Au Kafteur, de l’improvisation connectée et exploratoire
Culture 

Au Kafteur, de l’improvisation connectée et exploratoire

Mode "Soap Opera" - une scène, deux scènes, mille opportunités d'improvisation... (Photo Im@gine)

Mode « Soap Opera » – une scène, deux scènes, mille opportunités d’improvisation… (Photo Im@gine)

Au Kafteur à partir de jeudi 20 mars, des cobayes vont être soumis à une batterie de tests. Peuvent-ils survivre filmés de près dans un environnement hyper-connecté où les commandes ont été laissées au public ? Grave question, à se soumettre jusqu’au samedi 29 mars.

Dans l’improvisation théâtrale, le public est souvent invité à choisir le décor, le phrasé ou un mot imprononçable que les comédiens doivent insérer dans leurs répliques. L’idée d’Im@gine, c’est d’apporter dans cette forme de spectacle déjà bien foutraque de la vidéo, du son et une participation du public via leurs téléphones portables. Les spectateurs peuvent voter, envoyer des suggestions, participer à la création des personnages, etc., tout ça via une application pour smartphones.

Alexandre Matzen, l’un des concepteurs d’Im@gine, détaille le concept :

« On mélange les technologies du web et la dynamique de l’improvisation théâtrale. On privilégie la simplicité dans la mise en scène, et on ajoute un fond vert pour des incrustations, cinq caméras, un écran géant et un serveur pour se connecter avec les téléphones dans la salle. C’est une sacrée machine ! »

Du coup, pas moins de quatre techniciens sont nécessaires pour que le spectacle se déroule sans accro. Tous vétérans de l’impro, formés à la Lolita pour la plupart, les comédiens se retrouvent débutants avec l’irruption de cet attirail sur scène. Ils sont trois, associés à un maître de jeu, hyper connecté lui aussi. Il dispose d’une tablette à partir de laquelle il peut interagir avec la scène en envoyant des jingles ou avec les spectateurs en consultant les résultats d’un sondage.

La mise en scène est un jeu d'équilibriste (Photo Im@gine)

La mise en scène est un jeu d’équilibriste (Photo Im@gine)

Un côté jeu permanent

Alexandre Matzen a lui-même été surpris par le succès de ce concept :

« Ça plait beaucoup. Il y a un côté jeu permanent. Parfois, on se demande si les spectateurs ne préféreraient pas regarder le spectacle aussi sur leurs téléphones ! Pourtant, on fait attention à ce que le technique ne prenne pas le dessus sur le spectacle. C’est tout le défi. »

Lancé l’année dernière, le concept se rôde encore un peu. Passer du mode « Sitcom » (où ce qui se passe sur scène répond à ce qui se passe sur l’écran) au mode « Drama » (jeu dans un décor projeté) prend quelques minutes. Les comédiens apprivoisent les multiples caméras et découvrent de nouvelles possibilités de jeu au fur et à mesure des spectacles. C’est pourquoi le thème global du spectacle est un « laboratoire » où les spectateurs sont des « chercheurs » et les comédiens des « cobayes ».

Pour Alexandre Matzen, cette recherche permanente fait partie de l’ADN du spectacle :

« On sait ce qui fonctionne bien, ce qui nécessite quelques réglages et ce qui prend trop de temps à mettre en place. Mais on continue d’essayer en permanence, le public est avec nous dans cette recherche. Notre prochaine étape : être capable de changer de plan de manière quasi-instantanée. On va y arriver ! »

Im@gine est donc pour l’instant un spectacle en « beta-test », qui n’est produit que dans de petites salles. L’écrin du Kafteur sera parfait.

L'AUTEUR
Pierre France
Pierre France
Fondateur et directeur de la publication de Rue89 Strasbourg.

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