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Une marche des Visibilités sans village associatif ni chars samedi
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Une marche des Visibilités sans village associatif ni chars samedi

par Violette Vauloup.
Publié le 8 juin 2021.
Imprimé le 18 juin 2021 à 20:48
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Samedi 12 juin, le collectif FestiGays organise la marche des Visibilités LGBTQIA+ à Strasbourg. Après une année blanche en raison de la pandémie, l’édition 2021 insiste sur l’importance de la lutte contre les discriminations, notamment sur les réseaux sociaux.

LGBTQIA+

Cet acronyme désigne les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transsexuelles, queers, intersexes, asexuelles et plus largement toutes celles qui ne se retrouvent pas dans les identités de genre et de sexe majoritaires.

Après l’annulation de l’édition 2020 pour des raisons sanitaires, la marche des Visibilités LGBTQI+ de Strasbourg aura bien lieu samedi 12 juin, mais sans village associatif, ni chars musicaux, toujours en raison du Covid-19. Le rendez-vous est donné à 14h15, place de l’Université, par le collectif d’associations LGBTQIA+ FestiGays, organisateur des marches des Visibilités strasbourgeoises depuis 2002. Le cortège longera les quais avant de rejoindre le centre-ville et la place de la République, pour terminer son parcours place de l’Université.

L'éducation contre les discriminations et les suicides

Si la marche sera sans doute moins festive que les précédentes, le collectif souhaite tout de même profiter de l'évènement pour rappeler l'importance de l'éducation à la différence, dans les écoles et dans les familles. Pour Matthieu Wurtz, président de FestiGays, les cours d'éducation sexuelle pourraient par exemple débuter dès l'école primaire plutôt qu'au collège :

"Plus tôt on dira qu'être gay ou lesbienne est normal, plus les jeunes se construiront dans l'acceptation de la différence. À l'adolescence, on a tendance à reprendre le schéma familial : si l'entourage dit que c'est contre-nature, l'enfant grandit avec cette image et va reproduire le même attitude."

Ces discours d'intolérance "flambent sur les réseaux sociaux depuis 3 ou 4 ans", affirme Matthieu Wurtz. Face à ces messages, les jeunes sont les premiers touchés. "Le taux de suicide des jeunes LGBTQIA+ est 15 fois plus élevé que chez les autres", s'alarme le président de FestiGays, pour qui la "double discrimination", celle de l'école qui s'ajoute à celle au sein du foyer aggrave souvent la situation.

"À quand un monde rainbow ?", demandent les manifestants.
Cette année, la marche des visibilités se fera sans chars ni village associatif. (Photo Christophe Layser / FlickR / cc)

"Avec la Ville, on n'a pas besoin de se battre pour dire qu'on existe"

Pour mettre en valeur les minorités LGBTQIA+, FestiGays s'est associé à la Ville de Strasbourg, comme pour le lancement d'un tramway aux couleurs du drapeau de la communauté, au début du mois des Visibilités, du 17 mai au 18 juin. Après une petite année à traiter avec la municipalité écologistes, le collectif assure à ce stade se sentir "entendu et écouté". "C'est facile d'organiser des projets, comme la marche des Visibilités ou le tram arc-en-ciel, car on sait que l'on a un soutien moral et financier de leur part. On n'a pas besoin de se battre pour dire qu'on existe", apprécie Matthieu Wurtz.

Y aller

Marche des visibilités, samedi 12 juin à 14h15, départ place de l'Université à Strasbourg.

L'AUTEUR
Violette Vauloup
Violette Vauloup
Etudie le journalisme à l'IUT de Lannion, le met en pratique à Rue89 Strasbourg.

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