigshoffen doit bien, de temps en temps, emprunter cette route ?

  9. Eh Rue89 Strasbourg, si on lançait une carte interactive des points noirs ? Une jolie map où les internautes cyclistes et automobilistes pourraient indiquer les endroits où il faut revoir la voirie ? Et puis pourquoi pas en faire un outil pour celles et ceux qui voudraient aider à faire évoluer les choses…

  10. En tant qu’automobiliste (je fais grève du vélo à force de me les faire voler…) le système de voie à sens unique avec les cyclistes à contre sens me semble un concept intéressant, mais est sujet à quelques problèmes :

    - les cyclistes allant dans le même sens que les automobilistes roulent pour l’un à droite (comme de coutume), pour l’autre à gauche (donc à contre-sens de la « piste cyclable »), alternant parfois de l’une à l’autre position sans prévenir

    - les rues à sens uniques dans lesquelles a été implanté ce système n’ont pas toujours une largeur adaptée, surtout en tenant compte des classiques places de parking sur le côté, on se retrouve souvent à ne pas avoir d’autre choix que de frôler le cycliste qui arrive en face, bien plus qu’on ne le ferait habituellement en doublant un cycliste sur une route normale. Cela est d’autant plus dangereux quand la rue en question est limité à 50 km/h…

    - et surtout, les cyclistes ont la fâcheuse tendance à oublier le code de la route dès qu’ils sont sur leur vélo et ne respectent jamais les priorités à droite une fois lancés sur une telle piste à contre sens (expérience vécue quotidiennement dans le quartier de l’école Notre Dame, près des Halles)

    • @Korteks : vous avez raison sur le premier et le troisième point. Bcp trop de cyclistes roulent sur des pistes cyclables à contresens, au lieu de rouler sur la route là où ils doivent le faire.
      Pour le second, l’intérêt est justement de « forcer » chacun à ralentir. Mais vous avouerez que c’est plus simple lorsque cycliste et automobiliste se font face.
      Quant à vos déboires sur le vol de vélos, j’ai eu les mêmes soucis jusqu’à ce que je demande conseil à un voleur de vélos de mes collègues qui m’a conseillé le U et les bons gestes conseillés par la FUB.(www.bicycode.org)
      Depuis, j’ai un (très) beau vélo depuis plus de 2 ans que j’utilise quotidiennement et qui n’a jamais été volé. Ce serait dommage de se passer de vélo pour cela, non ?

      • Oui, si vous voulez garder votre vélo, 2 U et vous êtes tranquille (depuis plus de 10 ans et plus de 2 000km/an) sans vol ! Par contre, j’avoue aller sur les pistes à contresens car je préfère me faire parfois « insulter »que de me faire écraser ! La route est devenue une foire d’empoigne ou chacun veut montrer qu’il est le plus fort, le plus puissant…moi je reste humble sur mon vélo, je fais attention, roule doucement (surtout quand il y a du monde) et je préviens quand j’arrive (même si cela gêne parfois). Si tout le monde voulais bien faire un effort, la vie serait beaucoup plus agréable, vous ne croyez pas ? A quand la journée du « respect » ?…

  11. Je fais tous les jours le trajet, Eckbolsheim – Centre ville en vélo evidemment par piste cyclable, quand on utilise en été la piste qui longe le canal de la la bruche, et qui longe ensuite la route de Schirmeck, un réel plaisir l’une des plus belles réussites en matière de piste à Strasbourg, une sécurité absolue, et un cadre bucolique, malheureusement elle est impraticable en hiver et de nuit, alors je me rabat sur la piste qui longe la route des Romains, alors la c’est vraiment du n’importe quoi,.. les abris bus au milieu dela piste, on se retrouve sur des trottoirs trop etroits que l’on partage avec des pietons.
    Les automobiles sont garés ou en double file en toute impunités sur le peu de piste cyclable que l’on peut vraiment pratiqués et part endroit on se trouve en plein milieu de la route, au milieu de carrefour, à la hauteur de porte Blanche, on se retrouve dans le noir complet.
    Des 560 kilometres j’aimerais que l’on retire ce troncon de 5 kilometres qui n’a rien de piste cyclable, mais d’un parcours du combattant.

  12. Il faudrait aussi peut être sensibiliser au fait que les pistes cyclables sont des routes pour les vélos, il y a souvent des gens qui discutent, des attroupements, des poussettes quand ce ne sont pas des voitures qui se garent, même en warning pour 5 mn, un vélo ne passe plus !!
    Solution : faire une campagne pour dire les pistes cyclables sont réservées aux vélos : regardez par terre il y a un vélo de déssiné, vous êtes sur une piste cyclable !! ou quelque chose du genre Merci

  13. Bonjour,

    Votre article mentionne 560 km de pistes cyclable, or, la plupart des itinéraires cyclables (c’est le terme qu’emploit la municipalité rose-verte) sont sur le trottoir, c’est-à-dire sur un espace réservé aux piétons. Il n’y a donc pas 560km de pistes cyclables, malgré les bandes que l’on voit et qui prennent la place du trottoir: magnifique exemple place d’Haguenau.

