Il est bientôt 9h devant les grilles. Au soleil, quelques élèves patientent sur le trottoir de cette petite rue calme d’Illkirch-Grafenstaden. À l’Établissement régional d’enseignement adapté (Erea) Henri-Lebel, un collège et un lycée de 200 élèves, les cours ne commencent qu’à 10 h le lundi. Le temps pour celles et ceux qui viennent de loin en Alsace d’arriver, chargés d’une valise lorsqu’ils logent à l’internat. Car l’Erea rassemble des élèves avec tous types de difficultés : des difficultés sociales, des troubles de l’attention, de la déficience visuelle, des troubles vis-à-vis de l’autorité, des troubles du comportement, etc.
Mais ce matin-là, quelques enseignantes s’activent et affichent des banderoles. « Vous suspendez une personne, pas les problèmes » ; « De la stabilité pour les élèves à besoins particuliers », indiquent les messages, qui s’adressent au rectorat de l’académie de Strasbourg. Six jours plus tôt, mardi 2 juin, leur directrice Ana Mougenot a été « suspendue », rapportent ses collègues. « Une procédure, mais pas une sanction », tempèrent-ils, sans que les raisons ne leur aient été détaillées lors d’une rencontre le lendemain avec le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) le mercredi 3 juin.
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