
Plus de 7000 personnes se sont rassemblées au Zénith de Strasbourg pour écouter le grand mufti de Turquie. (Photo Aline Fontaine / Rue89 Strasbourg / cc)
Cette année, la plus haute autorité de l’islam sunnite turc avait choisi Strasbourg et la France pour ce rendez-vous européen pour apporter un message de rassemblement aux musulmans turcs de l’Hexagone après les attentats qui ont endeuillé Paris :
« À tous nos jeunes, à leurs mamans et à leurs papas, il y a des personnes qui commettent des assassinats en réseau et ça n’a rien à voir avec l’Islam. Il ne faut pas baisser votre tête à cause de ces gens-là. »

Le président des Affaires religieuses turques Mehmet Görmez est venu appeler les musulmans à l’unité. (Photo : Aline Fontaine / Rue89 Strasbourg/ cc)
Mehmet Görmez a condamné à plusieurs reprises dans son discours les “assassinats commis en réseau” en Turquie, en Europe et à travers le monde mais n’a pas prononcé une seule fois les mots « terrorisme », ni « Etat islamique » pour les qualifier.
Le grand mufti a refusé catégoriquement l’amalgame entre les assassins et l’Islam :
« À tous nos amis occidentaux, il ne faut pas refléter la responsabilité de ces assassinats sur les musulmans qui vivent à côté de vous. »
Il a appelé ses corréligionnaires à entretenir le sens perdu des valeurs du prophète, celles d’une « humanité fraternelle » et de la « compassion ».

La mixité hommes-femmes était de mise dans l’enceinte du Zénith dimanche, contrairement au mois d’octobre lors de la visite du président turc Erdogan. (Photo : Aline Fontaine / Rue89 Strasbourg / cc)
Messages à destination de la diaspora turque
Le rendez-vous était aussi l’occasion de valoriser l’identité communautaire de la diaspora turque sunnite, appelée à « vivre en harmonie » avec sa société d’adoption :
« Notre premier devoir, où que nous vivions est de garder notre foi, notre langue et notre culture, pour qu’aucun de nos enfants, même dans des siècles, ne s’éloigne de notre grande religion. Nous sommes les enfants d’une civilisation qui a toujours vécu en paix avec les autres et nous avons le droit d’attendre des autres civilisations qu’elles vivent en paix avec nous. »
Interrogé sur la formation des imams en France, lors d’un rendez-vous avec la presse, le président des Affaires religieuses turques a déclaré que son institution est « encline à partager son expérience ». Mais « à la condition que le sujet ne soit pas posé comme un problème de sécurité mais comme une question de partage des savoirs ».
« J’ai déjà rencontré des professeurs de l’Université de Strasbourg et des personnes du ministère de l’Intérieur à ce sujet. La présence d’une autre religion dans un pays, si elle est considérée comme un problème de sécurité, c’est qu’il y a un souci quelque part. Je trouve que nos interlocuteurs auraient dû être au ministère de l’Education et des Sciences plutôt qu’au ministère de l’Intérieur. »
L’association Ditib de Strasbourg, émanation de la présidence des Affaires religieuses turques en Europe, poursuit un projet de centre de formation des imams dans ses locaux à Hautepierre. Celui-ci est mis en suspens, suite au refus de reconnaissance de son diplôme par les autorités universitaires turques.
L’événement était organisé par le Ditib Strasbourg, avec le soutien de l’ambassade de Turquie. Les représentants des autres associations musulmanes de Strasbourg étaient présents. Les discours se sont tenus en langue turque et étaient traduits en simultanés en français via des casques audios pour les participants non-turcophones.
À la sortie de l’événement, les participants se sont vus distribuer des tracts en langue turque du Parti Égalité justice (PEJ), un mouvement politique musulman, en lice pour les élections législatives partielles fin mai.
Si je n'ai pas la nationalité bretonne, et pour cause, j'ai la culture bretonne dans ma tête, et dans mon âme.
voilà d'où viennent les problèmes : non le premier devoir des jeunes turcs n'est pas de" garder sa foi, sa langue et sa culture" mais bien de devenir un citoyen du pays où il s'installe..d'en maitriser la langue (écrite et orale) et de pouvoir s'exprimer dans celle ci et d'en acquérir la culture afin de la comprendre, de se l'approprier et de pouvoir la diffuser.
quant au reste : (nous sommes les enfants d'une civilisation qui a toujours vécu en paix avec les autres) : les arméniens et les assyro chaldéens apprécieront ......tout comme les grecs d'Asie mineure et les kurdes
Bref, pour être assimilé, ils n'ont qu'à devenir cathos ?
Je croyais que notre pays était laïc.
Donc si je comprends bien en gros les français peuvent garder leur culture où ils vont dans le monde mais les autres qui viennent ici doivent changer?
Himm
Quand vous écrivez :
"les arméniens et les assyro chaldéens apprécieront ......tout comme les grecs d'Asie mineure et les kurdes"
Difficile de vous suivre, car le rapport qu'avait l'Empire Ottoman vis-à-vis de la paix et de respect des minorités, n'a pas été très différent de celui de l'Empire d'Alexandre le Grand, de l'Empire romain, des empires européens (anglais, Napoléonien, portugais, espagnol, etc. et plus actuellement des empires russe ou américain. Pensez-vous que des peuples sous l'emprise de ces empires ont apprécié ?
Quels ont été les génocides perpétrés par Alexandre, Napoléon, les Russes les Anglais ou les Américains?
Par ailleurs, vous nous commettez un beau sophisme, connu sous le nom de "deux faux ne font pas un vrai" : les crimes des uns ne justifient pas ceux des autres.
D'autant plus (autre sophisme, "changer insidieusement de sujet" en convoquant un argument sans rapport avec le sujet par vague analogie) que la question est de savoir si les Turcs ont toujours été pacifiques, comme le prétend ce mufti. Il ne s'agit absolument pas de savoir si d'autres ont été belliqueux ou non, ou si la prochaine pleine lune c'est aujourd'hui ou un autre jour.
Effectivement, on peut avoir des doutes sur votre capacité à lire, en comprenant ce que l'auteur a écrit. Mais ce que je lis de vos propos me donne à penser que le problème est plus profond : vous ne savez tout simplement pas raisonner.