Environnement 

Une première « vélorue » pour faire oublier les dernières mesures anti-vélo

actualisé le 16/05/2017 à 14h11

Depuis vendredi 12 mai, une partie de la rue de la Division Leclerc est devenue une « vélorue ». Sur 300 mètres, les voitures n’ont plus le droit de doubler les vélos qui peuvent circuler au milieu de la voie. Une mesure qui vise à supprimer à terme la voie cyclable sur le trottoir piéton.

Strasbourg imite les villes d’Europe du nord pour favoriser la pratique du vélo en ville. C’est en ce sens que le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS) inaugurait vendredi 12 mai la première « vélorue » de France. Le concept existe déjà en Allemagne, en Suisse, au Danemark ou encore en Autriche.

Sur environ 300 mètres dans la rue de la Division-Leclerc, entre l’arrêt de tram de Grand’rue et le pont Nicolas, les vélos deviennent prioritaires sur les voitures. Ces dernières n’ont plus le droit de les doubler, ou même en théorie de klaxonner. Reste à savoir comment une telle disposition sera vraiment appliquée. Même les élus ne savaient pas exactement comment les forces de l’ordre peuvent s’y prendre, ni le montant d’une telle amende.

Deux autres axes à l’essai cet automne

Le but recherché : améliorer la cohabitation entre cyclistes et automobilistes, mais aussi celle des cyclistes et des piétons, qui partageaient le trottoir de l’autre côté des rails du tram. Par les peintures au sol, les vélos sont encouragés à se placer au milieu de la voie, et non plus à serrer sur la droite afin de laisser passer les voitures.

Sur 300 mètres, les vélos peuvent circuler au milieu de la chaussée sans se faire doubler par les voitures. (Photo RG / Rue89 Strasbourg)

Deux autres rues doivent être modifiées de la même manière en octobre : la rue du Faubourg-de-Saverne et le quai Brulig. Des caméras ont été placées en haut du tronçon pour étudier le comportement des cyclistes. Si l’expérience est réussie, elle pourrait être étendue à d’autres voies.

Des rues choisies selon l’usage des cyclistes

Selon Roland Ries, la rue de la division Leclerc a été choisie en prenant en compte les usages des cyclistes :

« On a constaté que beaucoup de cyclistes utilisaient la voie des voitures (plutôt que le trottoir où des vélos ont été peints ndlr) pour circuler, on a donc décidé de régulariser la pratique. »

Il faudra aussi que les automobilistes acceptent parfois d’adapter leur vitesse, et de rester derrière les vélos. Mais le maire de Strasbourg est convaincu du civisme des conducteurs :

« Le tronçon est de toute façon en zone 30, or un vélo ne roule pas beaucoup moins vite, surtout en descente. Le système a déjà fait ses preuves en Allemagne et au Danemark. On a réussi à instaurer la piste cyclable en double sens, le tourner à droite aux feux rouges, donc pourquoi pas la vélorue ? »

Un clip pour promouvoir la vélorue (vidéo Strasbourg.eu / Dailymotion)

Pour remonter en vélo dans l’autre sens, ce sera toujours le trottoir

La voie cyclable sur le trottoir, de l’autre côté des rails de tram de la rue de la Division-Leclerc, ne sera utilisée que pour remonter la rue. Une utilisation des trottoirs par les vélos qui agace l’association Piétons 67, qui avait obtenu que les pistes cyclables ne soient plus tracées sur les espaces réservés aux piétons. Interrogé sur cette question, Roland Ries n’avait pas de solution à proposer lors de la présentation de la vélorue pour la voie montante mais son adjoint aux mobilités, Jean-Baptiste Gernet (PS), a précisé plus tard :

« La voie cyclable sera conservée sur le trottoir pour les cyclistes remontant la rue de la Division-Leclerc. Cette voie n’est pas concernée par la décision du tribunal administratif, étant donné que l’espace réservé au piéton sous les arcades est supérieur à 1m40. »

Après plusieurs mesures anti-cyclistes…

Cet aménagement est une bonne nouvelle pour les cyclistes après plusieurs mesures qui leur sont plutôt défavorables.

La principale n’est pas du ressort de la municipalité, mais du procureur de la République, qui a mis fin aux amendes minorées de 50% (mais réellement appliquées) pour les cyclistes. La fin de l’expérimentation est justifiée par une hausse de 37 % des accidents alors que… la méthode de comptage a changé.

Avant, on ne comptabilisait les accidents que lorsqu’il y avait hospitalisation de la victime. Depuis le 1er janvier 2016, est compté comme « accident » tout contact qui entraîne le déplacement des forces de secours, qu’il y ait hospitalisation de la victime ou pas, relève l’association de cyclistes CADR 67. Ce qui explique une augmentation similaire chez les voitures (+32 %).

Quant aux infractions (+40%), des délits ont été créés par rapport au début de l’expérimentation comme celle du port d’écouteurs (30% des PV en 2016) comme l’expliquent très en détail les DNA. Dans tous ces savants calculs, la hausse du nombre de cyclistes n’est guère prise en compte. En revanche, le fait de rouler sur un trottoir n’a jamais été sanctionné en 2014, 2015 ou 2016. Dans ces conditions, difficile de voir autre chose qu’une mesure qui vise à augmenter les rentrées d’argent.

Arceaux déplacés, parking payant

Par ailleurs, les arceaux place de la Cathédrale et de la place Kléber ont aussi été redéployés à d’autres endroits, notamment sur des places de stationnement, un peu plus en périphérie de ces deux places centrales.

Enfin, la mise en place d’un abonnement payant (40 euros par an) pour accéder parking à vélo surveillé et équipé à Sainte-Aurélie à côté de la gare occasionne aussi des débats.

Avec Jean-François Gérard

L'AUTEUR
Roxane Grolleau
Roxane Grolleau

Journaliste intéressée par les sujets de société

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