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Les 30 ans des Frac ont commencé: Sarkis est à voir à Sainte-Marie-aux-Mines

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Sakis au LAC à Sainte-Marie-aux-Mines. © Adagp/ Sarkis. Photo: CR

Sakis au LAC à Sainte-Marie-aux-Mines. © Adagp/ Sarkis. Photo: CR

En 2013, les Frac (Fonds régionaux d’art contemporain) auront trente ans. À cette occasion, le Frac a mis en place l’« Elsass Tour » et propose, depuis novembre et jusqu’à fin 2013, des événements à travers le territoire alsacien. Le LAC (Lieu d’Art et de Culture) à Sainte-Marie-aux-Mines fait partie de ces lieux et, même si l’exposition « voyageons dans la couleur ! » a été inaugurée mi-décembre l’œuvre était en place depuis le 16 novembre afin que les élèves des environs puissent venir expérimenter cet Atelier d’Aquarelle dans l’Eau, atelier que j’ai eu, moi aussi, l’occasion de tester : retour sur une expérience.

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Sarkis, j’ai rencontré son travail une première fois au Mamcs à Strasbourg il y a déjà pas mal d’années. Était exposé, de trois manières différentes, le plan de sa chambre à la Krutenau. Puis à Sélestat, j’ai vu le rêve qui se situe Quai de l’Ill. Sur un mur, le long d’une rue sont disposées 309 plaques en émail bleu comme des plaques d’indication de rue sur lesquelles sont inscrites des extraits de poèmes ou de textes : une invitation à entrer dans l’imaginaire de l’artiste.

Sakis au LAC à Sainte-Marie-aux-Mines. © Adagp/ Sarkis. Photo: CR

Sakis au LAC à Sainte-Marie-aux-Mines. © Adagp/ Sarkis. Photo: CR

Dans la salle d’exposition du LAC, sur la gauche se trouve une première et imposante table au centre de laquelle se trouve une plante fleurie. En face, il y a deux autres tables collées l’une à l’autre sur lesquelles sont disposées, de façon régulière vingt bols blancs. Sur une tablette en bois, à côté de chacun d’eux, se trouvent trois cubes d’aquarelle et un pinceau. Au milieu, se trouve une gouttière en cuivre, de l’eau s’écoule dedans et se déverse dans une cuve dans laquelle on peut remplir son bol et les deux verres prévus pour rincer son pinceau.

Sakis au LAC à Sainte-Marie-aux-Mines. © Adagp/ Sarkis. Photo: CR

Sakis au LAC à Sainte-Marie-aux-Mines. © Adagp/ Sarkis. Photo: CR

Prêts à déguster cette expérience ? Tout est organisé et ritualisé : mettez-vous face à votre bol rempli d’eau, humidifiez votre pinceau et, avec, prenez de la couleur. Chaque couleur se prend l’une après l’autre, elles ne doivent pas être mélangées : d’abord le jaune, puis l’orange et enfin le bleu. Il faut composer dans l’eau avec les couleurs. Une fois le pinceau gorgé de couleur, trempez-le dans l’eau, doucement, jusqu’à la moitié de ses poils et observez alors la couleur se diffuser, tomber, faire des volutes, se déplacer dans l’eau.

Puis, continuez, encore du jaune ou passez à l’orange et gardez le bleu pour la fin. Le rituel ne se termine pas là. Il faut ensuite écrire son nom à côté de ce bol, il sera ensuite photographié et imprimé et sera exposé à côté des autres. Cet atelier d’aquarelle dans l’eau, Sarkis l’a réalisé pour des enfants, mais ça ne signifie pas que les adultes ne peuvent pas y participer aussi :

« Mes ateliers d’aquarelle dans l’eau sont des sculptures permanentes exécutées avec la participation des enfants. (…) Au début c’était presque une prise de connaissance, puis de conscience, et un émerveillement ! Quand je plongeais mon pinceau dans l’eau, j’apercevais que la couleur quittait le bout de mon pinceau et commençait à voyager dans l’eau avec une certaine vitesse. Le rouge voyageait plus vite que le jaune, le jaune voyageait plus vite que le bleu et le vert. Les couleurs avaient leur propre vitesse ! Un jour j’ai senti, que les enfants s’intéressaient à mes films avec une attention différente. J’ai parlé avec eux, ils avaient entre 7 et 11 ans, j’ai senti leur fascination. Je les observais lors des séances : c’était magique pour eux lorsqu’ils voyaient la couleur quitter le pinceau et voyager dans l’eau. C’était comme un voyage dans l’espace. ».

