Il n’y a pas de « consolation », insiste Pascale à plusieurs reprises. Mais relater l’itinéraire de son fils est important aujourd’hui, autant que les témoignages et messages de ses amis proches ou d’inconnus qu’elle reçoit.
La mère endeuillée savoure le décalage de lire des mots réconfortants et des émojis tendres de la part d’une escouade internationale de rappeurs qui peuvent faire du « très sale » dans les paroles de leurs morceaux en français, en anglais, en russe ou en birman.

Aujourd’hui, à l’âge de 66 ans, c’est elle, qui est aux manettes de la société Soulker Beats. Dans un café strasbourgeois, elle accepte de raconter Martin son fils, et Soulker le « beatmaker » c’est-à-dire un compositeur de rythmes hip hop, parfois à destination de rappeurs.
« Maintenant que j’ai une vision complète, je vois que c’est une histoire exceptionnelle que celle de Martin. Je ressens beaucoup de choses, mais avant tout une grande fierté. C’était important pour moi de faire vivre son œuvre. C’est une décision qu’ont compris les autres musiciens. »
Après la mort de Martin en juillet 2023, la décision s’est imposée comme une évidence : administrer un catalogue fait d’environ 400 versions instrumentales, deux chaînes youtube et un site internet. Les morceaux sont accessibles dès 25 euros.
Du vivant de Soulker, les gros artistes ou labels négociaient pour un usage exclusif, une option que la professeure de littérature anglaise à Pontonniers a préféré ne pas poursuivre : « Cela ne m’intéresse pas de devenir une businesswoman du rap, d’ailleurs je préfère ses créations plus “lounge” dans son autre chaîne Youtube », glisse-t-elle avec un sourire. Elle s’est entourée d’un comptable et d’un avocat spécialiste du droit d’auteur.
Décrocheur de l’école européenne
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