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Ma liste d’expositions au Père Noël

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Sauterelle dans un espace à ciel ouvert du Chichu Art Museum, île de Naoshima, Japon. Photo: C.R.

Sauterelle dans un espace à ciel ouvert du Chichu Art Museum, île de Naoshima, Japon (Photo: CR)

Promis, je ne crois plus au Père Noël (quoique, il a peut-être juste démissionné !) mais je trouvais drôle de nommer cet article comme cela. Pourquoi ? Parce que c’est la bonne période, parce que courir les boutiques, ça ne me plaît pas, parce que même s’il se passe beaucoup de choses à Strasbourg, c’est aussi le cas ailleurs. Et surtout parce que j’ai vu beaucoup d’expositions récemment et que j’ai envie de partager mes coups de cœur.

 A Strasbourg

Pieter Hugo, "Escort Kama, Enugu" © Pieter Hugo. Courtesy of Stevenson, Cape Town/Johannesburg and Yossi Milo, New York.

Pieter Hugo, "Escort Kama, Enugu" © Pieter Hugo. Courtesy of Stevenson, Cape Town/Johannesburg and Yossi Milo, New York. Exposition à la galerie Stimultania

BlogStimultania présente en ce moment This Must Be The Place, le travail photographique de Pieter Hugo jusqu’au 17 mars 2013 (fermeture de la galerie entre le 24 décembre et le 2 janvier). C’est la première fois qu’il est exposé en France et nous donne l’opportunité de se confronter au quotidien des habitants de l’Afrique subsaharienne : une découverte enrichissante.

À la Chambre vous pourrez découvrir les photographies de l’autodidacte suisse Arnold Odermatt. Tout au long de sa vie, cet ancien policier a pris des photos suite à l’acquisition d’un appareil et c’est bien plus tard, alors qu’il était à la retraite, que ses cadrages plein d’humour ont commencé à être exposés.

Regionale 13 à l’artothèque et à l’Aubette 1928. Dans le cadre de l’événement Regionale 13 qui a lieu en cette fin d’année, l’Artothèque de Strasbourg et l’Aubette 1928 se sont associés à Accélérateur de Particules afin de présenter en leurs espaces l’exposition Jeunes Premiers. Depuis 1999, Regionale est devenue le rendez-vous artistique de la fin d’année se déroulant aux frontières de la Suisse, l’Allemagne, la France en associant seize lieux d’art contemporain et réunissant des artistes confirmés de la scène locale ou des jeunes talents. Les deux expositions présentent des problématiques et médiums très différents : vidéos, installations et performances à l’Aubette 1928. L’artothèque, à l’opposé, montre le travail de cinq artistes femmes : il s’agit pour certaines d’œuvres de la collection (donc empruntables ultérieurement), des dessins, des travaux au fil, etc. À découvrir jusqu’au 31 décembre. Dans le cadre de Regionale 13, Vous pouvez aussi aller voir Zeichnen Zeichnen, Toujours toujours à la Kunsthalle de Mulhouse jusqu’au 13 janvier ou Regionale 13 – When I look at things, I always see the space they occupy à la Kunsthalle de Bâle jusqu’au 6 janvier 2013 ou encore d’autres expositions…

Fluxus au Syndicat Potentiel pour les 50 ans du mouvement. On y retrouve les travaux de deux artistes fondamentaux de Fluxus: Charles Dreyfus et Ben Patterson. Ce dernier est un artiste américain, musicien d’origine. C’est lui qui, en 1962, organise avec Maciunas, le premier festival Fluxus à Wiesbaden. Au Syndicat Potentiel, il présente des œuvres récentes récentes où il se joue des codes des contes de fée (entre autre) et en démontre toute l’absurdité qui peut s’y trouver. Charles Dreyfus, lui, est docteur en philosophie mais aussi poète, performeur et plasticien, il se joue des mots et de nous pour nous en démontrer tous les sens. À découvrir jusqu’au 5 janvier.

