Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Au conseil de l’Eurométropole : indemnités, désignations et avenir de la friche Heineken

Le conseil de l’Eurométropole de Strasbourg du jeudi 30 avril doit parachever la mise en place de l’exécutif piloté par Catherine Trautmann, revenue aux commandes grâce à une alliance avec la droite.

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À l’image du conseil municipal de lundi 20 avril, l’ordre du jour est resserré : onze points seulement. Et la première délibération portera sur les indemnités. Dans l’ensemble, les montants n’évoluent guère à l’exception de l’indemnité de la présidente. Catherine Trautmann a annoncé vouloir revoir son indemnité à la baisse, en raison du cumul avec ses fonctions de maire. L’objectif est d’afficher une rémunération totale (Ville + Eurométropole) inférieure à celle perçue lors par Jeanne Barseghian, qui n’était, elle, que vice-présidente de l’Eurométropole.

Concrètement, la présidente pourrait percevoir jusqu’à 5 960 euros mensuels à l’Eurométropole. Elle propose de s’en attribuer 3 082 euros. Les vice-présidents devraient toucher 2 754 euros, sous le plafond de 2 960 euros. Les conseillers délégués seraient à 1 661 euros, tandis que les élus sans délégation, déjà maires pour 32 d’entre eux, resteraient à 1 150 euros, soit le maximum autorisé.

Autre point attendu, les taux de fiscalité directe locale. Sans surprise, ils resteront inchangés par rapport à 2025, dans la lignée des choix opérés au dernier conseil municipal de Strasbourg. La taxe foncière sur le bâti s’établira à 4,60%, celle sur le non bâti à 4,94%, la taxe d’habitation à 11,25% et la cotisation foncière des entreprises à 26,83%.

Des enveloppes pour… six groupes ?

L’une des délibérations porte sur les enveloppes allouées aux groupes politiques, destinées notamment à l’embauche d’un ou d’une collaboratrice. Le document évoque une base de 40 000 euros, complétée par 1 000 euros par élu·e. Reste une question clé : combien de groupes sont concernés ? Selon nos informations, six groupes pourraient être constitués. Si aucune date limite n’est fixée pour officialiser leur création, les forces de droite n’ont, pour l’heure, pas encore communiqué la composition de leurs groupes. Des équilibres politiques commencent toutefois à se dessiner :

  • Un groupe écologiste sans les Insoumis, coprésidé par Jeanne Barseghian et Thierry Kuhn, réunissant notamment Syamak Agha Babaei, Floriane Varieras ou Nadia Zourgui,
  • Un groupe de gauche issu de Schiltigheim, coprésidé par Danielle Dambach et Antoine Splet, sous l’intitulé « Pour une métropole en commun ». Ils seront six (Michael Nguyen, Julien Hélary, Sophie Mehmanpazir, la maire Nathalie Jampoc-Bertrand et les deux co-présidents),
  • Un groupe de droite et du centre autour de Jean-Philippe Vetter, avec plusieurs figures du conseil municipal (Frédérique Neau, Elsa Schalck, Irène Weiss, Nicolas Matt, Jean-Philipe Maurer),
  • Le groupe majoritaire de Catherine Trautmann, fort d’au moins 37 élus,
  • Le groupe « Maires et élus indépendants » mené par Catherine Graef-Eckert, qui revendique 21 membres et joue la carte de la stabilité des exécutifs locaux. L’effectif englobe, outre quatre élus de sa commune, quatre vice-présidents qui sont : Jean-Louis Hoerlé (Bischheim), Jean-Michel Schaeffer (Geispolsheim), Eric Amiet (Wolfisheim) et Yves Sublon (Eschau),
  • Enfin, un groupe d’une 19 personnes autour de Thibaud Philipps, notamment avec Thierry Schall. Il a autour de lui des personnes comme Béatrice Bulou de Mundolsheim, Michèle Kannengieser de La Wantzenau ou encore Michèle Leckler, de Plobsheim. Elles sont toutes les trois dans l’équipe des vices-président·es.

Des postes clés en jeu

Le conseil devra également désigner ses représentants dans de nombreuses structures où l’Eurométropole est engagée. Parmi elles, des sociétés comme la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), Parcus (stationnement), Habitation moderne (logement social), la SPL des Deux-Rives (aménagement) ou Locusem (immobilier d’entreprises)… Au-delà de simples sièges, ces désignations ouvrent l’accès à des fonctions exécutives — présidences notamment — et aux indemnités associées. Des postes stratégiques qui prolongent l’influence politique de la collectivité.

Enfin, une grande partie de la séance sera consacrée à des nominations dans les commissions internes (appel d’offres, concessions) et dans divers organismes extérieurs dont des établissements scolaires. Une mécanique classique de début de mandat, mais importante pour répartir les responsabilités et fixer l’équilibre entre majorité et oppositions.

Une question d’actualité sur la friche Heineken

Au-delà de cet ordre du jour très balisé, un sujet doit être abordé : l’avenir de la friche Heineken à Schiltigheim. La possible reprise du site par le Crédit mutuel, révélée ces derniers jours, a accéléré le calendrier politique autour de ce terrain de 13 hectares en pleine ville.

Dans ce contexte, une question d’actualité portée par le groupe de gauche de Schiltigheim sera présentée. Objectif : défendre les intérêts de la commune et réaffirmer le rôle de l’Eurométropole dans la maîtrise de ce dossier. L’enjeu est de maintenir la ligne adoptée en fin de mandat précédent, avec un « périmètre de prise en considération » permettant de temporiser face à une éventuelle vente et d’éviter un projet purement privé qui privilégierait un projet de logements, alors que Schiltigheim est une ville déjà très dense.


#Conseil de l'Eurométropole

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