Mercredi 1er juillet, le comité du Syndicat mixte pour l’aménagement du site du Lac Blanc (SMALB) a décidé de mettre un terme à l’exploitation des remontées mécaniques de cette station des Vosges alsaciennes. Dès l’hiver 2026, les usagers ne pourront donc plus pratiquer le ski alpin sur les 15 pistes du plus grand domaine skiable du versant.
Le SMALB indique dans son communiqué que « les conditions nécessaires à une exploitation en régie ne sont pas réunies » et « prend acte des effets du réchauffement climatique sur le site. La baisse de l’enneigement naturel, la réduction des jours avec manteau neigeux exploitable et l’incertitude croissante des hivers fragilisent le modèle historique fondé sur le ski alpin. »
Le SMALB indique vouloir « préserver l’attractivité du site et explorer de nouvelles perspectives d’activités et d’usages, dans un modèle moins dépendant de la neige ». Mais en mars 2025, la station avait bénéficié d’une subvention d’un million d’euros de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), destinée à renforcer et à développer la production de neige artificielle.
« Le nouvel outil nous permettra de produire davantage de neige en moins de temps, ce qui rendra le manteau neigeux moins vulnérable aux aléas climatiques », expliquait alors Michael Barthelmé, directeur du Syndicat mixte du Lac Blanc à Rue89 Strasbourg. Joint pour commenter la décision de fermeture, Michael Barthelmé a renvoyé tout commentaire à une future conférence de presse en présence des élus de la vallée.
Où est passé le million d’euros ?
La CeA affirmait à l’époque que les 790 000 euros (auxquels s’ajoutent 276 480 euros versés antérieurement) avaient pour objectif de « sécuriser l’offre d’activité hivernale, notamment le produit ski alpin, […] pour permettre au site de réaliser une transition en douceur ». Selon une source à la Collectivité européenne d’Alsace, si l’enveloppe mise à disposition du SMALB pour la production de neige artificielle n’est plus utilisée, elle reviendrait dans le budget « montagne » de la collectivité départementale. Contactés, ni le SMALB ni la CeA n’ont souhaité préciser cet élément.
Conseillère d’Alsace d’opposition, Ludivine Quintallet avait voté contre l’attribution de cette subvention à la station du Lac Blanc :
« Je ne peux qu’être satisfaite que les élus du Lac Blanc aient enfin pris conscience de la situation. Je pense que le coût de l’énergie pour produire cette neige a également joué un rôle. Au fil des ans, ces modèles économiques sont devenus de plus en plus intenables. On constate une accélération des phénomènes, et l’incertitude grandit. »
Des emplois menacés
Une trentaine d’emplois sont directement liés aux infrastructures de la station du Lac Blanc, selon l’argument utilisé par la Collectivité européenne d’Alsace pour justifier cette subvention en 2025. Le communiqué du SMALB ne fait aucune mention de l’avenir de ces emplois mais indique que « le Lac Blanc doit conserver son rôle touristique, économique et de loisirs. Cette nouvelle étape reposera sur la diversification des activités de pleine nature, la valorisation en toutes saisons et la construction d’un modèle plus résilient ».
L’économie du tourisme, qui dépend en grande partie de l’activité de la station chaque hiver, va aussi devoir suivre ce mouvement de diversification. « J’espère qu’on va arriver à se réinventer, qu’on sera soutenus et que tout le monde ne va pas fuir », déplore Mathilde Duportail, gérante d’une auberge de la station auprès des DNA.




Chargement des commentaires…