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  • par Kevin Roecker

Musée Vaudou à Strasbourg: ouverture des portes prévue en octobre

4574 visites | 11 commentaires

L’ouverture d’un musée du vaudou à Strasbourg n’est plus un projet, il va ouvrir courant octobre 2013 à l’ancien château d ‘eau situé rue de Koenigshoffen.

L’ancien PDG des brasseries Fischer et Adelshoffen, Marc Arbogast, possède une impressionnante collection d’objets vaudou africains qu’il a récoltés depuis plus de cinquante ans lors de ses séjours en Afrique. Cette collection présente plus de mille pièces, ce qui fait d’elle la plus importante de France, d’Europe et peut-être même du monde, selon l’intéressé. Afin de faire partager sa passion et cette impressionnante collection, Marc Arbogast a décidé d’ouvrir un musée du Vaudou à l’ancien château d’eau datant de 1878, durant l’occupation allemande, situé rue de Koenigshoffen dont il en est le propriétaire. Une négociation est en cours avec le Quai Branly quant à sa muséographie.

L’objectif de ce musée est « d’attirer des milliers de visiteurs supplémentaires et redynamiser le quartier de la gare » dont certains Strasbourgeois auraient une mauvaise opinion, selon l’adjoint de quartier Jean-Jacques Gsell.

Le château d’eau a besoin d’être rénové pour pouvoir accueillir des visiteurs, c’est pourquoi l’architecte Michel Moretti, ayant également rénové l’ENA, est en charge de cette lourde mission. Parmi les étapes de rénovation annoncées on retiendra l’accessibilité aux personnes handicapées, la création d’un troisième étage et d’un espace éducatif pour les enfants et la rénovation des vitraux à l’identique.

Un financement encore incertain

La responsabilité du musée se verra attribuée à Bernard Müller, ethnologue et anthropologue spécialiste du vaudou à l’institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (Iris). Il propose une programmation pour ce musée axée autour d’une exposition permanente au deuxième et troisième étage, d’expositions temporaires, d’installations d’artistes contemporains deux à trois fois par an, de conférences, d’ateliers thématiques  (initiations aux arts africains…), même un ciné-club une fois par semaine et un théâtre !

Quant aux financements de ce musée, les réponses restent relativement vagues car c’est encore en cours de négociation et les apports au budget devraient se concrétiser dans un ou deux mois. Néanmoins, Marc Arbogast assure que pour l’instant, il finance entièrement la rénovation et recherche des mécènes en Afrique. Si aucune solution n’est trouvée avant son ouverture, le musée risque de ne pas être immédiatement un musée municipal et donc sujet à un prix d’entrée. Cependant, Marc Arbogast assure qu’il s’occupera entièrement des deux tiers du financement. Le reste, concernant surtout son fonctionnement, sera à la charge de la Ville  ou des visiteurs.

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11 Commentaires postés

  1. venez voire et vous jugerez après !

  2. Pour ma part, je n’irai certainement pas et ce pour 3 raisons :
    J’ai eu l’occasion de visiter le chantier avec son propriétaire qui
    1/ nous apprend qu’il a ramené ses oeuvres après des chasses en Afrique (beurk le bon occidental bedonnant qui profite du Tiers-Monde…)
    2/ se plaint car le bâtiment étant classé il a eu plein de contraintes d’aménagement et de frais supplémentaires (il ne fallait pas acheter un bâtiment patrimonial monsieur)
    3/ a renoncé à construire un bâtiment à côté qui était subventionné en partie par la Collectivité mais avec en contrepartie des contraintes d’ouverture, ce qui, selon ses dires, est impossible dans un quartier comme ça où il y a trois camps sauvages de Roms et faire garder un parking en permanence coûte très cher.
    Bref, ce type est proprement odieux et je ne cautionnerai en aucun cas cela.

  3. Bauer, pour se repentir il faut se sentir coupable de quelque chose et je ne me sens aucunement responsable des actes d’autrui. C’est plutôt une constatation, il est vrai que peu de personnes connaissent la réalité ces « marchés artistiques » si l’on peut les nommer ainsi.

    Après chacun, à sa guise, cautionne ou non ce type d’initiative, mais l’essentiel est de le faire en connaissance de cause. Et c’est pour cette raison que je remerciais Jean-Louis pour son commentaire et les liens vers les articles.

    A tout cas pour ma part, j’espère que les Hopis pourront récupérer leurs masques ; )

  4. Pour info, les musées de la Ville de Strasbourg sont « sujets à un prix d’entrée ! » Sauf demain d’ailleurs, comme tous les premier dimanche du mois.

  5. Vivement l’automne. Bien belle initiative, généreuse qui ravira bon nombre de passionnés de ces cultures africaines.

  6. Excellente nouvelle pour ce beau château d’eau et pour cette collection d’objets vaudous, j’aime beaucoup l’idée de cet étrange musée !

