Au conseil de l’Eurométropole, un sursis pour la SIG Arena, AirBnb, séismes et transports gratuits les jours de pollution
Politique 

Au conseil de l’Eurométropole, un sursis pour la SIG Arena, AirBnb, séismes et transports gratuits les jours de pollution

Flux vidéo fourni par l'Eurométropole de Strasbourg

Le conseil de l’Eurométropole de ce vendredi 29 novembre va délibérer sur des avances pour que la SIG poursuive son projet d’extension du Rhénus. D’autres sujets, notamment sur les locations type AirBnb et les séismes devraient amener des débats jusqu’à la mi-journée. À suivre en direct à partir de 9h30.

La SIG va à nouveau disposer d’un an pour boucler son projet d’Arena (voir nos articles). Après quelques mois tendus et d’échanges interposés entre responsables politiques, l’extension de 2 000 places semble toujours possible. Après une présentation devant les élus fin octobre, l’Eurométropole, qui confierait au club de basket son Rhénus Sports pour 50 ans, a décidé de s’en remettre à l’appréciation de la Banque des Territoires (Caisse des Dépôts), co-actionnaire du projet à hauteur de 29% (depuis l’ajout de 4 investisseurs non-publics à ce jour). « La Banque des Territoires est notre boussole, garante des intérêts du public et du privé », commente le président de l’Eurométropole Robert Herrmann.

Selon un courrier du 29 octobre 2019 publié en annexe des délibérations, plusieurs réserves techniques mais parfois stratégiques (relations avec Strasbourg-Événements qui gère le Palais des Congrès assez proche) sont à lever, avant une validation définitive.

Parmi les interrogations : les loyers commerciaux estimés à 1,1 million d’euros. Il y a un doute sur cet optimisme que partageait déjà un audit de Deloitte, que Rue89 Strasbourg a pu consulter. « Un business plan évolue toujours et ne se réalise jamais entièrement comme prévu. Ces allers-retours sont assez classiques », tempère le directeur régional Patrick François. « Cette feuille de route, nous l’avons faîte ensemble », ajoute le président du club Martial Bellon. Une septième version a depuis été remise à la Banque des Territoires et aux banques.

Des « avances » pour reprendre le projet

À court terme, une info à retenir, l’Eurométropole verserait des « avances » (700 000 euros en plus des 400 000 de la Région et 100 000 du Département, soit 1,1 million au total), pour poursuivre le projet. Par ricochet, cette avance permettra au club de souffler d’un point de vue sportif. Comme nous l’indiquions, la SIG a engagé 1,8 million d’euros mais n’en a réglé que 1,1. Il a certes reçu 155 000€ de 31 des 92 actionnaires, mais surtout pioché dans ses fonds propres et « la trésorerie » de l’équipe sportive, de l’ordre de 700 000€, le prix d’un bon joueur. En début de saison, le club a affiché une masse salariale en baisse de 5%, à contre-courant du reste du la ligue (+12%).

Pour nombre d’observateurs de la balle orange, une partie des difficultés sur les parquets du début de saison s’expliquent par cette prise de risque. L’ailier-fort Australien Xavier Cooks, blessé dès le 7 août, n’a jamais eu de remplaçant et finalement ne viendra pas en Alsace. Depuis que le dossier de l’Arena s’est débloqué en novembre, la SIG a amélioré son effectif avec une recrue et enchaîne 5 victoires en France, quitte à un peu délaisser sa Coupe d’Europe. « Nous avons pris les risques qui font que nous avons un permis de construire délivré », justifie Martial Bellon.

Des étapes délicates à venir pour la SIG

L’étape la plus importante se profile vers le printemps 2020. Comme il y a de l’argent public en jeu (17,1 millions sur 40 environ), le club devra passer par un appel d’offres pour son concepteur-constructeur. Il avait dans un premier temps choisi Urban Dumez (Vinci). C’est seulement après cette consultation ce moment là que la SIG aura « un prix ferme et définitif » pour la salle de spectacles. Il devra être en dessous des 32 millions d’euros (hors commerces) pour que le projet « privé » ne soit pas trop subventionné au regard du droit européen sur la concurrence. Mais il ne doit pas être au-dessus de 36, car cela menacerait l’équilibre économique de la dernière version. Les esquisses d’architectes restent en revanche valables.

Avant cela, le club devra repasser début décembre une consultation pour reprendre un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO). « La personne que nous avions depuis mars 2017 avec Eiffage Consulting nous a quitté en juillet. Il a été recruté pour les infrastructures des Jeux Olympiques à Paris. Une opportunité qu’il ne pouvait pas refuser », explique Martial Bellon.

Si le bail est obtenu à temps, cela pourra débloquer le prêt de 21 millions d’euros que se partagent quatre banques. Le bail emphytéotique permet un loyer « modique », 60 000 euros par an. À partir de la sixième année, ce loyer est assorti de 1,5% de l’excédent brut d’exploitation.

Le fonctionnement annuel de l’Arena

Le montage du projet d’Arena selon nos informations au 28/11.

AirBnB, budget et transports gratuits

D’autres points devraient amener de longs débats. Tout d’abord, l’assemblée des 33 communes doit esquisser le dernier budget de la mandature, avec un débat préalable. Comme à la Ville de Strasbourg lundi, la métropole table sur une stabilité du nombre d’agents, après des années de non-remplacements successifs. En charge de l’état civil, l’adjoint au maire Éric Schultz (non-inscrit) avait alerté sur la situation et a menacé de ne pas voter le budget strasbourgeois dans 3 semaines si un état des lieux n’est pas fait. Bis repetita ce vendredi ?

Autre délibération importante, une modification du règlement en cas de changement d’usage de locaux d’habitation. Cela concerne en particulier la location de meublés touristiques, type AirBnB. Principale modification : obtenir « l’autorisation écrite de la copropriété et seulement à condition que l’activité n’engendre ni nuisance, ni danger pour le voisinage et qu’elle ne conduise à aucun désordre pour le bâti et les parties communes ». Comme lundi en conseil municipal, le sujet devrait amener de longs débats. Les élus se demandent toujours comment trouver le bon équilibre entre économie collaborative pour arrondir ses fins de mois et prédation immobilière.

Intervention sous tension de l’État à propos des séismes et de la géothermie

Autre délibération attendue, celle sur la gratuité des transports en commun lors des pics de pollution (voir ici): Elle sera activée dès que les voitures Crit Air 3, 4, 5 et sans vignette seront interdites, c’est-à-dire le 3è jour au seuil « d’alerte » soit souvent le 4ème jour d’un pic classique (on parle de seuil d’information, qui se transforme en seuil d’alerte dès 2 jours consécutifs) . Sur la base des années précédentes, cela représente quelques jours par an. Certains élus demanderont sûrement à ce que cette gratuité soit déclenchée plus tôt, dès qu’un pic est anticipé, afin de limiter leur effet.

En toute fin de séance, un représentant du préfet viendra communiquer les dernières avancées sur les enquêtes qui doivent établir un lien (ou non) entre les activités de géothermie et les séismes intenses ressentis mi-novembre à Strasbourg. Un sujet très tendu car des dizaines de millions d’euros ont été investis dans deux puits autour de Strasbourg et la chaleur n’est pas encore remontée. Les premiers retours du CNRS estiment qu’un lien est fort probable.

Aller plus loin

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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