Enquêtes et actualité à Strasbourg et Eurométropole

Manifestation samedi 24 janvier en soutien aux Kurdes du Rojava

Samedi 24 janvier, le Centre démocratique du peuple kurde de Strasbourg appelle à une manifestation en soutien aux Kurdes du Rojava, en Syrie, menacés par la reprise des combats avec l’armée gouvernementale.

Cet article est en accès libre. Pour soutenir Rue89 Strasbourg, abonnez-vous.

Manifestation pour le Rojava à Madrid en octobre 2019.

Un accord de trêve a été signé lundi 19 janvier entre le chef des forces kurdes de Syrie, Mazloum Abdi, et le président syrien, Ahmed Al-Charaa. Mais dès le lendemain, des combats ont éclaté entre les deux camps, mettant en danger les civils pris dans cet étau, dont la population kurde.

La manifestation en soutien au Rojava, prévue samedi 24 janvier, rassemblera « des personnes des quatre morceaux du Kurdistan unifié », d’après Hélène Dersin. Elle est chargée des relations extérieures au Centre démocratique du peuple kurde de Strasbourg, association à l’initiative de la manifestation. Il s’agit d’une antenne locale du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F).

La responsable assure que cette mobilisation est appelée à durer :

« Depuis l’attaque, on est tous les jours dans la rue. Ce soir, on est sur la place de la gare, hier aussi. Mardi [20 janvier], il y avait des gens qui s’étaient organisés sur Internet. Ils sont arrivés de l’ensemble du Grand Est ».

Selon Hélène Dersin, l’accord a été perçu par les Kurdes comme un ultimatum adressé à leur égard : « Le gouvernement syrien veut nous prendre en otage. Il n’y a pas de véritable reconnaissance de l’identité des Kurdes dans ce texte, qui n’est pas démocratique. On ne peut pas l’accepter. » Elle juge que les Kurdes du Rojava ont été mis au pied du mur :

« J’ai la majorité de la famille de mon mari sur place, certains ont été assassinés. Ceux qui restent aujourd’hui ont repris les armes pour défendre leur région. On a tout fait pour éviter la guerre : on voulait résoudre les problèmes démocratiquement. »

L’absorption d’une partie du Rojava

L’accord signé lundi, et déjà fragilisé, prévoit notamment l’intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS), groupe armé à majorité kurde, à l’armée régulière syrienne. Le gouvernement syrien a également exigé de récupérer l’administration totale de deux provinces arabes sous contrôle kurde : Deir ez-Zor et Raqqa. La province d’Hassaké devrait connaître le même sort. Au nord, une grande partie de cette région est intégrée au Rojava autonome, tandis que le reste de la zone demeure tout de même sous influence kurde.

Enfin, la centralisation entreprise par le pouvoir syrien lui permettrait également de reprendre le contrôle des ressources de ces différents territoires. Du pétrole et du gaz naturel y sont notamment présents en quantité importante. Or, la vente d’hydrocarbures constitue d’importantes recettes pour l’administration kurde. En l’état, il s’agit d’une absorption partielle du Rojava, signant la fragilisation de l’autonomie de ces territoires du Nord-Est de la Syrie.

Cette situation suscite l’incompréhension d’Hélène Dersin, qui perçoit la mainmise du pouvoir syrien comme une régression sur le plan sociétal. « Pendant la guerre civile syrienne, les Kurdes ont réussi à construire le Rojava, une structure autonome qui se base sur l’égalité des sexes, l’écologie et les droits des minorités. Ils ont évité le radicalisme et ont construit des villages, des hôpitaux, des universités ! », s’indigne-t-elle.

Le Rojava est la région gouvernée par l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) et protégée par un corps militaire, les Forces démocratiques syriennes (FDS). Ce territoire, autonome de facto, est administré par les forces kurdes depuis 2012.


#Kurdes

Activez les notifications pour être alerté des nouveaux articles publiés en lien avec ce sujet.

Voir tous les articles

Autres mots-clés :

Offre découverte : 1€ le premier mois
Partager
Plus d'options
Quitter la version mobile