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  • par Leyla Kaigama

Des jeux vidéo dans les médiathèques, mais pas à emporter

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L'espace retro gaming pour les nostalgiques (Photo LK / Rue89 Strasbourg)

La médiathèque André Malraux propose depuis quelques semaines de tester des jeux vidéo et même de faire un petit saut dans la préhistoire de ce loisir. Vendredi, les adhérents pourront s’essayer à la manette dans les 13 médiathèques et bibliothèques de la CUS. Les responsables de magasins de vente de jeux vidéo y voient une belle opportunité pour leurs affaires, tant que l’emprunt n’est pas disponible. Ce qui ne sera pas le cas avant au moins un an.

Mardi 18 décembre à la médiathèque André Malraux se tenait le premier « Gametisch » (inspiré du stammtisch et littéralement traduit comme table de jeu) s’est ouvert au public. Pour le plaisir des « gamers », trois consoles de jeu PlayStation 3, trois Xbox, une Wii, des consoles portables (DS et PSP) et quatre postes de « retrogaming » équipés d’anciennes consoles (PSX, Gamecube…) et de jeux anciens ont été mis à la disposition du public.

Abonné à la médiathèque, Traoré Check, 15 ans, a pris possession d’une manette disponible pour découvrir le jeu Batman :

« Cette idée est excellente. J’ai déjà une console chez moi et je préfère les jeux de football ou de guerre. Ici je pourrais tester des jeux d’aventure et d’autres, c’est très intéressant. »

D’autres ont entendu parler de cette ouverture et sont venus par curiosité comme Philippe Hartenstein, 21 ans, étudiant en master d’administration public, qui est  surtout là en tant qu’éclaireur :

« Je suis venu pour mon petit frère de 17 ans qui est fan de jeux et avec qui je joue de temps en temps. Ce sera à lui de voir si il vient y jouer ou pas. Rien n’empêche non plus que j’en parle aussi à la fac, il n’y a pas d’âge pour jouer. »

Pas d’affluence pour cette première journée de lancement du Gametisch, ce qui n’a pas empêché le réseau Pass’relle d’ouvrir d’autres espaces de ce genre dans les 13 médiathèques de la CUS dès vendredi 11 janvier. Ces espaces sont accessibles pour un maximum de 2 heures par personne sur simple présentation d’une carte d’abonnement au réseau. Les médiathèques ont dépensé 15 000€ pour s’équipe et acheter leurs premiers jeux vidéo.

L'espace peut accueillir un vingtaine de joueurs pour un maximum de 2 heures par personne. (Photo LK / Rue89 Strasbourg)

Entre profit et concurrence

Les médiathèques vont-elles concurrencer les magasins de jeux vidéo ? Renaud sachet, responsable de la mise en place de cette nouvelle offre à la médiathèque André Malraux, ne le voit pas de cet œil. Pour lui les jeux vidéo rentrent dans le développement des espaces numériques avec la mise en place de nouveaux outils comme les liseuses, les tablettes. Certaines médiathèques en France ont déjà leurs espaces de jeux vidéo comme à Montpellier :

« Le jeu vidéo est devenu la référence culturelle partagée par beaucoup de français. On n’est pas dans une salle de jeux traditionnelle, certains jeux sont reliés à des documents qui relatent leur histoire comme ceux qui ont influencé des films ou vice versa. Nous sommes là en tant que bibliothécaires, on conseille, on accompagne et on veut réduire les inégalités. J’ai discuté avec un marchand de jeux d’occasion qui m’a dit que j’allais tuer ses affaires. Pourtant, on n’est pas là pour leur créer une concurrence. »

D’autant que l’emprunt des jeux vidéo est impossible, il n’existe pas encore de système de retribution aux ayant-droits pour les jeux vidéo comme pour les DVD par exemple. Du coup, le directeur des médiathèques, Philippe Charrier, ne prévoit pas de possibilité de location avant au moins un an.

Du côté des magasins de jeux vidéo, on affiche un sentiment partagé entre une légère inquiétude et un intérêt. Dans l’une des boutiques Micromania de Strasbourg, Thomas Distel, vendeur, voit cette initiative comme une activité concurrente. Il a d’ailleurs été approché par Renaud sachet qui cherchait un fournisseur pour son espace de jeux. Un peu déçu que le contrat de vente n’ait pas été concluant, il reste tout de même convaincu que chacun aura sa clientèle :

« Je ne pense pas qu’ils vont attirer des foules, certes il y aura des personnes qui seront contents d’aller jouer gratuitement. La majorité de nos clients sont possessifs, ils veulent avoir leurs propres jeux et s’en servir à temps voulu. Mais c’est quand même bénéfique pour nous dans ce sens où les personnes qui iront tester les jeux à la médiathèque viendront peut-être nous les acheter. »

