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Eugène Riousse, premier prix à Angoulême : «Les Arts-Décos enseignent l’amour de l’objet livre»
Culture 

Eugène Riousse, premier prix à Angoulême : «Les Arts-Décos enseignent l’amour de l’objet livre»

par Rue89 Strasbourg.
Publié le 2 février 2013.
Imprimé le 17 janvier 2021 à 00:25
3 504 visites. 1 commentaire.

Eugène Riousse (Photo Yves Common / Rue89 Strasbourg)

A 22 ans, Eugène Riousse a remporté jeudi le premier prix 2013 du concours « Jeunes Talents » du festival de BD d’Angoulême. Les étudiants des Arts décos de Strasbourg ont pris les trois premières places. Eugène Riousse revient pour Rue89 Strasbourg sur les raisons de ce succès.

Grâce à trois planches en noir et blanc intitulées « Life on Mars » (voir ci-dessous), Eugène Riousse a gagné jeudi le droit d’être remarqué lors du 40e festival de bande-dessinées d’Angoulême. L’étudiant de l’école des Arts décoratifs de Strasbourg (qui s’appellent désormais sous l’affreux vocable Haute École des Arts du Rhin) a remporté le premier prix 2013 du concours « Jeunes Talents ». Deux autres étudiants strasbourgeois ont remporté la deuxième et la troisième place de ce concours : Maxime Garcia et Matthieu Chiara, que les lecteurs de Rue89 Strasbourg connaissent bien, puisqu’il signe chaque dimanche les croc-notes avec Jean-Charles Andrieu de Levis.

Rencontré quelques heures après sa victoire, Eugène Riousse revient pour Rue89 Strasbourg sur son parcours.

Rue89 Strasbourg : Est-ce que vous vous attendiez à cette récompense ?

Eugène Riousse : Non, j’ai été très surpris et très heureux. Je suis en dernière année aux « Arts-décos » de Strasbourg. A mes yeux, c’était la dernière occasion que j’avais de participer à ce concours, avant de rentrer dans le monde du travail, qui me laisserait moins de temps pour ces participations.

R89S : D’où est venue l’inspiration pour « Life on Mars » ?

ER : J’aime bien les univers un peu absurdes, l’idée de débarquer dans un endroit auquel on ne comprend rien également, mais ici, je l’ai poussée très loin !

R89S : Comment expliques-tu le succès de la Haute Ecole des Arts du Rhin de Strasbourg au festival d’Angoulême ces dernières années ?

ER : Je ne sais pas… L’école encourage les participations à différents concours. C’est bon pour notre carrière, et ça l’est également pour le prestige de l’école. En plus, le concours « Jeunes Talents » d’Angoulême est très connu. On en parle souvent entre nous. J’ai montré mon travail pour le concours à plusieurs amis de l’école avant d’envoyer mes planches.

R89S : Crois-tu qu’on puisse parler d’une sorte « d’école alsacienne » en illustration et bande dessinée ?

ER : Il faudrait avoir beaucoup de recul pour le dire. Je pense que les arts décoratifs dégagent quelque chose de particulier, qui se retrouve dans les publications qui existent dans la région. Si nous avons créé le fanzine « Vignette » avec Alice Saey et Baptiste Filipi, si la revue « Nyctalope » (ndlr : la revue a été créée par des étudiants aujourd’hui dispersés en France), et si elles se rencontrent au sein du collectif  « Central Vapeur« , c’est sans doute par amour de l’objet-livre, par goût de l’édition.

R89S : Le numérique ne t’intéresse pas ?

ER : Si… Je n’ai pas un avis tranché contre le numérique, contrairement à certains de mes amis. Je prends simplement beaucoup de plaisir à la fabrication de l’objet. Voir les pages se former. Le numérique n’est pas ma spécialité.

R89S : Où vois-tu la suite de ta carrière ?

ER : Je veux rester à Strasbourg. J’y ai trouvé une dynamique de groupe que j’aime beaucoup. Au cours de mes trois années à Strasbourg, j’ai trouvé le contact avec les autres plus facile et plus agréable que quand j’étudiais l’école Estienne, à Paris. C’est aussi pour ça que j’ai rejoint « Central Vapeur » en 2011. J’ai aidé l’organisation du festival cet automne. J’aime promouvoir ce groupe.

Cela dit, je ne me vois pas prendre de responsabilité dans ce cadre. Pour l’instant, je suis assistant pour la maison d’édition « 2024 ». J’aimerais continuer. Au niveau dessin, j’ai plusieurs projets en cours, des choses un peu longues. Si un éditeur vient me trouver, ce sera une bonne surprise, mais ce n’est pas ma priorité du moment. De toute façon, si un professionnel parisien me contacte, je travaillerai par Internet.

Yves Common

Article actualisé le 04/02/2013 à 10h18
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