Politique 

L’histoire derrière le surprenant soutien des Vitrines de Strasbourg à la ZAC de Vendenheim

actualisé le 19/10/2017 à 22h17

Les Vitrines de Strasbourg ont elles donné leur soutien au projet d’extension de la zone commerciale de Vendenheim, comme l’affirme Robert Herrmann, président de l’Eurométropole ? Pierre Bardet, le directeur de l’association, dément. Rue89 Strasbourg fait le point.

Le 22 septembre en commision plénière, les élus de l’Eurométropole de Strasbourg ont évoqué la cession au promoteur Frey d’un terrain de quelques centaines d’ares à Vendenheim, prévue au vote la semaine suivante en conseil. Un point anecdotique au vue de l’étendue du projet d’extension de la zone d’activités commerciales (ZAC) de Vendenheim– 100 hectares -déjà ficelé en conseil eurométropolitain en septembre 2016. Mais Paul Meyer, adjoint au maire de Strasbourg (la coopérative) en charge du commerce, a profité de l’occasion pour relancer le débat sur ce projet et notamment les 9,8 millions d’euros que l’Eurométropole prévoit d’y injecter.

Agacé, Robert Herrmann, président (PS) de l’Eurométropole, a alors souligné pour clore la discussion que le projet s’était fait en concertation avec la chambre de commerce et avait même été approuvé par Pierre Bardet, le président des Vitrines de Strasbourg, l’association des commerçants du centre-ville.

Surprise des commerçants

Surprise dans les milieux commerçants du centre-ville, plutôt inquiets par la concurrence exacerbée de cette zone commerciale géante. Comment ça, l’association censée les représenter et les défendre serait favorable à l’extension de leurs pires concurrents ?

« Tous mes interlocuteurs du monde du commerce strasbourgeois réfutent être favorables au projet », confie Paul Meyer à Rue89 Strasbourg. Même si la plupart des centres commerciaux existants dans l’agglomération sont adhérents aux Vitrines de Strasbourg, qui revendique plus de 400 membres, l’association a toujours affiché son hostilité à de nouvelles extensions de zones commerciales en périphérie de Strasbourg.

Une lettre de caution ?

En 2012, son avocat avait même fait annuler le projet Futura devant la commission nationale d’aménagement commerciale. Il devait comprendre un ensemble de grands magasins sur près de 6 000 m², dans la continuité de la zone commerciale existante de Vendenheim.

Après la révélation surprenante de Robert Herrmann, plusieurs témoins ont assuré à Rue89 Strasbourg avoir vu, dans des cercles très restreints, une lettre d’approbation du projet signée par Pierre Bardet et à en tête des Vitrines, en appui au dossier du promoteur Frey.

Pierre Bardet dément

Mais où est donc passée cette lettre ? Robert Herrmann souligne qu’il n’a jamais fait mention d’autre chose que du soutien des Vitrines dans le cadre des concertations engagées en amont du projet. Pierre Bardet quant à lui dément formellement avoir jamais écrit une telle lettre, ni même avoir jamais soutenu l’extension de la zone commerciale de Vendenheim :

« C’est n’importe quoi, je ne soutiens pas ce projet. Il n’y a pas de lettre. Je n’ai jamais fait de lettre. Depuis que je suis aux Vitrines, c’est mon combat d’empêcher les zones commerciales. L’équipe des Vitrines a assisté à plusieurs réunions à la CCI et avec Robert Herrmann il y a deux ans. On ne pouvait pas s’opposer à ce projet d’extension, alors on a demandé des compensations pour ne pas déstabiliser le commerce à Strasbourg. On a empêché l’ouverture d’un cinéma sur la zone de Vendenheim et on a imposé que le Primark s’installe en centre-ville et pas là-bas. Nous continuons désormais de réclamer l’ouverture de nouveaux parkings en centre-ville avant l’ouverture de la nouvelle zone commerciale de Vendenheim. Et éventuellement, si ça se passe bien, on aimerait l’installation d’un kiosque sur place pour parler des commerces de Strasbourg. »

Frey botte en touche

De son côté, le promoteur titulaire de l’aménagement, Frey, « ne veut ne veut pas polémiquer », selon Mathieu Mollière, son directeur de communication :

« Nous n’avons pas reçu de soutien officiel des commerçants du centre de Strasbourg et je ne suis pas au courant d’un courrier des Vitrines. Ce projet a été concerté sans rapport avec le centre-ville. On est loin d’éventuelles problématiques des élus par rapport au centre-ville qui n’est pas très concerné. On n’a pas besoin de ce soutien, il n’y a pas d’influence de ces commerçants. Le groupe Frey n’a jamais cherché le soutien de qui que ce soit ni par écrit ni autrement. »

Peut-être qu’à l’époque un soutien supplémentaire n’était pas nécessaire mais maintenant ?

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Sur Strasbourg.eu : revoir le conseil eurométropolitain du 29 septembre 2017

L'AUTEUR
Claire Gandanger
Claire Gandanger
Journaliste indépendante Intérêts : société, économie de la culture, vie pratique
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