La campagne pour le référendum pour une collectivité territoriale d’Alsace a débuté. Pascal Mangin, conseiller municipal UMP de Strasbourg et président de la commission culture du conseil régional d’Alsace, tance dans cette tribune les socialistes strasbourgeois sur leurs réserves à propos de la future collectivité territoriale d’Alsace. Selon lui, il convient de voter « oui » au référendum du 7 avril, même quand on défend la place de Strasbourg comme capitale de l’Alsace.
Le Conseil Fédéral du PS du Bas-Rhin, par la voix de son Premier secrétaire, Mathieu Cahn a annoncé qu’il voterait contre le projet de collectivité territoriale d’Alsace. Le Sénateur-Maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, a dans la foulée décidé à son tour d’annoncer qu’il voterait « non » au référendum du 7 avril prochain. Voter contre ce projet novateur et soutenu par le gouvernement revient à fragiliser l’Alsace et donc sa capitale Strasbourg.
Philippe Richert, président du Conseil régional, à l’occasion de ses vœux a parfaitement situé l’importance du référendum du 7 avril : « l’Alsace a rendez-vous avec son histoire ! ». La création de la Collectivité Territoriale d’Alsace est un enjeu politique au sens le plus noble du terme, c’est un projet novateur qui s’inscrit pleinement dans la modernisation et le nécessaire approfondissement de la décentralisation. Le but est de simplifier l’édifice institutionnel aujourd’hui complexe et redondant afin d’offrir à nos concitoyens un meilleur usage des deniers publics, une plus grande transparence dans l’action publique locale et une efficacité accrue des politiques publiques déployées sur l’ensemble du territoire alsacien. C’est bien là l’enjeu du référendum du 7 avril : donner à l’Alsace et aux Alsaciens une collectivité efficiente et cohérente.
Il est regrettable que les responsables du PS bas-rhinois, qu’ils soient à la tête de l’exécutif municipal et communautaire de Strasbourg ou qu’ils exercent des fonctions parlementaires, abordent ce moment clé pour le futur l’Alsace d’un point de vue partisan et politicien. L’opposition au projet semble précéder les arguments trouvés pour la justifier. Tous seraient bien inspirés de suivre le conseil de Jacques Fernique : « Il faut distinguer entre l’essentiel et l’accessoire ».
« La collectivité unique renforcera Strasbourg »
Dans le contexte de la mondialisation, les collectivités territoriales ont un rôle central à jouer en termes de dynamisation et d’attractivité des territoires. Il s’agit de soutenir les talents, de développer les domaines d’excellence et d’attirer les investissements et évidemment, d’accompagner le rayonnement culturel. Pour ce faire l’action publique locale doit se développer à une échelle optimale.
L’Alsace évolue au quotidien dans un contexte transfrontalier. Souvent, il favorise l’émulation parfois, il exacerbe les concurrences. A travers la fusion des collectivités ce sont bien l’ensemble des moyens, des budgets et des compétences des conseils généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et du conseil Régional qui seront unis. Plus qu’un simple outil, il reviendra aux élus composant cette nouvelle collectivité de définir et de mettre en œuvre de nouvelles politiques à l’échelle de tout le territoire alsacien. Cela constituera une différence fondamentale avec la situation actuelle où par exemple dans le domaine culturel trois politiques plus ou moins compatibles cohabitent.
A l’évidence, une Alsace plus forte sera un atout pour nos trois métropoles et tout particulièrement, pour sa capitale régionale Strasbourg. Mais, il est nécessaire que l’exécutif strasbourgeois se saisisse de cette opportunité. Pour l’instant, il se montre pusillanime. Faut-il rappeler qu’en son temps, Philippe Richert alors ministre avait soutenu avec force et conviction la création du pôle métropolitain entre Strasbourg et Mulhouse ?
« Une opportunité sans pareille »
A l’échelon régional, la dynamique pour le Conseil territorial, au niveau national, la réflexion en vue d’une nouvelle loi pour la décentralisation constituent pour Strasbourg un moment unique et une opportunité sans pareille. Pourtant, le Sénateur-Maire et son équipe semblent aux abonnés absents.
En effet, l’avant projet de loi élaboré par la Ministre, Marylise Lebranchu, prévoit de donner naissance aux « Eurométropoles ». En l’état actuel des choses la loi ne prévoit ce statut que pour Lille, Lyon et Marseille. Où est la mobilisation de l’exécutif strasbourgeois pour doter notre ville de ce statut ? Une fois de plus le Roland Ries répond aux abonnés absents quand la réflexion et l’action sont nécessaires. Déplorer, revendiquer, se lamenter cela n’a jamais fait une politique.
Quel est clairement l’enjeu pour Strasbourg aujourd’hui ? Cesser de se contenter du minimum et vouloir le meilleur pour elle. Servir l’intérêt général de Strasbourg, vouloir le meilleur pour Strasbourg c’est aujourd’hui abandonner les oppositions stériles et partisanes pour servir l’intérêt général.
Roland Ries, comme d’autres, devrait écouter avec plus d’attention les propos de Jo Spiegel, maire socialiste de Kingersheim, qui leur dit :« Nous avons la même exigence d’une amélioration de la démarche et du contenu que nos collègues… Mais nous sommes pour une organisation des pouvoirs locaux simple, lisible, efficace ».