En Alsace

Sakis, "L'atelier d'aquarelle dans l'eau" au LAC à Sainte-Marie-aux-Mines. © Sarkis. Photo: CR

Sarkis, "L'atelier d'aquarelle dans l'eau" au LAC à Sainte-Marie-aux-Mines © Sarkis. Photo: CR

Sarkis au LAC à Sainte-Marie-aux-Mines par le Frac Alsace. À l’occasion de l’anniversaire des trente ans d’existence des Frac (Fonds Régionaux d’Art Contemporain), le Frac Alsace a lancé un projet intitulé l’Elsass Tour qui a déjà débuté et se poursuivra pendant toute l’année 2013 en investissant divers lieux : en ce moment, l’Atelier d’Aquarelle dans l’eau de Sarkis est exposé au LAC (Lieu d’Art et de Culture) de Sainte-Marie-aux-Mines : une œuvre à expérimenter autant qu’à voir. Pour plus d’infos c’est par là !

Musée d’Unterlinden. Celui-ci, je vous en parle juste parce que c’est un plaisir d’y (re)faire un tour, (re)voir le retable d’Issenheim de Mathias Grünewald ainsi que de parcourir ses collections qui vont de l’art gothique à l’art contemporain.

Au Crac Alsace à Altkirch, vous pouvez découvrir jusqu’au 13 janvier « Coquilles mécaniques », une exposition réalisée à partir du livre de Paul Valéry L’homme et la coquille et qui présente des œuvres où la technique surpasse les capacités de l’homme et la nature dépasse ses connaissances.

A Paris

Yue Minjun, sans titre, 1994. Œuvre exposée à la Fondation Cartier. © Yue Minjun. Source photo: internet.:

Yue Minjun, sans titre, 1994. Œuvre exposée à la Fondation Cartier. © Yue Minjun. Source photo: internet

Au Palais de Tokyo. Fabrice Hyber est un artiste français né en 1961 que l’on pourrait qualifier d’atypique. Il joue avec les matières, les objets, les espaces et propose une exposition iconoclaste nous proposant des points de vue différents sur ce qui nous entoure. Qu’il s’agisse d’œuvres anciennes ou récentes, elles interrogent notre rapport à la vie et, aussi, à la société de consommation. Des fruits entrain de pourrir forment un épouvantail, ouvrez une porte et vous vous retrouverez face au souffle du vent, plus loin ce sera un arc-en-ciel ou encore un orage. Dans l’exposition au Palais de Tokyo se trouve aussi son célèbre ballon carré ainsi que l’espace pour y jouer, les vestiaires et des vidéos montrant le jeu entrain de se faire. Ses premières œuvres sont aussi visibles : 1m² de rouge à lèvres (1981) qui est un monochrome rouge réalisé avec du rouge à lèvres fourni par Yves Saint-Laurent. Comme l’œuvre 1m3 de beauté qui est un cube réalisé à partir de rouge à lèvres, ces formes rationnelles deviennent des évocations de la sensualité de ce rouge. À voir jusqu’au 14 janvier 2013.

«  Yue Minjun. L’ombre du  fou rire » à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain. Des portraits d’hommes souriant largement, continuellement : est-ce que c’est gai ? J’ai plutôt trouvé cela angoissant. L’artiste chinois Yue Minjun se représente dans nombre de ses peintures et, dans la plupart d’entre elles, il se peint, souriant de toutes ses dents en un motif répétitif. L’acte de créer, de peindre peut être un geste politique : les œuvres de Yue Minjun parlent d’un monde privé de libertés où l’individualité est bannie au profit de la communauté, où les différences ne sont pas acceptées et où tout le monde se doit de faire comme si cela lui convenait. Au sous-sol de la fondation, des tableaux traditionnels chinois sont reproduits, modifiés par l’artiste. Il les a vidés, on ne voit plus le peuple représenté dans la peinture The Founding Ceremony of the Nation (1953) de Dong Xiwen par exemple. Que serait la Chine si personne ne s’était rendu à cet endroit ce jour-là ? Peut-être aurait-elle un autre visage et que ce dernier aurait un sourire plus sincère… À voir jusqu’au 17 mars 2013.

