Les bottes plantées dans la terre sèche, Cédric Steinle se penche et arrache un morceau de racine à ses pieds. « La récolte, c’était en juillet, il y a un mois. Les lentilles sont déjà en train de repousser », note l’agriculteur de Plobsheim. Tout autour, le vent estival dessine des vagues vertes dans les rangées de légumineuses : au premier plan les lentilles, un peu plus loin le pois chiche, de l’autre côté des graines de chia, du quinoa…
Au total, Cédric Steinle consacre une dizaine d’hectares à ces cultures totalement inhabituelles sous les latitudes alsaciennes. « En 2020, il n’y avait qu’un hectare à peine », se remémore-t-il. Avec quatre collègues agriculteurs, il décidait alors de créer une coopérative spécialisée dans la production de légumineuses et de légumes secs : Graines d’Alsace. « À l’époque, tout le monde disait qu’on était fous, que le climat alsacien n’était pas adapté ou que ça ne se vendrait pas du tout », retrace-t-il. Aujourd’hui, la coopérative rassemble vingt agriculteurs. « Tous les étés on est contactés par de nouveaux producteurs qui s’y intéressent. Ils se posent la question de s’y mettre aussi », poursuit Cédric Steinle.
Une production encore minoritaire
L’été 2026 a été particulièrement brutal pour le secteur agricole. Fortes chaleurs, sécheresse, rendements en berne… Selon la région Grand Est, les pertes pourraient atteindre 80% pour certaines productions légumières et fruitières. « Avoir plusieurs types de culture, ça permet de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier », estime pour sa part Cédric Steinle. Et certaines légumineuses comme les pois tiennent mieux les étés secs, grâce à leurs besoins en eau deux fois moins importants.
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