Pascal Mangin,
conseiller municipal UMP de Strasbourg
président de la commission culture du conseil régional d’Alsace
Aller plus loin
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27 mars 2013 à 2 h 26 min
suis opposé a la fusion….risque que tout soi centralisé autour de strasbourg et environ qui possede deja un lien et tissu economique tres fort,pour exemple dans domaine sport le favoritisme pour le racing strasbourg au detriment du fc mulhouse pas equitable une injustice
25 mars 2013 à 17 h 29 min
Le referendum, un enjeu planétaire?
Avez-vous déjà vu un pérodique national proposer un gain de 1000 euros à la commune qui aurait le plus grand taux de participation à un test national. C’est assez saugrenu!
Pour le referendum alsacien, ce sera le cas.
Un hebdomadaire bas-rhinois portant le nom réputé du journal révolutionnaire de Marat propose un gain de 1000 euros à la commmune ayant atteint le taux de participation le plus élévé au referendum du 7 avril.
Il faut se demander quelle est la motivation de cet hebdomadaire dans cette affaire? A-t’il une raison cachée à vouloir à tout prix le succès de l’opération en forçant la participation au scrutin, en allant jusqu’à acheter des voix. Un journal apolitique a priori peut-il se permettre de lancer pareille initiative. Cela ne peut arriver qu’en Alsace. On peut meme se poser la question de la légalité de cette action et il faut se la poser en cette occasion.
Car pour moi, il est évident que derrière cette opération, juste digne d’un jeu-télé ,il y a le nez de la droite alsacienne qui ne rechigne à aucune procédure pour emporter le morceau! La participation au scrutin est effectivement l’enjeu le plus important.
Allez, encore un effort, pour 100.000 euros à gagner par ma commune, j’irai convaincre mes voisins d’aller mettre un bulletin dans l’urne. Ma commune en aurait bien besoin de cette manne. Et pour le citoyen, pourquoi pas récompenser le premier, le millième ou le dix millième votant. Ce serait encore certainement plus efficace.
Je prends le pari que les taxis seront de sortie pour faire voter les résidants des maisons de retraite et autres résidences séniors. Où puis-je m’adresser pour parier. Auprès du journal de Marat?
21 mars 2013 à 16 h 42 min
Capitale régionale Strasbourg? Ca reste à voir: unifier la région pour totalement centraliser les pouvoirs à Strasbourg n’a pas de sens et lèserait Colmar et Mulhouse.
Par ailleurs, si le débat n’intéresse pas le grand public, ce n’est pas pour rien: personne ne saisit l’intérêt de la fusion et tout le monde voit simplement le débat politicien qui a lieu. Pas de débat d’idée, que du débat d’influence. Un peu de pédagogie et de communication ne ferait pas de mal à 15 jours d’un scrutin dont personne ne parle à part la classe politique…
Chapeau les élus!
23 janvier 2013 à 23 h 24 min
Et quel est l’intérêt des Alsaciens ?
Sachant que que ce sont des fonctionnaires , qu’ils soient CG, CR ou CU, ne changera rien quant à leur nombre (de par leur statut) et donc rien ne changera pour nos impôts !!!!
Pas plus d’effet que d’aller à Fessenheim pour espérer faire un trou dans le béton d’une centrale avec un bout de bois, fut il du sapin de la place Kléber !!!!
28 février 2013 à 17 h 08 min
Il y aura plus d’argent car l’action publique sera mieux coordonnée, la visibilité des territoires alsaciens accrue. La région, plus attractive, pourra briller davantage en tant que pôle d’excellence universitaire scientifique et espérer attirer plus de touristes et d’investisseurs, ça va comme réponse à madame/monsieur le/la contribuable?
23 janvier 2013 à 14 h 41 min
J’aime assez l’un des arguments des pros qui consiste à dire que « … maintenant ça suffit, le centralisme parisien y en a assez… »
Au lieu de quoi on remplacerait, pour l’Alsace, le centralisme parisien par le centralisme strasbourgeois.
Vous me direz, c’est un moindre mal pour dés élus qui peinent de plus en plus à imposer Strasbourg comme capitale européenne…
22 janvier 2013 à 21 h 31 min
Oh la la c’est la catastrophe ! C’est l’esprit de clocher qui l’emporte sur l’intérêt de l’Alsace !!!
22 janvier 2013 à 17 h 31 min
Qu’avait dit un commentateur sur un thème voisin, l’autre jour, dans Rue89-Strasbourg:
« Ce n’est quand même pas ce jeunot qui va nous dire comment il faut voter! »
C’est aussi mon avis et que les futurs conseilleurs s’en avisent. Ce ne sont pas eux les payeurs!
22 janvier 2013 à 13 h 45 min
C’est bien la première fois que l’on voit Ries prendre une décision rapidement ! Car sur le terrain, qu’est-ce qu’il peut tourner autour du pot, consulter, et consulter encore et encore les riverains, tergiverser, et finir par renoncer. Et sur ce coup-là, il est encore plus décevant que d’habitude. Il veut rentrer dans l’histoire par la grande porte de « la démocratie », mais qu’il commence donc par lui !!!
22 janvier 2013 à 10 h 00 min
« Nos trois métropoles… » hé bé. Moi j’en voyais qu’une. Colmar n’est pas une métropole. Strasbourg n’est déjà qu’une ville moyenne de province, alors arrêtons de nous bourrer le mou.
22 janvier 2013 à 20 h 20 min
Strasbourg a au moins le mérite d’être la seule ville du grand-est a pouvoir devenir une métropole un jour, en France vous pouvez les compter sur les doigts d’une seule main.