La rupture est consommée. Le 29 mai, Hülliya Turan a annoncé sur Facebook quitter le Parti communiste français (PCF) et mettre fin à son engagement au sein de la fédération du Bas-Rhin. Une décision qu’elle dit « douloureuse » et « mûrement réfléchie ». Dans un communiqué, elle dénonce une fédération « gangrenée par des logiques opportunistes et carriéristes » et accuse certains responsables d’avoir voulu faire taire « une voix dissonante et engagée ».
Quelques jours plus tôt, le 19 mai, la Commission nationale de médiation et de règlement des conflits du PCF a prononcé sa suspension pour une durée de neuf mois. Une sanction peu fréquente dans l’histoire récente du parti, assurent plusieurs responsables communistes. Figure connue de la gauche strasbourgeoise, Hülliya Turan a occupé plusieurs fonctions importantes au sein du PCF. Adjointe à l’éducation de Jeanne Barseghian, elle a dirigé la fédération bas-rhinoise entre 2016 et 2024. Elle est également conseillère régionale.
Dans son communiqué de départ, l’élue affirme avoir été victime d’un « acharnement » fondé sur « des mensonges et des accusations infondées ». Elle évoque son parcours de femme issue des quartiers populaires et de l’immigration kurde alévie et considère avoir été ciblée parce qu’elle refusait de céder face aux critiques formulées à son encontre. Selon elle, cette sanction s’inscrit dans le contexte du 40e congrès national du PCF, qui doit se tenir début juillet 2026 et viserait à l’écarter du débat politique.
Une enquête interne diligentée
Dans un autre communiqué, son successeur comme secrétaire départemental du PCF, Antoine Splet, livre une lecture diamétralement opposée des faits. Le deuxième adjoint à la maire de Schiltigheim rappelle que la suspension a été prononcée à l’issue d’une procédure menée par la Commission nationale de médiation et de règlement des conflits.
D’après des informations recoupées par Rue89 Strasbourg, cette dernière a été saisie à une quinzaine de reprises entre novembre 2025 et avril 2026. Les recours portaient à la fois sur les tensions internes traversant la fédération et sur des comportements jugés problématiques de Hülliya Turan. En pleine campagne des municipales, la Commission a mené une instruction de plusieurs mois et des auditions.
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