Brèves 

Un tract syndical dénonce les conditions de détention à l’Elsau

actualisé le 07/01/2013 à 18h10

Dans un tract qui nous a été adressé jeudi 3 janvier, le premier syndicat pénitentiaire de France, l’UFAP-UNSA, veut alerter sur les conditions de détention à la maison d’arrêt de Strasbourg, située dans le quartier de l’Elsau. Ces professionnels dénoncent une « situation catastrophique » et notamment la surpopulation carcérale record de ce début d’année 2013. Marc Schaal, responsable syndical, précise :

« Ce matin [jeudi 3 janvier], la Maison d’arrêt avait un effectif présent de 788 détenus. A 16 h, il y avait 789 détenus. La capacité théorique de la Maison d’Arrêt de Strasbourg est de 444 places. La maison d’arrêt affiche un taux d’occupation de 177%. Certains détenus se retrouvent à 6 par cellules (initialement prévu pour 2 personnes). Il reste moins d’une dizaine de lits de libres en détention. Les prochains détenus qui vont arriver à la maison d’arrêt dormiront par terre. Le « précédent record » était de 782 détenus, il y a 4 ans.

Cette année, au mois de septembre, la maison d’arrêt « fêtera ses 25 ans ». Les détenus ne peuvent plus changer de cellules aussi souvent qu’ils le veulent, ce qui créer des tensions, des bagarres, du racket. Entre Noël et nouvel an, plusieurs litres d’alcool ont été « parachutés » depuis l’extérieur, dans des bouteilles en plastiques. Le personnel a récupéré 12 bouteilles de 33 cl, qui sont restés dans les filets antiprojections. Les autres bouteilles ont réussi a atterrir sur les cours de promenades et l’alcool consommé sur place.

Plusieurs téléphones portables, ainsi que plusieurs centaines de grammes de produits stupéfiants ont aussi été retrouvés sur plusieurs détenus. L’administration à mis en place, depuis plusieurs mois, différentes mesures en faveur de la population pénale, comme les cantines subventionnées : l’administration revend à perte environ 200 produits (du pot de Nutella à la bouteille de soda, en passant par de la confiture, du riz… Cette revente à perte a occasionné un déficit de plus de 10 000 euros par mois. L’administration paie un abonnement à une chaine cryptée pour un coût de 3400 euros par mois. L’administration loue les téléviseurs à 8 euros et offre la location aux détenus indigents (le prix est d’environ 50 euros pour un mois à l’hôpital). Chaque détenu qui arrive reçoit automatiquement 7 euros pour acheter les produits en cantine. S’il ne reçoit pas d’argent dans le mois, l’administration lui redonne 13 euros et 20 euros chaque mois. Chaque condamné qui arrive reçoit un euro pour téléphoner à ces proches.

Toutes ces dépenses se font sur le budget de fonctionnement de l’établissement, au détriment de la sécurité et de la maintenance. De nombreux extincteurs ont dépassé leurs durées de vie et auraient du être changé en 2012, ce qui n’a toujours pas été fait. Le système vidéo n’est plus opérationnel depuis des années. Lors du lynchage d’un détenu au mois de septembre, par plus d’une dizaine de détenus, sur une des cours de promenades, aucune vidéo n’a pu être transmise aux enquêteurs. Il devrait y avoir 226 surveillants d’affectés à la Maison d’Arrêt de Strasbourg, pour 444 places. Avec 789 détenus, il y a actuellement moins de 220 personnels d’affecter à l’établissement. »

Tract Maison d’arrêt Elsau

 
L'AUTEUR
Marie Marty
Marie Marty
Journaliste indépendante, co-fondatrice de Rue89 Strasbourg. Membre de l'association des Journalistes - écrivains pour la nature et l'écologie.
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