Vie pratique 

J’ai testé Volotea au départ de Strasbourg

actualisé le 28/03/2016 à 20h37

Embarquement dans le Boeing 717 de Volotea (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

Embarquement dans le Boeing 717 de Volotea (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

La compagnie aérienne low-cost Volotea s’est installée l’année dernière à Strasbourg avec quatre lignes. A l’occasion d’une semaine de vacances bien méritées, j’ai testé cette compagnie, ses tarifs à tiroirs et ses prestations. Au final, les tarifs restent intéressants, surtout pour ceux qui voyagent légers et savent prévoir.

Samedi matin à Entzheim (SXB). Il est 8h et déjà une file de personnes se fige devant les deux comptoirs de Volotea à destination de Bastia (BIA). Deux agents s’affairent à enregistrer les bagages et semblent passablement débordés. Dans un talkie-walkie, on entend la voix de la chef d’escale, qui s’époumone à appeler du renfort. Dans les files, les passagers ont sorti leurs emails, dûment imprimés. Ma compagne et votre serviteur faisons de même, en priant pour qu’on ne se soit pas trompés lors de la commande du billet.

Car un voyage avec Volotea commence sur leur site web. La compagnie met en avant des tarifs très avantageux, parfois à 19€ le vol. Mais à l’issue de la commande, le prix payé a pris de l’embonpoint. D’abord, les tarifs à 19€ ne concernent que des promotions rarement disponibles, sauf à sauter sur une occasion et à prendre ses billets trois mois à l’avance. Dans mon cas, le prix affiché par Volotea pour Strasbourg – Bastia est de 50€. Mais pour mes dates, ce sera finalement un aller à 120€  et un retour à 80€. En parcourant les tarifs disponibles, on se rend compte que le prix de 50€ est rarement appliqué en fait, surtout pour les retours… Les vols sont souvent plus chers (80€, 120€… jusqu’à 160€).

Je vérifie, les taxes d’aéroport sont bien incluses dans ces prix mais pas de mystérieux « frais de dossier », 12€ par passager quand même. On peut les soustraire, à condition de payer avec une carte Visa et de bien choisir l’option idoine. Mais ces prix s’entendent sans bagage en soute ! Volotea ajoute une foule d’options, plus ou moins utiles, mais toutes onéreuses. Ainsi, pour les bagages en soute, c’est au minimum 25€ par vol soit dans mon cas, 100€ ajoutés à la facture finale. Un bébé n’a pas droit à un siège, mais il est tout de même facturé 40€. On apprendra avec soulagement que ce tarif inclut la poussette, ouf.

Volotea propose aussi (insiste, pourrait-on dire) de choisir son siège, mais c’est 4€, voir 7,5€ selon qu’on aimerait être près d’une fenêtre ou d’une sortie de secours, où l’on dispose de quelques centimètres supplémentaires pour allonger ses jambes. Quand on voyage en famille, l’option peut paraître indispensable, faute d’avoir à se retrouver sur des sièges éloignés. Les autres options proposent une assurance (14€), un animal de compagnie (39€)…

J’évite soigneusement toutes ces options, mais mon budget final s’élève tout de même de 140€, pour s’établir à 543€. On s’approche des tarifs des autres compagnies…

La gestion des tickets reportée sur les clients

Si chacun sort sa carte d’embarquement dans la queue, c’est parce que faute de l’avoir imprimée soi-même, cette opération est facturée 20€ au comptoir ! Volotea ne disposant pas de comptoirs attitrés à Entzheim, ni de terminaux d’enregistrement automatiques, la gestion des cartes d’embarquement a été reportée sur les clients. Aux deux comptoirs de Volotea, la situation est devenue extrêmement tendue. Deux files d’une cinquantaine de personnes se sont constituées, mais la situation pourrait empirer, à la suite des réquisitions de la chef d’escale pour que quelqu’un s’occupe de l’arrivée du vol d’Ajaccio… L’agent à l’autre comptoir du mien doit expliquer que si elle quitte son poste, c’est l’émeute dans le hall. Après quelques secondes d’hésitation, la chef d’escale répond qu’elle trouvera une autre solution. Ouf.

