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Canal du Rhône au Rhin : Franck Leroy répond aux associations écologistes

Le président de la Région Grand Est, Franck Leroy, a répondu à la lettre ouverte que lui ont adressé trois associations écologistes dénonçant le projet de restauration du canal du Rhône au Rhin.

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Canal du Rhône au Rhin : Franck Leroy répond aux associations écologistes
Franck Leroy, président de la Région Grand Est en janvier 2024.

Le 31 août, Porte du Ried Nature, Wittisheim Vies et Nature, Le Chaudron des alternatives et l’Association Nature Ried Krautergersheim ont adressé une lettre ouverte à Franck Leroy, le président marqué à droite de la Région Grand Est. Dans ce courrier publié sur Rue89 Strasbourg, les associations écologistes demandaient que la collectivité régionale renonce à son projet de restauration de 24 km de ce canal ensauvagé pour permettre la navigation de plaisance.

Franck Leroy a répondu à ces associations, dans un courrier transmis à Rue89 Strasbourg. Il commence par renouveler son soutien au projet de restauration en rappelant que l’association environnementaliste Alsace Nature, « a été, dès le départ, associée à ce projet dont l’ambition n’est pas de “détruire le vivant“ [comme le dénoncent les associations, NDLR] mais bien de restaurer ses fonctionnalités, notamment environnementales » :

« Grâce aux observations et remarques émises par Alsace Nature, entre autres, au sein des comités de pilotage de ce projet, l’option la plus ambitieuse, et donc la plus exigeante, a été choisie afin d’engager une approche de la faune et de la flore plus importante. »

Un ouvrage « créé par la main de l’Homme »

Pour Franck Leroy, « le Canal du Rhône au Rhin est un ouvrage créé de la main de l’Homme. Il doit être entretenu ». Le président de la Région dénonce ensuite une vision qui consisterait à « mettre cet ouvrage et son environnement sous cloche » :

« Les canaux ont un rôle écosystémique majeur, notamment au regard de la faune et de la flore qui s’y épanouissent mais aussi au regard de leurs fonctionnalités hydrologiques. Ce que nous souhaitons au travers de ce projet que nous voulons le plus vertueux possible, c’est permettre les recharges de la nappe et des zones humides qui se situent en proximité immédiate. Ces fonctionnalités sont inexistantes à ce jour, les fuites sont généralisées. L’eau, ressource précieuse, se perd. Une aberration à l’aune des semaines que nous venons de vivre. »

Dans leur lettre ouverte, les associations avaient justement rappelé que la restauration du canal allait puiser dans le Rhin, une ressource qui a montré ses limites au cours de l’été caniculaire et sec de 2026. Mais pour Franck Leroy, l’exemple à suivre est celui du « Lac du Der, entre la Haute-Marne et la Marne » :

« Un Iac artificiel créé dans les années 30 et devenu la plus grande zone Ramsar d’Europe où l’on y pratique du tourisme, des loisirs… Les gens y viennent s’y promener, observer la faune et la flore : s’y ressourcer. Ce Iac-réservoir créé pour protéger Paris des crues est devenu un lieu majeur de préservation de la biodiversité et de la ressource en eau. »

Pour Franck Leroy, la restauration du canal doit participer à « l’adaptation au changement climatique tout en redevenant un lieu d’appropriation pour les habitants du territoire, pour les visiteurs de passage, pour les sportifs ». En somme, il souligne que « l’action de l’Homme » n’est pas toujours « néfaste » selon lui. Mais quelles que soient les précautions mises en œuvre, la remise en navigation aurait pour effet de détruire définitivement des écosystèmes rares abritant des espèces protégées.


#environnement

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