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Mon « top 10 » cinéma pour 2016

En fin d’année, il est toujours plaisant de se prêter aux bilans et aux listes. Avec plus de trente salles ouvertes au public, des festivals et des rétrospectives en nombre, Strasbourg offre des conditions optimales pour vivre pleinement sa cinéphilie. Plus de 700 films ont ainsi jetés en pâture aux spectateurs. J’en ai retenu 10, je vous attends dans les commentaires.

10. Triple 9 (John Hillcoat)

Le cinéaste australien John Hillcoat fait un détour par le film de braquage et en renouvelle le decorum en posant sa caméra à Atlanta et en confiant à Kate Winslet le rôle d’une matrone de la mafia israélienne. Cinéaste discret, bourlingueur du film de genre, Hillcoat construit pourtant une oeuvre très solide.

9. Elle (Paul Verhoeven)

Avec Elle (lire la critique ici), Verhoeven revient, change de cadre, change de langue mais pas de discours. Il est toujours question de pouvoir et de comment il vient aux femmes. Il serait présomptueux de dire qu’Huppert y trouve un rôle définitif. Présomptueux, mais pas irréaliste.

8. La tortue rouge (Michael Dudok de Wit)

Le sillon du panthéisme était jusque-là creusé par Terrence Malick. Un réalisateur hollandais vient balayer les efforts récents du légendaire cinéaste texan. La tortue rouge dit tout du rapport à la nature, au temps, de l’acceptation face à un éternel recommencement. Et sans qu’un mot soit prononcé, s’il vous plait…

Un grand film panthéiste (Copyright Studio Ghibli - Wild Bunch - Why Not Productions - Arte France Cinéma - CN4 Productions - Belvision - Nippon Television Network - Dentsu - Hakuhodo DYMP - Walt Disney Japan - Mitsubishi – Toho)

Graphiquement mémorable

7. The Revenant (Alejandro Inarritu)

Le film The Revenant a beaucoup fait parler, avant même d’avoir été vu. Tous les débats sur ses conditions de tournage et la recherche frénétique de performance n’enlèvent rien à la qualité de l’oeuvre. L’odyssée de DiCaprio dans le grand Nord restera une gifle à la face des cinéphiles les plus blasés.

6. Comancheria (David Mackenzie)

Un cinéaste écossais redéfinit les frontières du Texas, entre marasme immobilier et crise identitaire. Et Jeff Bridges promène son humour et son phrasé de ville en ville, la légende de l’Ouest chevillée au corps.

5. Green Room (Jeremy Saulnier)

Aussi punk que ses personnages, Green Room (lire ici la critique) vient bousculer le survival et ses habituelles forêts peuplées de rednecks. Saulnier confronte ainsi la jeunesse nihiliste à une extrême-droite furieuse. Le résultat est sec, désespéré et éprouvant.

4. Swiss Army Man (Daniel Kwan / Daniel Scheinert)

On parle souvent de l’audace de ce duo de cinéastes. Il en faut pour faire du corps de Daniel Radcliffe un jet-ski propulsé par des pets. Mais l’émotion ne doit rien à l’audace et tout au talent. Swiss Army Man, privé de sortie dans les salles en France, n’en est pas moins un improbable événement, un futur film culte, drôle et déchirant.

He's alive (Copyright capelight pictures)

Daniel Radcliffe, génial cadavre

3. The Strangers (Na Hong-Jin)

Objet monstre, le dernier film de Na Hong-Jin confirme la tendance de son cinéma : libre, massif et imposant. The Strangers déboulonne les genres, passe du polar à l’épouvante en une poignée de scènes pour laisser son spectateur exsangue, presque épuisé de plaisir.

2. Juste la fin du monde (Xavier Dolan)

Xavier Dolan n’a pas l’intention de faire amende honorable pour les excès de son cinéma bruyant, outrancier, provocateur et exubérant. Si son dernier film est si bouleversant, c’est parce qu’il se clôt sur un non-dit, après un dernier quart d’heure d’une pudeur infinie. Et Juste la fin du monde s’incarne alors en superbe pied-de-nez à ses détracteurs.

le top cinéma, un cadeau de fin d'année (Copyright Wilson Webb / DCM)

le top cinéma, un cadeau de fin d’année (Copyright Wilson Webb / DCM)

1. Carol (Todd Haynes)

Girl meets girl. Souvent, les histoires d’amour au cinéma doivent tout à leur contexte. Mais si Carol est une telle réussite, c’est avant tout parce que l’œuvre de Todd Haynes est une incroyable conjonction de talents, la sublime conjugaison d’une mise en scène brillante, d’interprètes confondants de sincérité et d’une partition déchirante de Carter Burwell.

Et vous, quelle est votre sélection 2016 de cinéma ? Parlons en en commentaires.

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