Colistière de Florian Kobryn, candidat aux élections municipales de Strasbourg soutenu par La France insoumise, Jamila Haddoum a eu très peur dans la soirée de vendredi 6 mars. Alors qu’elle collait des affiches pour sa liste avec deux de ses fils de 15 et 16 ans près de l’arrêt Étoile-Polygone au Neudorf, elle a été abordée par un individu.
» – C’est pour quel parti ? lui demande cet homme âgé d’une cinquantaine d’années,
– La gauche, répond-t-elle.
– Jamais de la vie tu colleras ça ici, sale pute. »
Puis il sort un couteau pliable et profère « Je vais te trancher la gorge sale gauchiste de merde ». Dans une vidéo publiée sur X et Instagram par le compte de La France insoumise à Strasbourg, on voit un homme proférer des insultes envers Jamila Haddoum.
Jamila Haddoum a sorti son téléphone en espérant le faire reculer. « J’étais persuadée que le moindre mot de travers allait le faire passer à l’acte », a-t-elle détaillée samedi après-midi lors d’une conférence de presse en présence de Florian Kobryn.
Elle a lâché son matériel de campagne et intimé à ses enfants de reculer. L’individu finit par partir alors que Jamila Haddoum tente d’alerter des passants. Elle finira par se réfugier dans sa voiture garée sur le trottoir avec ses enfants, et mettre plusieurs minutes à démarrer, sous le choc. Puis elle s’est rendue à l’hôtel de police, tout proche, pour porter plainte pour « agression et menaces de mort en raison d’une appartenance politique ». Le parquet a confirmé le dépôt de plainte et indiqué qu’une enquête était en cours.
Dans un communiqué publié samedi, le candidat tête de liste Florian Kobryn dénonce cette agression :
« Elle a été menacée de mort avec les mots : “Je vais te trancher la gorge” et insultée de “gauchiste de merde”, “salope” et “pute”. Je dénonce le climat mortifère de haine et de défiance à l’encontre de La France insoumise, pourtant premier rempart contre la montée de l’extrême droite. Nous appelons à un sursaut républicain et antifasciste, ainsi qu’à une fin de campagne apaisée, loin des attaques dont nous faisons l’objet. »
Florian Kobryn a reconnu samedi qu’aucun élément ne permettait de relier directement l’agresseur à l’extrême droite mais, a-t-il précisé, « cette agression s’inscrit dans un contexte de violences contre notre mouvement, après que l’extrême droite et une partie du gouvernement nous ait désignés comme cibles. »
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