Appeler la population à manifester, c’est une première pour la police nationale. Mais pour le syndicat Alliance, l’heure est à la mobilisation « citoyenne, républicaine et strictement légale » selon un communiqué. L’organisation majoritaire parmi les policiers appelle à des rassemblements et organise des cortèges samedi 31 janvier à 11h dans une vingtaine de villes. À Strasbourg, un rassemblement statique est prévu devant l’hôtel de police.
« La sécurité est une préoccupation majeure des citoyens et nous manquons de moyens et d’effectifs », détaille Christophe Rouyer, secrétaire régional d’Alliance pour le Grand Est :
« Après une réforme et des annonces pour l’investigation, nous sommes toujours dans l’attente des mesures concrètes… En raison des multiples changements de gouvernement, nous sommes face à une succession de renoncements politiques. Mais d’une manière générale, tous les services sont touchés par des moyens insuffisants et des missions en hausse. »
Strasbourg en sous-effectifs
À Strasbourg, la police nationale est correctement équipée en raison du statut de métropole nuance Christophe Rouyer :
« Sur les véhicules par exemple, nous avons de quoi fonctionner mais nous sommes solidaires avec les plus petits commissariats qui manquent de tout. Ceci dit nous ne sommes pas à l’abri : j’ai appris qu’un collègue motard fraîchement nommé doit partager son casque de service avec un autre collègue depuis plusieurs semaines… »
Côté personnels en revanche, la situation est critique à Strasbourg selon Christophe Rouyer :
« Les moyens manquent partout, mais rien qu’à la sûreté publique, il manque 80 fonctionnaires sur les 450 prévus à Strasbourg ! Et il y a à craindre que ces postes non pourvus finissent par complètement disparaître dans les années qui viennent… Les conséquence sont très directes : des unités de recherche et d’appui judiciaire sont détournées pour assurer des missions d’urgence et de maintien de l’ordre. »
Pour l’heure, les autres syndicats de policiers restent à l’écart de l’appel formulé par Alliance. À Strasbourg, Un1té et l’Unsa-Police pourtant membre du « bloc syndical » avec Alliance, ne participeront pas.
Déclaration raciste
Alors que des élections professionnelles sont prévues le 10 décembre 2026, la radicalisation d’Alliance empêche une démonstration de l’ensemble des policiers. Le syndicat avait appelé à voter Emmanuel Macron face à Marine Le Pen en 2017. Mais le secrétaire général d’Alliance depuis 2019, Fabien Vanhemelryck, estime lui que le Rassemblement national « n’est pas une menace ».
Lors d’une interview à Mediapart en 2024, il a déclaré que le front républicain contre l’extrême droite était « une connerie » et en avoir « marre des raclures, des nuisibles et des jeunes d’origine étrangère ». Outre cette sortie raciste, il a en outre ciblé une partie de ses attaques contre la justice, qu’il a accusé en 2021 d’être « le principal problème de la police ».
« Nous sommes un syndicat apolitique », tient à rappeler Christophe Rouyer, qui assure qu’il y a parmi les adhérents d’Alliance « des collègues de différentes convictions politiques. Et d’ailleurs, nous serons vigilants à ce que les candidats et les élus ne récupèrent pas cette manifestation ».
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