L’observatoire de la qualité de l’air Atmo Grand Est est sans équivoque : 530 décès pourraient être évités chaque année en Alsace. Ce chiffre est tiré d’une modélisation statistique qui compare les mortalités chez des populations exposées ou non à la pollution de l’air au dioxyde d’azote, à l’ozone ou encore aux particules fines PM2,5.
D’après un rapport publié par Atmo Grand Est lundi 20 juillet, ces molécules sont systématiquement plus concentrées en Alsace que dans le reste de la grande région. Le Bas-Rhin et le Haut-Rhin présentent une forte densité d’habitations et d’activités humaines (transports, industries, chauffage). Et pour ne rien arranger, la zone présente une topographie particulière, entre deux chaines de montagne (Vosges et Forêt noire), et avec des vallées resserrées, ce qui favorise l’accumulation des polluants.
Le poison des particules fines
Par exemple, les particules fines dépassent souvent les 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) en Alsace en comparaison des autres départements. Cette valeur correspond à une concentration maximale autorisée en Europe en 2030. L’OMS préconise de ne pas dépasser 5 µg/m3. Quasiment tout le Grand Est est au-dessus.

Les particules fines transportent des métaux lourds, des hydrocarbures ou encore des microplastiques. Elles ont un impact sanitaire particulièrement important. Une fois dans l’organisme, elles provoquent des inflammations et un risque accru de développer des maladies respiratoires (cancer, asthme), des maladies cardiovasculaires (infarctus aigu, hypertension), ainsi que du diabète de type 2 ou des naissances prématurées.
Atmo Grand Est révèle également que 54% des habitants du Grand Est sont exposés à une concentration en dioxyde d’azote (NO2) dépassant la recommandation de l’OMS de 10 µg/m3. On retrouve particulièrement cette molécule issue des pots d’échappement des voitures le long des grands axes routiers, entre Luxembourg et Nancy ou entre Strasbourg et Mulhouse. Cette molécule, aussi plus présente en Alsace, irrite les voies respiratoires et aggrave les maladies pulmonaires.

L’Alsace très polluée à l’ozone
Enfin, par rapport au reste du Grand Est, l’Alsace a été touchée régulièrement par des journées où les concentrations en ozone ont dépassé 120 µg/m3. En plus de sa topographie, elle constitue un terrain propice à la formation et à l’accumulation d’ozone à cause de sa météo plus chaude et ensoleillée en été.

Atmo Grand Est souligne que les concentrations en dioxyde d’azote ont tout de même baissé entre 2021 et 2024 grâce aux politiques publiques favorisant les mobilités douces et le renouvellement du parc automobile. Il sera aussi nécessaire de réglementer davantage les émissions industrielles et des systèmes de chauffage résidentiel pour atteindre des concentrations qui ne menacent pas la santé des Alsaciens et des Alsaciennes.



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