Environnement 

Les barquettes en plastique vont disparaître des cantines de Strasbourg

La Ville de Strasbourg a attribué le marché de la restauration collective dans ses écoles à L’Alsacienne de restauration, déjà titulaire du marché actuel. Le prestataire a notamment accepté de supprimer les barquettes en plastique au profit de contenants en inox avant août 2021.

En quatre ans, les cantines des écoles de Strasbourg ne devraient plus utiliser de barquettes en plastique pour réchauffer les plats. Cette demande, portée par des parents d’élèves et dont Rue89 Strasbourg a maintes fois parlé, a été suivie par le maire Roland Ries (PS), qui a ajouté une clause dans l’appel d’offres diffusé à l’occasion du renouvellement du marché de la restauration scolaire.

Les barquettes génèrent de nombreux déchets et leur réchauffement inquiétent les parents (Photo François Vannier / FlickR / cc)

Les barquettes génèrent de nombreux déchets et leur réchauffement inquiétent les parents (Photo François Vannier / FlickR / cc)

Moins de plastique, moins de molécules suspectes

Les parents s’inquiètent d’une possible libération de « perturbateurs endocriniens » dans la nourriture au moment de chauffer le plastique, des molécules mal connues mais pouvant provoquer stérilité et cancers à long terme. Mais ils faisaient valoir aussi un autre argument : la réduction des déchets, 1 à 1,5 million de barquettes utilisées une seule fois sont jetées chaque année. L’argument est imparable, surtout en cette période où l’usine d’incinération de Strasbourg est en panne et que ses déchets sont transportés puis incinérés ailleurs en France.

Simon Baumert, co-fondateur du collectif Zero Waste à Strasbourg, s’est montré satisfait des engagements pris par la Ville :

« Il y avait une incohérence à travailler sur  le contenu des repas, avec notamment des produits bio et produits par l’agriculture locale et continuer d’avoir un contenant qui pourrait provoquer des problèmes de santé… »

Après un épineux débat au sein de la majorité municipale, la Ville avait proposé de réduire de 50% l’utilisation de ces barquettes jetables en deux ans puis de 100% d’ici 4 ans. Des objectifs auxquels s’est engagée à répondre L’Alsacienne de restauration. L’entreprise a ainsi pu conserver le marché de la restauration collective des écoles de Strasbourg.

Dès la rentrée pour 18 établissements

À la rentrée 2017, les 18 établissements munis d’un self seront les premiers concernés par cette transition, leurs plats principaux et leurs garnitures étant déjà livrés dans des contenants en inox.

La transition des 36 autres restaurants se fera progressivement au cours des trois années suivantes. Si l’Alsacienne de restauration, société adossée au groupe Elior, a proposé un changement sur deux ans, la ville de Strasbourg maintient, pour l’instant, son objectif de 2021.

Le passage des barquettes plastiques aux contenants en inox nécessitera une réorganisation des services de restauration scolaire, comme l’a expliqué Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg en charge de l’éducation :

« Nous passons de la manutention par les agents de quelques grammes à quelques kilos, d’où l’intervention d’une ergonome. Ce changement nécessite également un investissement matériel, avec par exemple l’achat de lave-vaisselles. »

Françoise Buffet précise toutefois que ces aménagements n’auront pas, « pour l’instant », d’effet sur le prix de la restauration scolaire. Le marché, d’un montant d’environ 26 millions sur 4 ans n’est pas plus cher que le marché actuel selon l’élue.

Le changement ne se fera toutefois pas uniquement dans les contenants mais aussi dans leur contenu. Dès la rentrée 2017, un minimum de 30% de produits issus de l’agriculture biologique sera proposé dans les cantines. De même, des produits labellisés seront introduits dans les menus et des « repas bons pour ta planète », c’est-à-dire sans viande ni poisson, seront servis une fois par mois.

L'AUTEUR
Mathilde Piaud
Mathilde Piaud
Journaliste qui garde un œil sur la société et la politique, avec un penchant pour la photographie.
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