Mon entrée en Orient, touché par l’hospitalité turque
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Ils sont Strasbourgeois, ils sont partis aux antipodes et ils partagent dans ce blog leurs cartes postales et leurs rencontres.
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Mon entrée en Orient, touché par l’hospitalité turque

actualisé le 11/10/2017 à 12h43

Visa turque, obtenu facilement à l'aéroport (Photo Pierre AUGE)

Visa turc, obtenu facilement à l’aéroport (Photo Pierre Augé)

La Turquie, je pourrais en parler des heures tellement ce pays est magnifique. Il y a les bords de mer, les grandes villes superbes et pleines d’histoires, les paysages si différents… mais j’ai choisi de vous parler de trois choses en particulier : la Cappadoce, l’hospitalité turque et l’obtention du visa iranien.

Vie et nuit en Cappadoce

La Turquie, lien entre l’Europe et l’Asie, est un énorme pays d’une superficie de 783 562 km². Autant vous dire qu’il y a une foule de paysages différents avec chacun leurs petites particularités. Mais la région qui m’a le plus marqué est la Cappadoce. Située au centre de la Turquie, elle attire énormément de touristes chaque année du fait de son originalité. Et cette notoriété n’est pas galvaudée.

En effet, on ne trouve ce genre de paysage nulle part ailleurs à ma connaissance. Les couleurs sont très étranges, variant entre le jaune et le rouge en passant par le marron. Le relief est assez montagneux permettant aux plus téméraires de faire de superbes randonnées et ainsi de s’éloigner des lieux trop touristiques. On y aperçoit très souvent des rochers un peu élancés appelés « cheminée » et certaines d’entres elles sont habitées.

Maison typique en Cappadoce (Photo Pierre AUGE)

Maison typique en Cappadoce (Photo Pierre Augé)

Nous sommes le dimanche 29 septembre, il fait déjà nuit quand j’arrive à Avanos, en Cappadoce mais peu importe, grâce au site Couchsurfing, j’ai un hôte pour les trois prochains jours. Son anglais est parfait et nous permet d’avoir des discussions extrêmement intéressantes sur la musique, les voyages, l’avenir… Sur la vie, quoi. Il s’appelle Görkem Birinci, il a 38 ans et il est professeur à l’université de Nevşehir. Petit plus de Görkem, il distille lui même son vin rouge et il a un ami qui habite ces étranges maisons. Alors allons-y !

Je n’ai pas pu photographier l’intérieur car le propriétaire ne le souhaitait pas. Ne comptez pas sur l’eau courante ou le tout à l’égout par exemple. Les quelques mini panneaux solaires installés autour de sa propriété permettent d’avoir un minimum d’électricité et l’isolation offerte par la pierre est un avantage inestimable dans cette région ou la température oscille entre -5 et 30° selon les périodes.

Ils lui permettent aussi de cuisiner des plats délicieux, je peux en témoigner. La vaisselle se fait à l’eau froide, récupérée je ne sais où (et je crois que je n’ai pas envie de savoir en fait) et pour les WC, c’est comme partout en Turquie rurale, une dalle, un trou et le tour est joué. Il a un énorme matelas en guise de lit et sont F1 magique est agrémenté d’un jardin extraordinaire dans lequel il passe l’essentiel de ses journées (arbres colorés, bancs, tables, petit coin pour le feu, …). Et que dire en plus du spectacle nocturne offert par la nature.

Vu du ciel, la nuit en Cappadoce. (Photo Pierre AUGE)

Vu du ciel, la nuit en Cappadoce. (Photo Pierre Augé)

Ali et l’hospitalité turque, une leçon

La deuxième chose qui m’a beaucoup surprise est l’hospitalité turque. Certes, l’auto stop y est assez facile et c’est un premier indice, mais en plus, il n’est pas rare de se voir proposer un thé ou même un repas au milieu du voyage et parfois même un lit pour la nuit. C’est ce qui m’est arrivé le 3 octobre. Il est presque midi, je suis à Samsun, au nord de la Turquie, il pleut, il fait froid, bref, le moral est dans les chaussettes et je dois me rendre le plus vite possible à Trabzon pour y faire mon visa Iranien.

C’est alors qu’Ali s’arrête et se propose de m’amener jusqu’à Trabzon, à 330 km. Il ne parle pas très bien anglais mais ce n’est pas très grave, j’ai appris quelques mots turcs me permettant de soutenir une discussion basique. En chemin, il s’arrête pour manger un morceau. Autant vous dire que c’est le meilleur repas que j’ai eu depuis le début de mon voyage, à base d’agneau et de légumes. Excellent.

