Female rage au Cosmos
Le Cosmos réhabilite la colère au féminin, cette émotion trop souvent réservée aux hommes. Les femmes qui s’emportent sont vite étiquetées hystériques, excessives voire dangereuses. Les films du cycle Female rage expriment tous une colère profondément sociale, dirigée contre les assignations et les violences du patriarcat. Mélos, films de genre, films d’animation, documentaires ou courts-métrages : ces œuvres montrent des corps qui débordent, des révoltes intimes ou des vengeances spectaculaires.
Au programme : la jeune Ada McGrath de La Leçon de piano, la Carrie télékinétique de De Palma, Catherine Deneuve dans Tristana de Buñuel, les trois motardes de Faster, Pussycat ! Kill ! Kill !, la sorcière de Kirikou, ou encore l’écoféministe Françoise d’Eaubonne… Une sélection tellement bien vue qu’on aurait envie de poser deux semaines de congés pour tout voir.
Le Cosmos présente deux rétrospectives en parallèle de ce cycle : l’une consacrée à Isabelle Huppert, le summum de la colère sourde ; et l’autre à Carole Roussoupolos qui n’a pas sa pareille pour filmer l’action directe.
Immersion chez les Innus au Canada
Nitassinan (notre terre), c’est le nom que donnent les Innus à un territoire ancestral, habité depuis plus de 10 000 ans, et qui s’étend des rives du fleuve Saint-Laurent aux confins des régions boréales de l’Est canadien. C’est aussi le titre qu’à choisi le photographe français Yann Datessen pour sa nouvelle exposition à découvrir ce mois-ci à Stimultania. Ce projet photographique, mené de 2022 à 2025, explore sept réserves innues au Canada. Le photographe, passionné par l’autogestion et les micro-communautés, a procédé à une immersion prolongée au sein des communautés afin d’en documenter le quotidien, les coutumes, les habitats, les tenues… Conçu en collaboration avec le Musée ilnu de Mashteuiatsh — où seront conservées les archives du projet — Nitassinan participe à une réflexion sur les formes de représentation des peuples autochtones et sur les conditions d’une mémoire visuelle partagée, entre histoire, identité et souveraineté narrative.
Fanfares en festival
Février c’est le mois un peu déprimant : les fêtes sont passées, les galettes des rois sont digérées mais c’est pas encore le printemps, il fait encore tout gris dehors. Heureusement, le festival Fanfarodoï organisé par l’association Pelpass & Cie déboule et ambiancera aussi les rues avec des fanfares venus de plusieurs coins de France. Ça commence jeudi 5 février avec la fameuse fanfare FEIS qu’on ne présente presque plus, vous les avez sûrement déjà croisés à Strasbourg avec leurs salopettes jaunes. Ils partageront l’affiche avec Ultraviolettes, Splash et Los Teoporos. Cette dernière, venue de Bordeaux, a remporté le concours international de fanfares de médecine en 2009, la classe.
À noter : le samedi soir se terminera par un DJ set spécial fanfares et le dimanche, rendez-vous dès 15h pour finir le week-end en douceur avec une journée et soirée jeux de sociétés.
Le pays des autres
Une jeune alsacienne, Mathilde, tombe amoureuse d’un soldat marocain pendant la Seconde guerre mondiale et le suit au Maroc. C’est le point de départ de cette pièce mise en scène et jouée par Hélène Lacoste d’après le roman de Leïla Slimani Le pays des autres. Entre rêve d’émancipation et réalité de l’exil, elle découvre la dépendance conjugale et doit se battre pour exister. Ce seule en scène explore la « migration intérieure » : Mathilde apprend l’arabe, se transforme au contact d’une autre culture… au point de devenir étrangère à sa propre famille. Au-delà des différences culturelles, c’est l’universalité des désirs qui touche : liberté, aventure, quête de soi… Une histoire de résistance féminine ancrée dans les années 40 étonnamment actuelle. Ce spectacle a été créé dans le cadre de Strasbourg Capitale mondiale du livre en avril 2024.
La tête dans les nuages
Un oiseau qui danse avec une tortue, un renard aventureux, un petit garçon chasseur de nuages, un berger qui transforme la laine en nuages pour créer de la pluie… Ce ciné-concert de la compagnie SZ propose cinq courts-métrages poétiques pour partir à la conquête du ciel. Deux multi-instrumentistes accompagnent les dessins animés au son de la guitare, de la basse, batterie mais aussi octapad, senza, mélodica et d’autres instruments bricolés ou détournés. Le tout enveloppé dans une ingénieuse scénographie de nuages lumineux. Un spectacle accessible dès trois ans et qui plaira sûrement aussi aux plus grands, mélomanes et/ou rêveurs habitués à avoir la tête dans les nuages.
Le musée d’art moderne à l’état sauvage
À l’occasion de la réouverture du musée zoologique de Strasbourg, cette exposition fait dialoguer des animaux issus des collections naturalistes avec des œuvres du musée d’art moderne qui explorent la figure de l’animal. Source d’inspiration depuis les peintures rupestres, les animaux traversent l’histoire de l’art en révélant nos rapports ambigus avec les autres espèces : entre fascination et distance, domestication et altérité. Ce basculement commence avec les Lumières et la naissance de la zoologie au XVIIIe siècle. Aujourd’hui, avec l’éthologie, l’éthique animale et les animal studies, on regarde enfin la faune autrement. Les artistes captent cette évolution et témoignent de la richesse de la biodiversité. Le musée d’art moderne met la faune à l’honneur, dépasse la traditionnelle opposition homme-animal et célèbre ainsi ce qui nous lie.
L’Ososphère inaugure La Laiterie
L’Osophère est de retour avec deux soirées électro dans le hall central de la gare de Strasbourg. Si vous n’avez pas pris vos billets, c’est râpé car c’est déjà complet depuis des semaines. En revanche, pour l’expo qui aura lieu dans le quartier de la Laiterie, c’est tout bon ! Au riche programme de cet événement nommé Ohm Sweet Ohm pour une Conversation avec Le Futur ! : plus de 40 œuvres (souvent numériques et parfois interactives), des « labs participatifs », des expériences et performances. Ça se passera de jour comme de nuit dans trois lieux : la Fabrique et la Laiterie accueilleront l’exposition. Ce sera d’ailleurs l’occasion de découvrir la toute nouvelle salle de concert de la Laiterie. Après 18 mois de travaux, le lieu rouvre pour la première fois au public avec une expo musicale. Le Molodoï, quant à lui, deviendra durant quelques jours l’UltraLab-Café de L’Ososphère, un lieu convivial et participatif où l’on nous promet des « DJ sets conversatoires », un « Carnabal », un « juke box dérivatif »…
Chargement des commentaires…