Une vitrine pour les magasins de jeux traditionnels

Même sentiment mitigé à Assentek, magasin spécialisé entre autres dans la vente et le rachat de jeux d’occasion. Jérémie Hotmann, le responsable, a fourni près de 1 000 jeux pour à la médiathèque André Malraux pour l’ouverture de la Gametisch et espère équiper les autres médiathèques le moment venu. Malgré cette vente, il reste sur ses gardes surtout que sa boutique est située à quelques mètres de la médiathèque Olympe de Gouges :

« On aura peut-être des problèmes par rapport aux ventes, mais c’est à vérifier avec le temps. On verra dans la durée si cette initiative nous amène des clients ou nous en retire. »

D’autres sont franchement optimistes, comme Alexandre Hacker , responsable du magasin Little Tokyo. Pour lui l’espace de jeux vidéo dans les médiathèques ne peut que susciter l’achat :

« Les jeux en test pendant deux heures gratuitement, ce sera une excellente vitrine pour nos produits, je crois que les autres commerçants de jeux vidéo ne devraient pas s’inquiéter. »

Reste à voir si dans les prochains mois quand le système aura véritablement pris ses marques dans les médiathèques de la Cus, les doutes de ces commerçants seront dissipés.

Y aller

Médiathèque André Malraux, 1 Presqu’île Malraux  à Strasbourg. Téléphone 03 88 45 10 10. Inauguration de l’espace de retrogaming vendredi 11 janvier de 16h à 20h.

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10 Commentaires postés

  1. C’est beau le progrès! Grâce à ce genre d’initiatives, on va avoir des gens qui vont être persuadés que les jeux vidéos sont aussi culturels qu’un livre!
    Une nouvelle étape dans l’abrutissement des esprits!

    • Lire des livres et jouer à des jeux vidéos, c’est possible, sisi je vous assure.

      • Je sais bien et j’en suis mais on peut tout de même remarquer la place grandissante des écrans (qui nécessitent moins de réflexion intellectuelle, voire pas du tout) en dépit du temps passé à la lecture.

        Désolé de vous contredire mais des gamins qui dès 4 ans ont leur console attitrée (portable ou de salon) ne savent en général pas ce que le mot livre veut dire.

        Et oui c’est plus simple d’offrir des consoles à ses enfants quand ils le demandent et ainsi les laisser se lobotomiser l’esprit des heures durant que de dire non et de ce fait leur apprendre à faire des choses plus enrichissantes/culturelles/ludiques!

        Le simple fait d’accorder, dans un lieu de culture, une place aux jeux vidéos déjà omniprésents partout, c’est nier la définition de culture

    • « Le simple fait d’accorder, dans un lieu de culture, une place aux jeux vidéos déjà omniprésents partout, c’est nier la définition de culture »

      Vous pouvez préciser votre définition de la culture ?

    • Là en revanche je suis d’accord avec vous (les marmots qui ont des consoles portables, ça me dépasse complètement), mais dans ce cas, le problème vient des parents, faudrait pas se tromper de responsables.

      • Spirit, chacun a le droit d’avoir un avis sur la question. Je ne suis pas d’accord avec vous mais je respecte votre opinion.

        Pour ma part, j’ai commencé les jeux vidéos à 7 ans en 1988. J’y ai joué beaucoup jusqu’à la fin de l’adolescence, et en plus je regardais le club Dorothée, quel horreur! Je n’ai jamais aimé lire c’est vrai, mais je savais à 7 ans ce qu’était un livre. Je suis titulaire d’un DEA, je pense être équilibré et m’intéresser à des choses simples parce que l’élitisme m’emmerde. Et je suis très heureux comme ça.

        Concernant les écrans qui se multiplient, n’oubliez pas que cela ne date pas d’hier. je trouve même qu’aujourd’hui, on se méfie plus facilement d’un message publicitaire qu’il y a 20 ans ou de ce que l’on dit sur Internet par rapport à il y a 10 ans.

        Enfin, en ce qui concerne les médiathèques, elles ne sont plus un temple du livre uniquement mais un lieu ou le bien culturel est mis à l’honneur.
        Avec le recul, ne pensez-vous pas qu’une réaction d’un tiers, similaire à la vôtre, concernant l’hérésie du prêt de CD, puis de DVD, ou encore la folie de la mise à disposition au public d’ordinateurs pour aller sur Internet aurait pu vous choquer?
        Le jeu vidéo est le bien culturel le plus vendu au monde. Il a donc sa place dans un lieu de promotion du bien culturel comme le CD, le DVD et le livre.

        Après, on peut remettre en question le modèle qui pousse les médiathèques à devenir des outils de promotion pour des biens culturels, au sein d’une société de consommation à outrance, surtout comparé au modèle qu’était celui de la bibliothèque ne proposant que des livres pour laquelle la notion de bien culturel n’était pas encore d’actualité. Mais ceci est une autre question.

        Bonne journée à vous.

    • Les jeunes ne peuvent pas lire et jouer aux jeux vidéos ? Les deux activités sont antinomiques ?
      Forcément un jeune jouant quelques heures par semaine ou par jour sont des abrutis finis ?