Puis, tout spontanément et sans en faire des tonnes, il va payer et on continue notre route. J’essaye de lui faire comprendre tant bien que mal que j’aimerais payer ma part mais il refuse. Arrivé à Trabzon, il me montre où est le consulat iranien puis, dans un anglais approximatif, il me demande où je dors ce soir. Je lui réponds que je ne sais pas vraiment et, toujours aussi naturellement, il me propose de venir dormir chez lui, à 30 minutes de Trabzon. D’abord surpris par tant de générosité, je ne sais pas trop quoi dire mais j’accepte. Je passe une superbe soirée en compagnie de sa petite famille et le lendemain, il me ramène devant le consulat à l’heure d’ouverture.

J’ai souvent fait du stop en France et j’ai rencontré des gens adorables mais jamais je n’ai eu une expérience aussi extraordinaire. C’est ce genre d’aventure qui vous font réfléchir sur le sens du mot hospitalité et sur votre propre vision de l’humanité. Merci Ali pour cette leçon de vie.

Premier contact avec l’administration iranienne

Le consulat iranien à Trabzon, le plus rapide du monde (Photo Pierre AUGE)

Le consulat iranien à Trabzon, le plus rapide du monde (Photo Pierre AUGE)

Lorsque vous faite le tour des sites internet pour vous renseigner sur l’obtention du visa iranien, vous tombez sur beaucoup d’expériences différentes selon les dates. En juin cette année par exemple, du fait des élections, il été extrêmement difficile d’obtenir ce tampon. Voici donc des nouvelles fraîches, datées du 4 octobre 2013.

Premièrement, il faut savoir que le consulat iranien à Trabzon et l’un des plus rapides si ce n’est le plus rapide du corps diplomatique iranien. En effet, une journée suffit. Arrivé à 9h, vous remplissez quelques documents et vous donnez vos empreintes. Voici quelques questions « pièges » à connaitre à l’avance.

  • Combien d’argent aurez-vous sur vous ?  Répondez suffisamment élevé pour justifier votre présence sur une longue période.
  • Quelle est votre profession ? Si vous êtes comme moi, vous mettez sans emploi (Jobless).
  • Par quelle frontière comptez vous passer pour entrer en Iran ? Pour en sortir ? -> Mettez les noms des villes iraniennes.
  • Quels sont les pays que vous avez déjà visité ? Évitez à tout prix Israël sinon c’est impossible de rentrer.
  • Combien de temps souhaitez-vous passer en Iran ? –> J’ai d’abord mis deux mois mais le consulat m’a dit que le maximum, c’est un mois.

Ensuite,on vous pose une panoplie de questions pour confirmer vos déclarations. Puis vous avez la journée pour aller déposer les 75 euros à la banque de Trabzon, à environ 10 minutes de marche du consulat. A 17h, vous revenez et vous avez votre réponse.

La rumeur : cinq visas par jour max

J’ai lu pas mal de choses à propos de ce sujet, et notamment que le consulat iranien de Trabzon ne délivrait que cinq visas par jours. Les choses ont changé apparemment, car le même jour que moi, 12 visas ont étés accordés.

Petite anecdote, parmi ces 12 visas, d’autres Français étaient avec moi et n’avaient pas très bien compris les règles. Ils n’étaient pas allés à la banque pour déposer l’argent mais pour le retirer. Forcément, arrivés à 17h au consulat, il leur était impossible de déposer cette somme à la banque. Mais le consulat a tout de même accepté les billets et tout s’est bien passé. Du coup, ça peut être une bonne astuce pour ne pas perdre 75 euros bêtement. Si jamais le visa est refusé, vous pouvez toujours refuser de payer… C’est à vous de voir !

J’ai écrit cet article depuis la Géorgie, pays que je n’avais pas prévu de visiter mais la vie d’un voyageur est faite d’imprévus. Je me dirige vers l’Arménie et surtout l’Iran. Je n’ai pas toujours accès à Internet, c’est parfois très limité, mais je fais le maximum. A bientôt !

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L'AUTEUR
Pierre Augé
Pierre Augé
Qui suis-je ? Je m’appelle Pierre Augé et j’ai 27 ans. Originaire d’Alsace et plus particulièrement de Strasbourg, j’ai fait mes études d’ingénieur à l’INSA de Strasbourg. J’ai toujours été attiré par les voyages : Mayotte, Malte, Irlande, Canaries, Norvège, Etats-Unis... Inutile de dire que le virus du voyageur m’a déjà largement infesté. Aujourd’hui, et afin d’assouvir cette soif de rencontres, de grands espaces et de nouveautés, je prépare un tour du monde que vous pourrez suivre sur ce blog.

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