Tribune 

Écologistes, pourquoi nous sommes contre l’installation de panneaux solaires sur les étangs

Pour deux responsables d’Alsace Nature, installer des panneaux solaires sur les plans d’eau, comme souhaite le faire la municipalité d’Illkrich-Graffenstaden, viendrait déstabiliser l’écosystème aquatique. Quatre arguments à l’appui, Christian Ledunois et Arnaud Schwartz appellent à recouvrir les toits, plutôt que les plans d’eau.

Nous apprenons par Rue89 Strasbourg que la municipalité d’Illkirch-Graffenstaden a pour projet d’installer des panneaux solaires flottants sur la gravière de la Ballastière et l’étang du Girlenhirsch.

L’idée peut paraître séduisante pour la transition énergétique, mais elle pose question en terme d’utilisation des espaces naturels et de respect de la biodiversité. Plusieurs membres d’Alsace Nature se sont étonnés de cette initiative et nous ne pouvons que leur donner raison.

Recouvrir une partie de ses plans d’eau de panneaux solaire. L’idée d’Illkrich-Graffenstaden (Photo Thomas Roche / Flickr /cc)

Des conséquences sur la vie naturelle des lacs

En effet, le projet nous semble contestable pour quatre raisons :

  • Les panneaux solaires sont statiques, ils vont provoquer sous leur surface une zone d’obscurité qui aura pour effet d’empêcher le développement du phytoplancton, perturbant ainsi la chaîne alimentaire de l’étang.
  • Les oiseaux aquatiques migrateurs risquent d’être désorientés à l’amerrissage par ces surfaces qu’ils peuvent confondre avec l’eau libre, surtout la nuit. Certains insectes aquatiques, comme les dytiques, volent à l’état adulte et sont attirés par les surfaces horizontales brillantes qu’ils confondent avec un plan d’eau, surfaces artificielles sur lesquelles ils peuvent s’écraser à l’atterrissage en piqué. Une atteinte de plus à la biodiversité.
  • Que se passera-t-il en cas de jets de pierres ou autres dégradations du matériel ? Les débris iraient polluer l’eau de l’étang et de la nappe phréatique en métaux lourds toxiques.
  • Enfin la dégradation à grands frais de surfaces de nature est inadmissible, alors qu’il existe des hectares de toits plats non exploités pouvant accueillir des panneaux solaires, tels que usines, grandes surfaces, parkings couverts, immeubles collectifs.

Respectons notre cadre de vie naturel et ne le transformons pas systématiquement et de façon irréfléchie en usine à énergie. Il existe de nombreux toits de zones industrielles, de zones artisanales ou de parkings à équiper en priorité, afin d’engager une transition énergétique écologique et efficace.

L'AUTEUR
Christian Ledunois et Arnaud Schwartz
Membres d'Alsace Nature, respectivement pilote du groupe local de l'Eurométropole et pilote du réseau Énergie.
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