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Mobilisation lycéenne : « Les élèves en ont marre de la façon dont on les traite »

La mobilisation des lycéens et lycéennes pour de meilleures conditions d’enseignement monte en puissance et de nombreux établissements ont été bloqués à Strasbourg jeudi 1er octobre. Des dégradations et des affrontements avec les forces de l’ordre ont émaillé la journée.

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Mobilisation lycéenne : « Les élèves en ont marre de la façon dont on les traite »
Les élèves du lycée Pasteur se mobilisent pour la première fois ce jeudi 1er octobre.

Des tirs de mortier d’un côté, des tirs de grenades lacrymogènes de l’autre. Le lycée Pasteur connaît son premier jour de mobilisation ce jeudi 1er octobre, et sa première interpellation, aux alentours de 10h. Les raisons qui poussent les élèves à se mobiliser sont, elles, déjà connues. En terminale, Zakaria a décidé de se mobiliser en soutien aux élèves de Paul Éluard, en Seine-Saint-Denis. « Ces lycéens sont dans leur droit de réclamer des moyens pour étudier », appuie celui qui fait le lien entre la vétusté du lycée francilien et le sien. En janvier 2026, raconte-t-il, l’établissement n’a pas eu de chauffage pendant plusieurs jours. Cet été, il s’est transformé en four.

À quelques encablures, entre les chants d’une « jeunesse [qui] emmerde le Front national » une lycéenne se plaint de l’interdiction des téléphones portables, mesure appliquée depuis la rentrée de septembre 2026. Elle trouve normal qu’on ne puisse pas les utiliser en classe mais déplore qu’il ne soit pas possible de consulter son emploi du temps au sein de l’établissement. « Les élèves en ont marre de la façon dont on les traite, cingle-t-elle. Ils nous interdisent tout et ils ne donnent aucune solution. »

Houssaine, élève de terminale au lycée Pasteur.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

« On ne va pas tous accéder à des études »

Au milieu des gaz lacrymogènes qui fusent tous azimuts, Houssaine, élève de terminale au lycée Pasteur, explique calmement :

« On se mobilise suite au mouvement qui a commencé en Seine-Saint-Denis. On est obligés d’utiliser cette violence pour être écoutés. On nous demande de choisir dès maintenant notre avenir. La terminale a à peine commencé que je suis déjà dans le stress de Parcoursup. Au final, on sait déjà qu’on aura pas le choix qu’on veut. On veut profiter de nos vies. Pas laisser le système les détruire. »

Léa et Diona, deux élèves de terminale au lycée Pasteur.Photo : Guillaume Krempp / Rue89 Strasbourg / cc

« Avec cette mobilisation on ose parler », poursuit Léa, elle aussi en classe de terminale au lycée Pasteur. Elle détaille :

« Je me mobilise contre Parcoursup, qui est un système inégalitaire qui met en compétition les élèves. J’appréhende déjà alors que je suis en début de terminale. Parcoursup, c’est un tri des élèves. On sait très bien qu’on va pas tous accéder à des études alors que ça devrait être un droit et pas un privilège. »

Les pompiers ont dû intervenir sur de nombreux départs de feux.

Les cours seront finalement annulés sur les coups de 9h dans ce lycée de centre-ville. Les lycées Fustel de Coulanges, des Pontonniers, Marcel Rudloff, Jean Rostand, Marie Curie ou encore Jean Monnet ont eux aussi été bloqués tôt jeudi matin. Les élèves du lycée René Cassin sont également mobilisés et plusieurs poubelles ont été enflammées devant l’établissement.

Le blocage devant le lycée Fustel de Coulanges jeudi 1er octobre.

Le lycée Couffignal évacué

Vers 9h30, Yahia et Islem ont déjà essuyé plusieurs tirs de gaz lacrymogènes jeudi matin, alors que la police continue d’essayer de disperser les lycéennes et lycéens des alentours de Couffignal.

Yahia et Islem sont élèves au lycée Couffignal.Photo : Thibault Vetter / Rue89 Strasbourg / cc

« Moi je suis arrivé à 7h, on a mis des poubelles devant. Les profs ne viennent pas avec nous mais c’est pas grave, se console Islem. On soutient les camarades de tous les lycées. » Islem se dit stressé par ses journées qui commencent tôt, à 8h, et peuvent finir à 21 ou 22h avec les devoirs, sans assurance d’accéder à une voie souhaitée à cause de Parcoursup.

Pour des raisons de sécurité, le lycée a été évacué, ne laissant que les sirènes retentir. À l’intérieur, plusieurs personnels ont été confinés avec des lycéens avant de sortir précipitamment. D’autres élèves ont quant à eux pris la direction du Neudorf. Certaines personnes se sont jointes au cortège improvisé, en profitant pour s’attaquer aux vitrines de l’Espace Foot pour tenter de récupérer maillots et survêtements puis brièvement celles du McDonald’s sur leur parcours. Peu avant 10h, l’avenue de Colmar est entièrement bloquée par de petites barricades.

Nombreux tirs de gaz lacrymogène

D’après la préfecture du Bas-Rhin, dans la matinée, douze personnes ont été interpellées. Les services de l’État affirment avoir demandé à la CTS d’interrompre le réseau temporairement. Ils ajoutent que des renforts de la gendarmerie nationale sont mobilisés et que la détention, le transport et l’utilisation d’artifices ainsi que la distribution, l’achat et la vente de carburant sont interdits.

Le lycée Marcel Rudloff est aussi bloqué au matin jeudi 1er octobre.

Le long de l’avenue François Mitterrand, le lycée Marcel Rudloff de Hautepierre est lui aussi bloqué, plusieurs élèves ayant décidé de rester devant l’établissement. Les effectifs policiers ne parviennent pas à contenir ces mouvements simultanés dans toute la ville. Vers 11h30, des lycéen·nes et des étudiant·es se forment un cortège ensemble qui marche à l’arrêt Observatoire, en direction du campus. Des étudiant·es entendent montrer leur soutien et entrer dans le mouvement.

Un peu avant 14h, un cortège de plusieurs centaines de lycéen·nes et d’étudiant·es s’est lancé de la place de la République vers le lycée Kléber, place de Bordeaux. La grille du lycée a été détruite et l’établissement a déclenché une alerte intrusion. Les élèves du collectif Kléber militant affirme que ces personnes « ne sont en aucun cas affiliées » à leur organisation. Les forces de l’ordre (Compagnies républicaines de sécurité, compagnies d’intervention, brigade anti-criminalité…) sont intervenues avec de grandes quantités de gaz lacrymogènes pour disperser les lycéens à de nombreuses reprises tout en tentant d’interpeller des personnes.


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