Elle est installée dans l’intimité du bar musical Les Savons d’Hélène, au centre de Strasbourg, sur une longue table noire proche du comptoir. À 74 ans, l’ancienne maire de Strasbourg, et actuelle conseillère municipale d’opposition, se présente à nouveau aux élections municipales. Après l’annonce de sa candidature, de premières annonces sur la participation citoyenne, puis sur la sécurité, elle a présenté mardi 13 janvier le volet social de son programme.
Catherine Trautmann n’a pas besoin de mise en scène. Elle compte sur son aplomb habituel, emploie un ton grave, maîtrisé pour faire passer ses messages. « Les Strasbourgeois ont constaté le délitement et le déclassement de la ville », rapporte-t-elle en introduction, comme une évidence.
Pour « redonner à la ville son attractivité », la candidate socialiste entend revenir sur une partie des politiques menées par Jeanne Barseghian, la maire sortante (Les Écologistes) de Strasbourg et candidate à sa réélection. Ses premières cibles : le prix et les contraintes de stationnement. « Beaucoup de gens ne viennent plus en centre-ville car garer sa voiture est devenu trop cher », assure-t-elle. Mais dans ses propositions, elle ne mentionne aucun changement de tarif dans les zones payantes. C’est le prix de l’abonnement résident qui serait revu à la baisse.
Tarifications solidaires et encadrement des loyers
Anticipant les critiques, Catherine Trautmann assure que ses propositions ne visent pas à promouvoir un retour de l’automobile en centre-ville. Mais selon elle, « chaque nouvelle contrainte doit s’accompagner d’une mesure compensatoire ». Des mesures dont elle n’a pas dévoilé précisément les contours… Si ce n’est une baisse modeste du prix du ticket Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) ou la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans. Ce dernier point « a été chiffré à 6 millions d’euros, que nous pourrions intégrer dans le budget de fonctionnement. Pour cela, je compte sur le désendettement de la CTS », déclare celle qui souhaiterait réaliser un audit des finances de la Ville dès son élection. Reste que, pour l’heure, le ton est surtout à la réhabilitation de places de stationnement supprimées durant le mandat écologiste et au développement des places « violettes », celles qui coûtent deux euros pour une heure et demie.
Impossible pour la candidate socialiste de ne pas mentionner le prix du logement, un sujet de premier ordre à Strasbourg. Elle souhaite y répondre par l’encadrement des loyers, une mesure qu’elle avait déjà proposée en 2022 lors d’un conseil métropolitain :
« Nous avions proposé d’entrer dans l’expérimentation qui avait été suivie par plusieurs villes de France. Je constate aujourd’hui que c’est une proposition qui figure dans celles de la maire sortante, alors qu’elle n’avait pas été soutenue par les écologistes à l’époque. »
Si elle est élue, la candidate socialiste projette d’entamer deux grandes réflexions autour du logement et des mobilités sous la forme de conférences citoyennes.
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