Deux semaines en Iran, c’était le plan
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Ils sont Strasbourgeois, ils sont partis aux antipodes et ils partagent dans ce blog leurs cartes postales et leurs rencontres.
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Deux semaines en Iran, c’était le plan

actualisé le 11/10/2017 à 12h43

Tour à Yazd, symbolisant le centre exact de l'Iran (photo Pierre Augé / Rue89 Strasbourg)

Tour à Yazd, symbolisant le centre exact de l’Iran (photo Pierre Augé / Rue89 Strasbourg)

Plus que les différences culturelles et les nombreuses règles à connaître, la première chose qui frappe quand on entre en Iran, c’est la gentillesse des gens. Tout le monde y va de son « Hello ! », « Hi my friend ! » si ce n’est pas « Welcome to Iran » ou bien « I love you ». J’ai même eu droit à un magnifique « How are you from ? ». Bref, la population s’affère à rendre votre passage ici inoubliable. Si un jour vous décidez d’aller en Iran, ne comptez pas sur les Iraniens pour vous laisser partir quand vous l’avez décidé.

Cinq jours chez Majieid

Après avoir passé la frontière, dormi dans un bus de nuit pendant 8h et après avoir passé ma deuxième journée en Iran à nouveau dans un bus, il est 22h quand j’arrive enfin à Gorgan, chez Majieid, au nord est du pays. Je suis exténué mais il fallait bien ça pour franchir les quelques 1 200 km qui me séparaient de ma destination. Le pays est gigantesque, d’environs 1 650 000 km², est le stop ne va pas être simple.

J’avais au préalable pris contact avec Majieid, grâce au site HelpX. Il proposait l’hébergement et le couvert en échange d’une aide dans sa ferme, au nord du pays. J’ai tout de suite pensé que ça pouvait être une expérience enrichissante et je ne m’étais pas trompé.

Se nettoyer les pieds au pétrole

La vie des iraniens est de plus en plus difficile compte tenu des sanctions internationales qui font s’écrouler la devise locale (le Rial) depuis bien trop longtemps. Résultat, tous les prix explosent alors que les salaires restent les mêmes. Il n’y a guère que le pétrole qui reste très attractif (10 fois inférieur à celui en France à peu près). Ils l’utilisent donc pour à peu près tout. Faire tourner toutes sortes de machines venues tout droit du XVIIIe siècle, se nettoyer les pieds et les mains et enfin, pour brûler tout ce dont ils n’ont plus besoin…

Du coup j’ai passé 4 jours à peindre une barrière et à faire brûler toutes sortes de déchets sur mon passage. C’était assez fun, je dois bien l’avouer même si au début, on se croirait en pleine guerre du golfe.

Mais le plus important, c’est que Majieid m’a appris pratiquement toutes les règles à connaître en Iran. Ne jamais rentrer dans une maison ou une mosquée sans enlever ses chaussures, ne jamais entrer dans les toilettes sans mettre ses sandalettes, ne pas faire de stop avec le pouce levé car c’est ici un signe d’insulte… J’ai donc suivi ces consignes à la lettre et j’ai mangé sur le sol, dormi à même le tapis et j’ai utilisé mes mains à la place du papier toilette. Ce n’est pas évident au début mais on s’y fait et c’est même peut être plus hygiénique, il suffit de faire confiance au savon !

Ces différences culturelles ont également participées à l’intérêt que j’ai porté pendant presque un mois à ce magnifique pays qu’est l’Iran.

Vu de Gorgan la nuit, soirée réussie (photo Pierre AUGE)

Vu de Gorgan, la nuit, soirée réussie (Photo Pierre Augé / Rue89 Strasbourg)

Impressionantes célébrations pour l’Imam Hussein

Je ne suis pas arrivé en Iran pendant la période touristique mais pendant les célébrations à la mémoire de l’Imam Hussein, l’un des fondateurs du Chi’isme, et c’est bien ma vaine.

J’arrive à Yazd avec mes deux compagnons de route, Amaury, un français, et Soroush, un iranien qui voyage à la découverte de son propre pays. C’est un lundi et demain nous a-t-on dit, il y a une énorme et célèbre cérémonie dans le village d’à côté, Taft. Du coup on se repose pour reprendre des forces et le lendemain soir, vers 19h, on se rend à destination. Amaury et moi-même sommes les seuls touristes et les gens sont un peu surpris de nous voir ici mais notre ami nous permet de nous intégrer rapidement.

