« J’avais toujours un sentiment de solitude… Ce qu’il nous faut, en tant que jeunes placés, c’est sentir un peu d’attention d’un adulte. » Pauline a quitté les Maisons d’enfants Louise de Marillac en juin, après sept années passées dans cette structure qui appartient à la Fondation catholique Vincent de Paul. Il s’agit de cinq pavillons répartis dans tout le Bas-Rhin. « Moi j’étais à Saverne », précise t-elle. Une vingtaine de mineurs sont placés là-bas. Pauline ne supportait plus de subir la présence de son frère. Depuis début 2025, elle témoigne ouvertement avoir subi un viol. L’Aide sociale à l’enfance demande que les deux jeunes ne soient plus en contact. « J’ai même porté plainte contre lui », ajoute Pauline :
« Il est majeur maintenant, il a son logement, mais il continue à venir au pavillon. Quand je le voyais, je ne me sentais pas bien du tout, j’étais déstabilisée. Je disais aux éducateurs qu’il n’était pas censé être là mais ils ne réagissaient pas. Il essayait de m’humilier, il me disait de retirer ma plainte. Moi je sortais de la pièce et je m’enfermais dans ma chambre. »
Malgré les demandes de Pauline et de certains employés, la présence de son frère a continué à être tolérée par les encadrants et la hiérarchie d’après des témoignages concordants de plusieurs travailleurs sociaux. « Le problème n’a jamais été réglé et c’est finalement Pauline qui est partie », déplore une éducatrice.
« Les éducateurs se moquaient de moi »
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