Edward Hopper au Grand Palais. Ça, c’est l’exposition attendue, tellement qu’elle affiche complet jusqu’à sa fermeture. Est-ce qu’elle mérite cet engouement ? Les œuvres d’Edward Hopper sont magnifiques et il est rare de les voir regroupées en dehors des États-Unis donc pourquoi pas. L’exposition retrace toute la vie artistique de Hopper, de ses débuts à Paris (on peut y voir de très belles aquarelles montrant le quotidien des parisiens) à ses grandes peintures, en passant par des illustrations (qu’il n’aimait pas mais bon… Il s’agissait d’un travail alimentaire) ou de très belles gravures. Ses peintures, très connues pour certaines d’entre elles, sont un éloge de la solitude : une femme seule sur le perron d’un maison, une maison isolée sur une colline, une femme accoudée dans un bar, etc. Beau, simplement mais c’est l’occasion aussi de découvrir ses œuvres que l’on ne connaissait pas. À voir jusqu’au 28 janvier 2013.

Mircea Cantor au Centre Pompidou. Il y a plein d’expositions à voir en ce moment : Dali bien entendu ainsi qu’Adel Abdssemed. Mais il y a aussi Mircea Cantor dont le travail est une invitation à entrer dans un monde où la poésie et la beauté de l’objet ne sont que des vernis et l’on est invité à voir ce qui se trouve au-delà : la violence, la cruauté et la guerre. Mircea Cantor a été lauréat du prix Marcel Duchamp à l’automne 2011, l’exposition est visible jusqu’au 7 janvier.

Beaucoup plus loin !

Chichu Art Museum. Source: internet

Chichu Art Museum. Source: internet

PS1 dans le Queens à New York est une ancienne école reconvertie en centre d’art / musée associée au MoMA. Là, il s’y trouve plein de choses, il faut fureter, se promener pour pouvoir peut-être tout voir : les expositions et les œuvres sont disséminées au gré des salles et des escaliers, du sous-sol au dernier étage : dans la chaufferie, la chaudière est repeinte en dorée par Salu Melman et il s’y trouve une œuvre de Sol LeWitt, surprenant ! Plus loin, on pousse une porte et on entre dans un espace dédié à James Turrell et là, on se retrouve dans une pièce à ciel ouvert, le tableau, c’est ce ciel et on peut passer autant de temps qu’on le souhaite à, simplement, l’observer défiler sous nos yeux. Le clou, mais c’est très personnel, c’est l’installation The Forty Part Motet de Janet Cardiff dont j’avais déjà parlé . Au centre de la pièce, on est entourés de 40 hauts-parleurs, chacun diffusant une seule voix. Mais, ce chant, on l’entend résonner dans les couloirs de l’école, jusqu’à l’extérieur et on est véritablement transportés par cette musique qui, par sa puissance, est encore plus intense que la première fois que je l’ai entendue… Je crois que si je pouvais, j’y retournerai.

Le Chichu Art Museum sur l’île de Naoshima au Japon est un musée enterré dans la montagne, un écrin pour trois artistes : Claude Monet, Walter de Maria et James Turrell. Chaque artiste a son espace qui lui est consacré, tout est fait pour que le public ait un accès privilégié aux œuvres mises en scène. ce n’est pas une envie d’aller voir ce lieu, mais d’y retourner. Ici, voir les œuvres qui s’y trouvent est une expérience très éloignée de celles que j’avais pu avoir dans tous les autres lieux que j’ai pu visiter. Le Chichu Art Museum, une réalisation de l’architecte Tadao Ando, est un lieu unique, une invitation à la contemplation et au calme, à être zen simplement…

Joyeux Noël !

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À vous !

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1 commentaire posté

  1. Je conseille effectivement Naoshima très chaudement (et pas que le Chichu).
    À noter la Setouchi Triennale cette année qui se tient sur Naoshima ainsi que les îles environnantes (toutes plus fascinantes les unes que les autres, même si Naoshima est la plus célèbre.