      D’ailleurs sachez qu’aujourd’hui une grande partie des joueurs ne sont pas si jeune, entre 25 et 30 ans, cette génération qui à connu les débuts du jeux vidéos y reste fidèle. Et ils sont loin d’être abruti, ce sont nos médecins, nos frères ou soeurs, nos amis, nos collègues ect. Vous connaissez forcément quelqu’un qui joue autours de vous, je suis sure qu’il sera heureux d’être considérer comme un « abruti »

      Et puis en réponse à votre commentaire « Le simple fait d’accorder, dans un lieu de culture, une place aux jeux vidéos déjà omniprésents partout, c’est nier la définition de culture »
      Premièrement sachez que le musée MOMA de New York à fait l’acquisition de plusieurs jeux vidéos afin de les exposer et c’est tout à fait justifié, l’art, la culture évolue avec son temps. Les jeux vidéos font partie de notre culture au même titre que le cinéma.
      Deuxièmement, puisque vous avancé que le jeu vidéo n’est pas culturel c’est que vous posséder la définition universelle. Je suis heureuse que vous ayez trouvé la réponse à ce problème philosophique que nombre de penseurs n’ont pas résolu avant vous J’espère pouvoir lire votre livre sous peu.
      Afin d’alimenter le débat je vous renvoi à « l’esthétique ou philosophie de l’art » d’Hegel, bien que ce livre date du 19ieme siècle nous pouvons y trouver une certaines actualité.

      Et sachez que tout les jeux ne se résume pas à Call of duty, ils existent des jeux d’une grande poésie, Journey sur PS3 par exemple, des jeux de logique tel que Katerine (pour un certain public), des jeux aux allures de films avec un scénario détaillé et un univers digne d’un Tolkien comme Mass Effect ou Final fantasy mais ils ne sont qu’une partie.

      Bref la liste est longue, laisser tomber vos préjugés et discutez avec joueur confirmé, il n’est pas une personne aux capacités intellectuelles limités ou un futur tueur en puissance je vous rassure, mais il vous apprendra un bon nombre de choses et vous seriez étonné de voir ce qu’est réellement un jeux vidéos.

  2. Oui je pense que ce sera de la vitrine plus qu’autre chose. Les jeux les plus courts nécessitent encore au moins 6 à 8 heures pour être terminés. Donc impossible de terminer un jeu en une session de 2 heures. Je ne pense pas que la médiathèque va gérer les sauvegardes pour chaque jeu ou permettre aux joueurs de se connecter avec leur compte personnel.

    • C’est pas parce qu’on est pas d’accord qu’il faut se prendre le choux…

      Moi perso je suis collectionneur depuis 3 ans (en rétro game) je n’ai pas les dernières générations… mais j’ai suffisamment de jeux pour organiser des rétro-gaming sessions dans des bars ou événements… tous ça gratuitement, par passion!!!
      J’ai été amener à rencontrer énormément de gens de tous horizons…
      Il en découlaient de longues discutions très intéressantes… Beaucoup de personnes avec qui j’ai parlé on perdu leurs aprioris… et j’en suis bien content… d’autres non, mais c’est pas grave!!!
      ça a donné lieu à des rencontres, des échanges super intéressants et surtout beaucoup de Fun… parce qu’il y a ça aussi !

      Maintenant, dans les jeux, c’est comme dans le reste, il y a plein de merdes… et c’est pas parce que l’emballage est beau que ça va être bien! c’est pas parce que ça sort sur PS3 que c’est mieux que sur Game boy!!!
      C’est là ou une « jeu-vidéothèque » peut être intéressante !!!!!
      Apprendre à faire la différence…

      Après c’est vrai pour tout !!!
      Moi par exemple j’en est marre des politiques qui écrivent chacun leurs biographie tout ça parce qu’ils en on les moyens … ou des héros de tout les jours qui vont écrire un bouquin parce qu’il on sauvé un chat et le fait divers à fait un « Buzzzz »…
      Ou des « artistes » de la « star ac » qui sortent un cd par semaine!!!
      Et j’ai travaillé à la Fnac, je sais ce qui se vend le mieux !!!

      Jouer à « Tetris » par exemple, ça forge la logique bien plus qu’un cours de math (géométrie) et il y en a des centaines des jeux comme ça !!

      Je pense que la culture c’est être ouvert à tout, apprendre à faire la différence… à faire ces choix !!
      Rencontrer d’autres gens qui ont fait des choix différents et comprendre pourquoi…c’est souvent très enrichissant aussi !!!

      L’industrie du jeux vidéo étant la plus grosse devant le cinéma et la musique, je pense qu’elle as ça place dans la culture qu’on aime ou pas !!

      Ps: Ne sous estimé pas votre ami GEEK (pas nerd) élevé aux jeux vidéos
      car c’est souvent lui, qui gratuitement (ou contre une bière) viens réparer votre ordinateur !!!