« Les écoles de la Doctrine Chrétienne trouvent leur fondement dans les attitudes de Jésus-Christ et les valeurs de l’Évangile », peut-on lire sur le site de « La Doc », le diminutif de l’établissement. À Strasbourg, sur deux sites au centre-ville et à Cronenbourg, cette école privée catholique accueille plus de 1 150 jeunes de la maternelle au lycée. Leurs parents payent entre 800 et 1 000 euros l’inscription pour une année. La Doc est réputée pour viser « l’excellence ». Mais elle fait aussi la promesse d’un « esprit de famille construit dans des relations simples, accueillantes et respectueuses ».
« Moi j’ai la foi, je crois aux écrits, à ces engagements, confie Suzanne (prénom modifié), employée de l’établissement. Quand je vois le décalage avec la réalité, je ne peux plus me taire. J’ai d’abord essayé de m’adresser aux tutelles, mais j’ai compris que l’important pour eux, ce sont les apparences, de ne pas faire de vagues. » Cette encadrante a été la première d’une salve de six employés placés en arrêts maladie en mai 2025. Tous sont encore en cours en mai 2026 et devraient aboutir sur des départs. Au moins deux autres salariés ont quitté La Doc dans la même période, une démission et une rupture conventionnelle.
Un audit auprès des élèves
Le comité social et économique (CSE) de La Doc du 24 juin 2025 résumait ainsi la source de la souffrance, qui se concentre au collège et au lycée : « Un noyau dur de personnes sabote la coopération entre tous les personnels nécessaires au bon fonctionnement de l’établissement. » Les membres du CSE pointaient « un rapport de hiérarchie implicite ou explicite, dans tous les cas illégitime, à la faveur de certains professeurs, dans leurs relations avec le bureau de la vie scolaire, le secrétariat [et d’autres] enseignants ».
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