    • Bonjour,

      je n’ai pas autant d’enthousiasme devant ce genre de projet. Non par rapport à l’idée de « dynamiser ce quartier » (comme on dit…) ou de rénover ce magnifique bâtiment, mais plutôt parce que, amateur de voyages dans pas mal de ces pays, j’ai eu l’occasion de découvrir la manière dont nombre d’objets de culte des morts notamment ont été dans un premier temps pillés par les états colonisateurs (surtout avant la seconde guerre… les réserves du Quai Branly en sont remplis…) puis dans un second temps « marchandés » (ce n’est alors évidemment pas du vol aus sens strict du terme bien sûr, mais disons un marché aux termes pas toujours égaux ou équitables, car 50 euros ici n’est pas égal à la valeur de 50 euros là bas) et ont fait la fortune de collectionneurs/revendeurs privés de la Rive gauche et d’ailleurs… Ces objets de culte, propres à une culture et dont le sens est intimement lié à l’histoire du peuple en question sont alors devenus des objets d’art se revendant à prix d’or sur les marchés occidentaux privés.

      Certains ne trouveront rien à redire à ce type de marché « inégal », mais pourmieux comprendre la chose, faisons une expérience de pensée: de riches touristes ou visiteurs étrangers (américains, saoudiens ou chinois, pour être dans l’air du temps) débarquent dans vos communes et s »entichent (pardon, développent un amour irréprésible) pour certains objets personnels familiaux possédés depuis plusieurs générations et exposés dans vos cimetières sur les tombes et monuments de vos ancêtres. Il vous offrent pas mal d’argent (un pourboire pour quelques cheikhs our richissimes touristes) pour prendre (pardon acheter) ces objets, cela devient tellement « tendance » que tous ces objets deviennent ultrarares sur vos lieux de cultes. Les cimetières deviennent alors l’objet de vols purs et simples en raison de cet engouement et des trésors qu’ils recèlent alors soudainement, au point que cela devient un sujet majeur au sein de vos communes et crée des tensions entre les membres. Des copies fleurissent… et alimentent un marché gris opaque.

      http://www.pressafrique.com/m587.html

      Voilà, vous avez une description un peu plus précise de ce qui c’est passé dans nombre de pays. Au pays Toraja (en Indonésie), les figurines des cimetières des villages locaux (rite des Tau tau) ont été victimes de ce genre de situation en partciulier au cours des années 1980.

      http://en.wikipedia.org/wiki/Tau_tau

      On pourrait multiplier les exemples en Afrique et ailleurs, à propos d’objets de cultes, de crânes des « réducteurs ou de têtes » (lié à la guerre mais aussi aux croyances magiques) ou autres objets touchant à des croyances locales, rites magiques et autres cultes « vaudous » qui nous fascinent tant…

      Je ne connais pas l’origine des objets possédés par M. ARBOGAST, mais ayant découvert il y a pas mal d’années « l’envers du décor » et les conséquences au niveau des communautés locales du commerce de ces objets originaux « magiques », je ne peux m’extasier béatement devant l’ouverture ici et là de collections privées au public…

      • Merci Jean-Louis, pour ce commentaire très pertinent.
        Je rejoins ta pensée au sujet de l’ouverture de ce Musée.

        Le comble serait qu’on le soutienne en partie par des financements publics ! On se croirait revenu 100 ans en arrière du temps de la colonisation

      • Réponse pour Lola :

        Ça y est c’est reparti une bonne dose de repentance,ça faisait longtemps et en plus avec des fonds publics vous vous rendez-compte ?!?

        Personnellement je pense que c’est vraiment une bonne nouvelle pour la ville, d’abord pour la rénovation du bâtiment et ensuite pour le theme de la collection, vraiment original pour Strasbourg, même si je ne suis pas fan du genre.
        J’irai avec plaisir découvrir ce nouveau lieu.

      • Dans un ordre d’idées similaires:

        http://www.france24.com/fr/20130410-indiens-hopis-vente-encheres-masques-drouot-neret-minet-tessier-sarrou-etats-unis

        A Bauer: il n’est pas question de « repentance » qui est un terme « tarte à la crème » depuis un certain temps, mais juste de prendre en considération une réalité qui n’est pas souvent connue par rapport à ces collections privées (et parfois publiques).

        Mais je suis ravi d’apprendre que nombre d’alsaciens comme lui seront ravis de voir débarquer moults richissimes étrangers dans leurs cimetières pour venir acheter les objets présents sur leurs tombes familiales afin de et les collectionner ou les revendre à l’international ;o)

        Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse?

      • Bauer, pour se repentir il faut se sentir coupable de quelque chose et je ne me sens aucunement responsable des actes d’autrui. C’est plutôt une constatation, il est vrai que peu de personnes connaissent la réalité ces « marchés artistiques » si l’on peut les nommer ainsi.

        Après chacun, à sa guise, cautionne ou non ce type d’initiative, mais l’essentiel est de le faire en connaissance de cause. Et c’est pour cette raison que je remerciais Jean-Louis pour son commentaire et les liens vers les articles.

        A tout cas pour ma part, j’espère que les Hopis pourront récupérer leurs masques ; )