Le mois de juin 2026 signe le retour du Festival Contre-temps. Avec ses concerts électro et groovy pointus et ses Pelouses sonores pour traîner entre amis, il annonce l’été et la fête. Cette année, plus de 50 artistes vont faire vibrer les 8 000 festivaliers attendus. Cela débutera par un échauffement en deux temps : dès le week-end des 30 et 31 mai sur le parvis de la Médiathèque André Malraux avec Block Party, une rencontre autour de la culture hip-hop (graffiti, dance battles, dj’s). Le week-end suivant, on file au Jardin des Deux-Rives pour les Pelouses électroniques le samedi 6 juin, avec une palette des meilleurs dj’s de la scène strasbourgeoise. Puis rendez-vous aux Pelouses sonores, sorte de grand pique-nique musical le dimanche 7 juin. En prime, un clubbing à la programmation 100% féminine va enflammer le Quai de Scène le samedi soir.

Le festival lui-même démarre le 17 juin avec un apéro à la galerie La Chambre autour du J Dilla Orchestra. Les soirées s’enchaînent ensuite : afro-disco avec Voilaaa Sound System sur la Péniche Mécanique, clubbing électronique aux Studios du Rhin avec l’Italo-disco ultrafunky de Sam Ruffillo, soirée à adresse secrète avec la légende DJ Deep, concert au Planétarium avec le jazz cosmique de Greg Foat projeté sur dôme en 360°, et cumbia psychédélique avec le groupe lyonnais Pambelé. Le tout se clôture le 27 juin au Maillon avec le « Final Beat » : deux dancefloors, Dopplereffekt live venu de Detroit, Jeremy Underground aux manettes du floor house, et l’ovni berlinois DJ Fart in The Club pour finir la nuit.

L’accordéon en fête
Le Printemps des Bretelles est le rendez-vous des amoureux et amoureuses d’accordéon et mélomanes curieux de découvrir le piano à bretelles et les musiques du monde. Le festival débarque à Illkirch-Graffenstaden jusqu’au 7 juin avec une programmation qui part dans tous les sens, et c’est tant mieux. Les Négresses Vertes ont ouvert le bal dès le vendredi 29 mai. Suivent un enchaînement de jazz manouche (Marcel Loeffler en hommage à Django), sevdalinka bosnienne (Divanhana), chant bulgare polyphonique (Golyamata), forró brésilien et rock celtique des Vrillés pour finir en beauté. Entre deux concerts à l’Illiade, ça déborde dans les bars, les cours extérieures et le chapiteau. Des ateliers et spectacles pour les plus jeunes sont disséminés un peu partout dans le programme. Bref, l’accordéon n’a pas fini de vous surprendre. Et c’est gratuit !

La guerre en creux
La Pierre Large, c’est cette petite galerie joliment voûtée de la rue des Veaux, dédiée à l’image sous toutes ses formes. Elle accueille jusqu’au 27 juin les œuvres de l’artiste ukrainienne Maryna Brodovska. Sous le titre Les maux bleus, cinq séries photographiques produites de 2022 à aujourd’hui interrogent, avec humour et mélancolie, ce que signifie vivre et créer dans un pays en guerre. Mais la guerre n’est pas son propos, elle s’intéresse à l’individu et pour cela mêle photographie, collage et écriture. L’exposition est aussi sonore : son journal des premiers jours de guerre, diffusé en continu dans la pièce, dialogue avec les photographies-collages aux accents surréalistes. Maryna Brodovska n’hésite pas à employer l’IA pour réinventer des réalités intimes sur la base de photos de ses archives personnelles.
Dans la série Je plaisante donc je suis, elle semble recoller ce que la guerre a déchiré. Plus documentaire, la série Je voyage dans mon sommeil compile les lits dans lesquels elle a dormi en tant qu’émigrée depuis le début du conflit. Elle en cumule plus d’une trentaine dans différentes villes d’Europe. Maryna Brodovska transforme l’indicible en images poétiques, colorées et souvent ludiques.

