Il est 21h30 et, devant l’église Saint-Pierre-le-Jeune, les dernières traces du jour s’effacent doucement. À quelques mètres de là, des voitures luxueuses déposent des clients devant le Sofitel. Dans l’église, paroissiens et paroissiennes quittent les lieux après les offices. Vincent Affholder, lui, est là depuis trois heures. Casquette en velours vissée sur la tête, tee-shirt blanc ajusté, il attend que les portes se ferment pour commencer véritablement sa soirée. Il laisse filer les dernières lueurs à travers les vitraux et en profite pour regarder encore une fois les détails de l’édifice : les fresques, les gravures, les lustres, les sculptures.



« J’étais subjugué par la couleur de l’orgue »
Puis il ferme les grandes portes et retrouve l’obscurité de cette grande église protestante, entièrement vidée de ses visiteurs. Vincent n’est ni religieux, ni gardien, ni historien de l’art. Il est conseiller principal d’éducation dans un établissement privé de Strasbourg. Mais surtout, il est organiste, et cela depuis l’âge de six ans.
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