Une fois le fameux « Salam (Bonjour) » lancé, la glace est brisée. Dès lors, les gens sont adorables et nous offrent les meilleures places pour observer et filmer la cérémonie. Ils nous ramènent du thé, nous offrent le repas et ils nous expliquent également l’histoire de l’Imam Hussein et la signification des différentes parties de la cérémonie.

En fait, plusieurs clubs se suivent et entonnent des champs à la mémoire de leur imam tout en se flagellant afin de se rappeler la fin tragique d’Hussein, mort de faim et de soif avec toute sa famille, entouré par une dizaine de soldats ennemis. C’est absolument impressionnant et lorsque tous les clubs entament la dernière partie, tous ensemble, le son produit par le choc entre les chaines et les épaules est prenant. J’ai ressenti un sentiment mitigé entre l’admiration et l’incompréhension d’une telle torture.

Tout le monde est impliqué dans cette cérémonie et toutes les générations se rassemblent. C’est aussi intéressant de voir que tous les gens sont ensuite invités à manger ensemble, gratuitement. Aucune société n’est encore venue polluer cette commémoration.

Et enfin Persépolis

Après déjà trois semaines de voyages en stop, j’arrive enfin à Persépolis. Même si le pays entier restera gravé dans ma mémoire pendant longtemps, je dois bien avouer que Persépolis était le seul objectif obligatoire que je m’étais fixé avant d’arriver ici. Tant de légendes entourent cette ancienne ville qui, d’après la plupart des blogs de voyageurs, ne déçoit jamais ses hôtes.

Le jour n’est pas des plus agréables pour cette visite, il pleut et on ne voit pas un seul coin de ciel bleu à l’horizon. Mais qu’importe, j’y suis j’y vais. Équipé de mon appareil photo et de tout mon matériel anti-pluie à ma disposition dans mon sac, je pénètre dans la cité.

La vue panorama permet de visualiser l'entièreté de Persépolis (Photo Pierre AUGE)

La vue panorama permet de visualiser l’entièreté de Persépolis (Photo Pierre Augé / Rue89 Strasbourg)

Ici, toutes les pierres ont une histoire. Si on se concentre bien et qu’on écoute son guide (mon ami Soroush pour l’occasion), on peut ressentir des tas de vibrations. Je ne sais toujours pas si c’est mon inconscient ou bien réellement le pouvoir de Persépolis mais j’étais comme dans un rêve au milieu de toute cette architecture ahurissante. On se sent comme un enfant au milieu d’une piscine à boules. On veut toutes les toucher, toutes les voir au moins et à la fin, il vous reste des souvenirs plein la tête.

La seule femme gravée dans tout Persépolis, en tout petit. Info Soroush (Photo Pierre AUGE)

La seule femme gravée dans tout Persépolis, en tout petit. Info Soroush (Photo Pierre Augé / Rue89 Strasbourg)

Je vous ai écrit ce papier à 1 355 mètres d’altitude, à Katmandou, au Népal ou je m’apprête à entamer un trek de 9 jours environ. Puis je rejoindrai ensuite l’Inde et la Chine où j’aurais encore certainement pleins de choses à vous raconter.  A ce propos, excusez moi encore pour mon manque d’assiduité durant mon séjour en Iran, mais Internet n’était clairement pas monnaie courante. A bientôt !

Aller plus loin

site helpX : http://www.helpx.net/

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L'AUTEUR
Pierre Augé
Pierre Augé
Qui suis-je ? Je m’appelle Pierre Augé et j’ai 27 ans. Originaire d’Alsace et plus particulièrement de Strasbourg, j’ai fait mes études d’ingénieur à l’INSA de Strasbourg. J’ai toujours été attiré par les voyages : Mayotte, Malte, Irlande, Canaries, Norvège, Etats-Unis... Inutile de dire que le virus du voyageur m’a déjà largement infesté. Aujourd’hui, et afin d’assouvir cette soif de rencontres, de grands espaces et de nouveautés, je prépare un tour du monde que vous pourrez suivre sur ce blog.

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