Décollage pour Tiny Moon
L’Atelier M33 nous embarque pour la deuxième édition de son festival des arts sonores et visuels Tiny Moon. Hébergé depuis une dizaine d’années dans l’ancienne usine Junker à la Meinau, reconnaissable à ses tours carrées recouvertes de briques, le lieu abrite treize artistes multidisciplinaires : peinture, photo, vidéo, couture… Le festival a été pensé comme un espace de rencontres entre scènes émergentes, artistes confirmés et propositions hybrides. L’occasion pour le collectif de faire rayonner l’atelier et ses artistes dans un cadre festif avec une dizaine de concerts sur les deux soirées. Il y aura donc de la musique, principalement électro et techno, avec des groupes locaux comme Polytone et Rachid Bowie, du mapping vidéo, des expos, une friperie, petite restauration et même un « jardin orbital » pour flâner.

C’est votre première fois au M33 ? L’équipe glisse que le lieu est accessible facilement à vélo, le bus 40 s’arrête juste devant, l’arrêt de tram Couffignal est à 12 minutes à pied, et il est même possible de garer sa voiture dans la rue… Tous les chemins (galactiques) mèneront au Tiny Moon les 6 et 7 juin !
Sauver l’amour en dansant

Qu’est-ce qui pourrait sauver l’amour ? C’est avec cette question que Sylvain Riéjou, artiste associé au centre de développement chorégraphique Pôle Sud jusqu’en 2027, clôture la saison. Pour ce projet, 80 amateur·rices monteront sur les planches pour danser l’amour. « Ce sont des gens de 7 à 77 ans, on a aussi proposé à des personnes porteuses de handicap mental », précise le chorégraphe. Tout ce beau monde a participé à des ateliers créatifs depuis novembre dernier, réparti en quatre groupes pour autant de chansons sur le thème de l’amour. De L’amour à la plage à Onde sensuelle, tout est dans le titre !

Ce projet fait suite à son spectacle Je badine avec l’amour, présenté l’année dernière à Pôle Sud sur le principe de la chanson de gestes, qui consiste à illustrer les paroles par le mouvement. « Je détourne ce procédé que j’aime énormément car il est accessible à tout le monde, y compris aux personnes âgées ou en fauteuil roulant », explique Sylvain Riéjou. Si l’envie de bouger vous prenait, de « petites surprises participatives (mais facultatives) » pourraient bien vous mettre en mouvement. Deux représentations de 30 minutes seront proposées le mardi 9 juin, dans le cadre de la fête de fin de saison de Pôle Sud, avec la présentation des grandes lignes de la saison 2026-2027, suivie d’un buffet convivial.

Rampes, corps et institutions
Jusqu’au 6 septembre 2026, le CEAAC et l’Aubette 1928 accueillent une double exposition de Florian Fouché : SÉCURITÉ SOCIALE PRÉLUDE – La rampe PèreMèRe. Installations, sculptures et films interrogent comment les sociétés prennent tantôt en charge tantôt excluent les corps dans l’espace public. Au CEAAC, l’artiste pointe l’ironie d’un bâtiment inscrit aux monuments historiques mais inaccessible aux personnes à mobilité réduite (PMR). Une installation immersive déploie rampes, plans inclinés colorés et une figure sculpturale centrale, le Père Cuillère, personnage à la fois miraculé et en gestation, coincé dans un système paradoxal d’assistance et de contrainte.
À l’Aubette, parmi les surfaces géométriques de Taeuber-Arp et Van Doesburg, on découvre Mort assistée, un film commandé par le Centre Pompidou, dans le contexte de sa fermeture pour travaux. Le film propose une vision fantasmagorique d’un musée en maintenance. Florian Fouché y explore la manière dont les institutions culturelles organisent la conservation, la disparition ou la transformation de leurs œuvres. La vidéo est accompagnée de sculptures, dessins et documents liés à sa réalisation.
En parallèle, l’artiste Alexandre Caretti investit le Project Space du CEEAC avec Traduttore, traditore : matériaux prélevés dans les institutions européennes, atmosphères entre salle d’attente et activité bureaucratique.




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