« Je vous préviens, si je vois quelqu’un avec son téléphone, il sort immédiatement ! ». D’emblée, le ton est donné par la présidente du tribunal correctionnel de Mulhouse, Christine Stengel. Il faut dire qu’il s’agit d’une audience particulière. La forte présence policière en atteste. Et la quinzaine de bancs occupés par un public divers, également.
Sur les bancs, pêle-mêle, on trouve des têtes d’affiche célèbres à Mulhouse, telles Emmanuel Taffarelli (tête de liste Reconquête, le parti d’Éric Zemmour, aux dernières élections municipales), ou encore Bertrand Pauvert (ancien maître de conférence en droit, suspendu puis radié de la fonction publique en janvier 2024 pour harcèlement sexuel et élu conseiller municipal en 2020 sur les listes du Rassemblement national). Sur un autre banc, il y a également Gérard Moine, le président de la section mulhousienne de la Ligue des droits de l’Homme, ou encore de nombreux militants et membres de syndicats divers (le Mouvement national des chômeurs et précaires, le syndicat étudiant local, le groupe d’action de La France insoumise à Mulhouse, etc).
Tous sont venus pour voir, et parfois soutenir le prévenu du jour : Anthony Thoma. Le jeune homme de 28 ans, petite moustache parfaitement taillée, sur une barbe rousse et lustrée, est très élégant. Avec sa chemise blanche et son pantalon à pinces tenu par une paire de bretelles en cuir, on pourrait croire qu’il s’agit d’un simple hipster parfaitement looké. Si ce n’est la petite fleur de lys en argent, accrochée à l’une de ses bretelles, qui fait tiquer. Et le motif de sa présence ce lundi dans un tribunal : « apologie de crime contre l’humanité ».
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Guillaume Krempp suit de près l’actualité des droites radicales à Strasbourg et en Alsace. Son travail dérange : en 2023, il a été menacé par les hooligans de Strasbourg Offender lors d’un rassemblement organisé par l’Action française.
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