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Icans : chronique d'un divorce à 120 millions

Le cas du petit Théo fracture le monde du cancer à Strasbourg

La famille alsacienne du petit Théo se résout à faire soigner leur fils atteint d’un cancer à Paris, après le refus de la prise en charge par l’Institut Strauss à Strasbourg. Ce cas a fait réagir le médecin fondateur du service d’hémato-oncologie pédiatrique à Strasbourg et la Ligue contre le cancer du Bas-Rhin, qui veut que cet exemple serve de détonateur pour revoir l’offre de soins contre le cancer à Strasbourg.

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Le cas du petit Théo fracture le monde du cancer à Strasbourg
Le cas du petit Théo, non pris en charges, a provoqué des réactions virulentes dans le microcosme du soin contre le cancer à Strasbourg.

La famille du petit Théo se prépare à faire des allers-retours à Paris, à l’Institut Curie, suite à l’absence de prise en charge à Strasbourg (voir notre article). L’enfant de 14 mois est atteint d’un sarcome, une forme de cancer rare, et la famille se heurte à un désaccord sur la suite des soins à donner. Malgré une réunion de conciliation le 22 mai avec les directions des Hôpitaux de Strasbourg (HUS) et de l’Institut Strauss, qui a pris la suite de l’Icans à Hautepierre, deux versions très différentes s’opposent sur la suite qui a été donnée ce jour-là.

L’Institut Strauss insiste spécifiquement auprès de Rue89 Strasbourg sur un seule chose, que « la décision médicale collégiale retenue par les deux établissements repose sur une analyse médicale approfondie, conduite par des équipes spécialisées, conformément aux référentiels thérapeutiques en vigueur et dans le seul intérêt de l’enfant ». Une réponse qui indique que les HUS seraient donc partie prenante de cette décision. Mais ce n’est pas du tout la version de l’hôpital public, qui de son côté répond que « les HUS rappellent que la radiothérapie ne peut être réalisée qu’à l’Institut Strauss. Les HUS avaient ainsi proposé la mise à disposition d’un médecin anesthésiste pédiatrique pour que la radiothérapie puisse être réalisée sur Strasbourg ».

C’est aussi ce qu’a retenu la mère de Théo de ces échanges. « Ce que dit l’Institut Strauss est faux, réagit Nathalie Giegel, son directeur médical nous a même retorqué que comme la tumeur était enlevée lors d’une chirurgie, notre fils n’était plus malade. D’ailleurs, l’Institut Curie nous a reconfirmé que c’est l’absence d’anesthésiste qui a empêché la prise en charge à Strasbourg ». C’est en effet vers cet établissement spécialisé que l’Institut Strauss a redirigé la famille, ne s’estimant pas compétent pour un cas rare comme celui de Théo.

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Sur le papier, l’Institut de cancérologie de Strasbourg était un projet prometteur. Le partenariat public-privé devait permettre de mutualiser les moyens du Centre hospitalier universitaire (CHU) avec ceux d’un centre de lutte contre le cancer pour former un pôle d’excellence régional en cancérologie. Plus de 130 millions d’euros d’argent public ont été investis par les deux acteurs de santé pour construire un bâtiment voisin de l’hôpital de Hautepierre. Mais depuis l’ouverture de l’institut, les partenaires n’ont en réalité jamais cessé de se faire la guerre. D’un côté, l’hôpital public a continuellement dénoncé la mainmise du Centre Paul Strauss sur la gouvernance de l’Icans. De l’autre, le partenaire privé a toujours craint d’être absorbé par le mastodonte CHU. Fin août 2024, le directeur des HUS a fini par annoncer la fin du partenariat. Retrouvez ici nos enquêtes sur ce dossier intitulé : « Icans : chronique d’un divorce à 120 millions »

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