Sakis au LAC à Sainte-Marie-aux-Mines. © Adagp/ Sarkis. Photo: CR

Sakis au LAC à Sainte-Marie-aux-Mines. © Adagp/ Sarkis. Photo: CR

Ainsi l’œuvre n’existe pas si on n’y participe pas et elle se met en place tout au long de la durée de l’exposition : allez-y, prenez rendez-vous, expérimentez, prenez part à cette œuvre et acceptez cette invitation à entrer dans un monde où l’important est d’observer, réfléchir, créer mais surtout où il est question de prendre son temps, d’observer, d’être zen et de voyager avec les couleurs.

Sarkis est un artiste turque d’origine arménienne né en 1938. Il vit et travaille à Paris depuis 1964.

Y aller

Lieu d’Art et de Culture / LAC (Cité scolaire Louise Weiss), 3, rue Osmont à Sainte-Marie-aux-Mines. Hors vernissage, accès réservé aux usagers du lycée ou sur rendez-vous (hors congés scolaires). 03.89.58.70.36 Exposition du 16 novembre 2012 au 21 janvier 2013.

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3 Commentaires postés

  1. Elsass tour, ce titre est ridicule car les artistes présentés n’ont rien d’alsacien dans leur travail, c’est tout simplement de la démogagie pour faire semblant de faire du local. ça s’appelle du populisme. la présence du logo de la marque Alsace imposées aux partenaires de ces manifestation ridiculise le FRAC Alsace qui accepte ça et surtout humilie l’intégrité d’artistes contemporains de niveau international qui sont ainsi pris en otage comme supports potiches et prétextes pour faire de la basse promotion de l’attractivité d’une région ce sont ils n’ont rien à faire. on notera en outre la prétention d’une phrase dans le dossier de presse « Tous réunis, le Frac Alsace et ses partenaires concentrent la totalité des circuits d’enseignement, de production et de diffusion de l’art contemporain en Alsace. »

  2. Un très bel article !
    Mais aussi abstrait que certaines présentations de Sarkis lui- même.
    D’abord rein sur le théâtre de St Marie Aux Mines et que mes techniciens lumières ont faillis s’électrocuter il y a bien des années certes où ce théâtre ne servait que de lieu de ballade pour l’expo textile du lieu.

    Ensuite pas un mot, non plus sur le travail du Proviseur du Lycée (juste en face) M Hatterer qui a rendu à ce lieu une vocation artistique salvatrice ! Le Monsieur est certes à, la retraite, mais de lui rendre cet hommage historique lui doit être dû.

    Enfin la reprise de l’enfant du pays, Rodolphe Burger qui a rendu à cette vallée un intérêt culturel et artistique qu’elle mérite.

    Un des premiers à avoir expérimenté cette salle au combien dangereuse ( à l’époque mon technicien lumière y allait de sa vie tant les prises électriques étaient fondues ensembles était Morzuch.

    A dire juste que des lieux artistiques cela se prépare, et que d’abord personne n’en veut, et qu’ensuite, au fur et à mesure cela redevient un lieu artistique.

    Pour ma part je ne voudrais que l’on oublie M Hatterrer le proviseur du Lycée Louise Weiss qui a sauvé le plus petit lycée de France en en faisant un lieu d’art et qu’on y rende hommage au travail de l’E.N. et aux profs d’art plast.

    De même que la présence de Morzuch avec sa « forêt »

    Et ensuite surtout de Rodolphe Burger (ex Kat Onoma dédolé c’est pour le nom ;-) ) qui y a fait venir Baschung et d’autres personnes sublimes….

    Alors Cécile R. allez-y à Sainte Marie- Aux -Mines et vivez la Vallée.

    Peut-être nous y verrons-nous, bien que je ne serais pas de retour en France avant le 18/20 (après le nouvel an russe…) Ou alors vous m’emmenez ;-)

    Mais bolchémoï de merde faites un article sur toute cette petite ville et comment elle tente de survivre en son fond de vallée. Ce n’est pas une injonction ( vous pouvez tout à fait conclure qu’il faudrait tout raser) mais la demande d’une attention particulière : les mines, le tissu, l’art. C’est à mon sens un excellent sujet….

    Spassiba !