A mon tour d’enregistrer mes bagages. Je croise les doigts pour ne pas avoir dépassé les kilos autorisés, sinon mon tarif bagage passerait de 20 à 50€ ! Devant moi, l’agent confirme que l’équipe a du mal à faire face :

« Strasbourg est une nouvelle escale. L’équipe n’est pas tout à fait formée… Moi même je viens de Marseille en renfort et je dois avouer que je n’ai jamais vu une telle désorganisation ! »

Je découvre l’appareil sur le tarmac d’Entzheim, un Boeing 717. L’appareil n’est pas de toute première jeunesse, il date au moins de 2004, date à partir de laquelle Boeing a arrêté d’en produire. L’avion a déjà toute une carrière dans une autre compagnie sous les ailes… Je me rassure en me rappelant que Volotea n’est pas sur la liste noire des compagnies aériennes. Et je regarde le pilote droit dans les yeux, comme si je pouvais détecter une insuffisance dans un regard fuyant. Il est espagnol, comme son coéquipier. Le reste de l’équipage est français en revanche, ce qui donne d’intéressants échanges en anglais à l’occasion d’un débat sur l’opportunité d’embarquer une personne blessée…

Les intérieurs ont été refaits pour Volotea (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

Les intérieurs ont été refaits pour Volotea (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

Equipement minimal à l’intérieur

A l’intérieur, équipement minimal et sobre mais correct, cinq sièges par rangée avec une allée centrale. L’espacement entre les sièges permet de caser ses jambes, à condition de ne pas dépasser les 1m80, c’est le résultat d’un aménagement spécial « haute densité » pour ce type d’appareil : 125 places au lieu de 106. Les sièges n’offrent aucun confort mais les vols de Volotea ne dépassent pas 2h30. Pour économiser sur l’impression ou sur l’équipement, les consignes de sécurité et d’évacuation sont imprimées directement sur les sièges. Un équipage de quatre accortes hôtesses en uniformes marron et escarpins rouges est chargé de s’assurer que l’embarquement se déroule bien, et surtout qu’il ait lieu dans les temps. Sur une escale, sa mission est d’évacuer et d’embarquer les passagers en 25 minutes. Les hôtesses peuvent rapidement faire apparaître quelques signes de stress lorsque qu’un imprévu survient.

Radin comme je suis, je n’ai pas voulu payer les 4€ supplémentaires pour choisir ma place. Je me retrouve donc éloigné du reste de ma famille. Je négocie avec un autre passager pour échanger ma place. Heureusement pour moi, je troque une place au centre de l’avion contre une autre à l’arrière, tout contre les bruyants réacteurs. 8€ d’économisés ! On me confie une petite ceinture pour mon fils de 18 mois, lequel me regarde avec l’air de dire « tu n’espères quand même pas que je vais tenir là dedans une heure entière ? » Certes non. J’espère que mes voisins seront compréhensifs, je lance des regards entendus aux autres parents présents, une alliance est née.

Je finis par m’installer. Mon voisin lit un roman d’espionnage, le Carnaval des Vautours. Je me demande si je dois en tirer une quelconque conclusion.

De 2 à 5€, une petite carte de snack (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

De 2 à 5€, une petite carte de snack (Photo PF / Rue89 Strasbourg)

L’avion à peine stabilisé en l’air, revoilà les hôtesses, revêtues cette fois d’un tablier. Elles proposent à boire ou à grignoter, mais il faut payer, même pour de l’eau. Les prix sont élevés mais les habitués du TGV ne seront pas surpris. Pour le café, pas d’expresso mais un soluble encapsulé dans un verre en plastique. Il en coûtera 2,50€. Le produit le plus cher est un sandwich à la mozarella à 5€. Ce sera la seule sollicitation du vol, on est loin des ventes de montres détaxées et des agences de voyages proposées sur Ryanair.

De toutes façons, 1h10 après le décollage, voilà Bastia. Température au sol : 10°C et de la pluie. J’aurais dû cocher l’option « soleil ».

L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.
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