    La municipalité actuelle connait l’illégalité de ces dispositifs, un trottoir devant être repérable (visuellement) et détectable ( au pied ou à la canne), celle-ci étant en conflit avec l’association Pietons 67 sur ce point. Il parait difficile en effet de distinguer une bande blanche à l’aide d’une canne pour personne malvoyante.

    L’important pour la municipalité, voyant les élections approcher, est de rassurer les cyclistes: « on continue à vous aménager des itinéraires cyclables », les piétons: « on verbalise ces cyclistes qui vous frôlent à cause de nos aménagement pourris », et les automobilistes: « vous inquiétez pas, vous aurez vos places de parking, les autres usagers sont sur le trottoir ». Il reste 18 mois à la municipalité en tenant ce discours, après ils seront tranquille pour 6 ans pour refaire n’importe quoi.

  14. Les velos, les velos, les velos….

    Et les voitures alors. Des points noir, ils y en a à tout les coins de rues, qu’est ce qui ai fait ?

    La nouvelle route du rhin est deux foix plus etroite qu’avant, les trottoirs, terre plein centrale, et pistes cyclables prennent plus de place que les voies pour voitures, camions, motos etc…

    C’est bien beau le velo, mais on ne peut pas forcer les gens à prendre le velo en créant des embouteillages en faisant des routes pas adaptées à une agglo de +500 000 habitants.

    • Entièrement d’accord avec thomas, j’ai fais du vélo durant 25 ans, ma santé ne me le permet plus. La voiture n’est pas toujours un choix (santé, nombre de km à faire, enfants en bas âge)…
      Donc pour aller au travail maintenant c’est voiture ou moto…Cependant j’hallucine du manque de civisme de « certains » cyclistes ET automobilistes, il a sans doute aussi bien évolué que le reste ;) à croire que les feux rouges ne concernent pas du tous la majeur partie des cyclistes, les priorités à droites ? Je pensent qu’ils ne savent mm pas ce que c’est, les clignotants doivent être en obtion pour certains automobilistes et j’en passe…Quand ils passent un passage piéton sur la fameuse bande verte qui leur est réservés, ils bardent comme des cinglés ! Un de mes chiens A JUSTE faillis y laisser sa peau ! à une fraction de dseconde près ! On ralenti du moment que l’on est pas seul ou sur un terrain privé !! Mais non tout lmonde s’en fou, c’est chacun sa pomme, bref ça pourrait être tellement simple si le code de la route était le mm pour tout le monde et que le savoir vivre et le civisme remontait à la surface….

    • @Thomas : la nouvelle route du Rhin est plus étroite, mais bien assez large ! Certes, on y roulera moins vite, mais si on se penche sur le problème, on constate que rouler moins vite n’empêche pas forcément de se déplacer moins vite, car si on évite les vitesses de pointe, le trafic est plus fluide.
      Ensuite, on ne peut pas forcer les gens à prendre le vélo, mais il y a quand même plus de 20 % des trajets de 1 km qui sont fait en voiture à Strasbourg (???) et 50% de ceux de moins de 3 km. A part des situations particulières (trajets « compliqués » car faits de nombreuses étapes, matériel à transporter, condition physique…) je me demande bien ce qui « oblige » ces gens à prendre leur voiture. Et après on râle contre le prix de l’essence, contre sa santé qui se détériore…

  15. Merci pour cet article. Oui Strasbourg est une ville plein de cycliste et relativement bien aménagée pour les vélos. Mais lorsqu’on utilise un vélos quotidiennement on réalise qu’il manque une certaine clarté et organisation du domaine cyclable. De plus il y a beaucoup de comportement dangereux de cyclistes qui se sentent au-dessus des règles. Certes un ‘flicage’ des cyclistes reste compliqué (on ne verbalise pas un piéton qui traverse un passage piéton lorsque le petit bonhomme est rouge,… pourquoi le cycliste). Plus de pistes cyclables et une éducation des cyclistes (et piétons! qui restent trop souvent sur les quelques pistes cyclables) et nous serons tous plus à l’aise dans les rues de Strasbourg.

  16. Le vélo est un réel bonheur à Strasbourg à une seule condition, que chacun fasse un effort: cyclistes, piétons, automobilistes, nous sommes tous différents mais tous égaux devant la mort alors levons le pied pour y aller moins vite !