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Avec Schiltigheim à gauche et Ostwald au centre, l’Eurométropole sur la couture politique

Avec presqu’autant d’élus de droite que d’élus de gauche au conseil de l’Eurométropole de Strasbourg, l’équilibre va se jouer au centre pour la gouvernance de cette collectivité dotée des plus importantes compétences de l’agglomération.

Élections municipales 2026
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Avec Schiltigheim à gauche et Ostwald au centre, l’Eurométropole sur la couture politique
Nathalie Jampoc-Bertrand devient la gardienne de la gauche dans l’Eurométropole.

Les colistiers de Catherine Trautmann vont occuper 37 des 107 sièges de l’Eurométropole de Strasbourg, l’assemblée des 33 communes strasbourgeoise. Pour gouverner cette collectivité dotée d’un budget de 1,8 milliard d’euros, déterminante sur tous les grands projets de l’agglomération (transports, énergie…), il faudra trouver une majorité solide d’au moins 54 sièges.

Répartition du conseil de l’Eurométropole 2026

Comment l’obtenir ? Contrairement aux Écologistes dans le mandat précédent, la majorité strasbourgeoise n’a pas de communes alliées évidentes. À Schiltigheim (8 sièges), c’est Nathalie Jampoc-Bertrand qui a été victorieuse et bien qu’elle soit socialiste, elle n’est pas de la même tendance que Catherine Trautmann. En tant qu’adjointe de Danielle Dambach, Nathalie Jampoc-Bertrand avait œuvré pour le tram-nord version écologiste depuis 2021, que Catherine Trautmann a méthodiquement démonté à partir de 2024. La nouvelle maire de Schiltigheim avait même quitté le groupe des socialistes à l’EMS pour protester contre cette profonde divergence.

À gauche en 2020, Ostwald (3 sièges) est passée à droite dimanche 22 mars en élisant Dylan Hirn (Horizons) et deux autres conseillers. Il ne reste donc plus que Mundolsheim et sa maire divers gauche Béatrice Bulou pour réaliser une alliance sur des valeurs communes. Ça ne suffira pas d’autant que parmi les conseillers envoyés par Catherine Trautmann au conseil de l’Eurométropole de Strasbourg, quatre sont macronistes et pourraient prendre leurs distances avec la majorité.

À droite, plusieurs communes sont en mesure de proposer une alliance solide pour prendre le contrôle de l’EMS. Candidat à la présidence de l’Eurométropole, le maire d’Illkirch-Graffenstaden, Thibaud Philipps, peut facilement rallier 39 conseillers de droite et du centre-droit. S’il rallie une partie des 14 maires sans étiquettes ou centristes, et les quatre macronistes élus avec Catherine Trautmann, il peut composer une majorité solide.

Les couleurs politiques des communes métropolitaines

Pour l’éviter, Catherine Trautmann pourrait tenter de faire la paix avec les Écologistes et avec les élus de Schiltigheim, ce qui lui permettrait de disposer d’un bloc de 49 conseillers, avant même d’aller voir les maires centristes… Mais une telle coalition demanderait beaucoup de diplomatie et comporterait beaucoup de risques politiques. Devenus essentiels, les Écologistes seraient en mesure de bloquer des futures décisions.

La troisième option, la plus probable, reste donc une alliance de la gauche strasbourgeoise avec les maires centristes voire divers-droite. En profitant de l’élan des élus macronistes de Strasbourg, Catherine Trautmann pourrait facilement embarquer les maires sans étiquettes et même le nouveau maire d’Ostwald dans une majorité. Une telle alliance disposerait d’un bloc de 55 conseillers, augmentable avec quelques accords auprès de maires de droite.


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