« Le rôle du politique, c’est de décider, de savoir où chercher l’information, comment décider et de bien s’entourer », expliquait la maire Rassemblement National (RN) de Wittelsheim lors du conseil municipal de juin 2026. Un rôle que Raphaële Schober a visiblement beaucoup de mal à endosser. En plus d’être plombée par deux procédures au tribunal administratif visant à faire invalider son élection, l’ancienne gendarme fait face à la contestation dans son propre camp depuis la mi-septembre.
« Un management toxique a été mis en œuvre depuis l’élection. »
Nicolas Benoin, premier adjoint à la maire de Wittelsheim
Raphaële Schober a perdu la confiance de ses colistiers et colistières. « Nos conditions de travail n’étaient pas évidentes, affirme Nicolas Benoin, le premier adjoint en charge de la police municipale et de la démocratie participative. Un management toxique a été mis en œuvre depuis les élections. Nous recevions des instructions contradictoires puis on nous faisait des reproches. »
Mercredi 16 septembre, avec cinq membres de la majorité, le premier adjoint a signé une procédure écrite visant à démettre la maire de ses fonctions. Une démarche « de dernier recours » prévue et encadrée par le Code général des collectivités territoriales (CGCT) à laquelle se sont joints cinq autres élus de l’opposition, permettant d’atteindre le seuil requis d’un tiers du conseil municipal.
Représailles et sanctions
Dans la foulée, la maire Raphaële Schober a décidé de reporter la tenue du conseil municipal de septembre, comme l’a révélé le journal L’Alsace. La maire a aussi retiré à ses trois adjoints dissidents leurs délégations. « Je suis le premier adjoint à rien », grince Nicolas Benoin.
D’ici là, les conseillers municipaux attendent fermement la décision du tribunal administratif sur la validité du scrutin municipal. L’audience doit se tenir à Strasbourg le 29 septembre. « On regarde, on va attendre le résultat et ce que nous diront les juges », poursuit Nicolas Benoin.
Selon nos informations, plusieurs membres du conseil municipal prévoient déjà de mener des listes dissidentes en cas d’annulation des élections par le tribunal. Si les élus dissidents se sont réunis le 21 septembre pour décider des suites de leur action, Nicolas Benoin indique toutefois « ne pas se projeter aussi loin ». Une candidature de sa part serait périlleuse. Policier de profession, son élection dans le ressort de sa juridiction fait partie des points soulevés devant le tribunal administratif pour annuler les élections…
Contactée, la maire Raphaële Schober n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.



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