Le stationnement était l’un des thèmes récurrents de la campagne municipale. Élue en mars, Catherine Trautmann (PS) avait promis de réduire le coût du stationnement résidentiel et de faciliter les arrêts de courte durée en ville. Trois mois après son retour à l’Hôtel de Ville, la maire socialiste soumet au vote du conseil municipal de ce lundi 22 juin un premier ajustement en ce sens.
L’abonnnement résidentiel entre 5 et 20 euros
La principale mesure concerne les abonnements de stationnement résidentiel en voirie. Comme annoncé pendant la campagne, les tarifs vont être revus à la baisse et s’échelonner désormais à 5, 10 et 20 euros par mois selon le quotient familial unique et le secteur d’habitation à compter du 1er juillet. Jusqu’à présent, les résidents payaient entre 15 et 40 euros mensuels.
« Le stationnement résident ne peut pas être une charge insupportable pesant sur les ménages. Le coût était excessif nous avons décidé d’agir », estime Landdry Augier de Lajallet, adjoint à la maire en charge du stationnement, cela fera entre 120 et 240 euros d’économie par an pour 15 000 Strasbourgeois, ce n’est pas anecdotique dans le contexte actuel. »
Cette décision aura évidemment un coût pour les finances de la collectivité. Les recettes liées au stationnement résidentiel représentent aujourd’hui environ 4 millions d’euros par an. La municipalité assume un manque à gagner estimé estimé à de 2,2 millions d’euros, qui ne sont pas compensés.
Les zones payantes, elles, étendues à l’Orangerie et au Neudorf sous la précédents municipalité, ne changent pas.

En voirie, le prix maximal abaissé à 17 euros
Le deuxième volet, à partir du 1er septembre, de cette réforme concerne le stationnement payant en voirie. De manière générale, les tarifs ne changent pas. À une exception près, le tarif de la dernière tranche horaire. Aujourd’hui fixé à 35 euros quel que soit la zone, il passera à 17 euros après cinq heures dans les zones vertes, quatre heures dans les zones oranges et trois heures dans la zone rouge. Soit l’équivalent du forfait post-stationnement (le FPS, le nouveau nom des amendes depuis quelques années), s’il est payé sous trois jours.
Pour Jean-Philippe Vetter, élu d’opposition Les Républicains, cette évolution ne répond pas aux besoins du quotidien. « Concrètement, cela ne va rien changer pour la personne qui va venir voir son médecin pendant deux heures, elle payera toujours huit euros, comme avant », regrette-t-il. « Ça n’aura pas d’impact sur la réalité », poursuit l’élu. Les évolutions se ressentiront surtout pour ceux qui restent à la demi-journée.
En divisant par deux le montant du prix pour la durée maximale, la Ville pourrait, selon le groupe d’opposition de gauche autour de Jeanne Barseghian, l’ancienne maire écologiste, encourager certains automobilistes à ne plus aller vers un parking en ouvrage du centre-ville, où le prix à la journée avoisine souvent les 20 euros.
Une analyse que défend notamment Germain Mignot, conseiller municipal d’opposition communiste. L’élu doute de l’impact réel et de l’efficacité générale de cette mesure pour les automobilistes, car cette tranche de plus de trois heures, « les gens vont dans les parkings en ouvrage quand ils savent qu’ils passent la journée sur place », estime-t-il.
D’autres modifications à venir
Cette délibération ne reprend toutefois pas encore l’ensemble des engagements formulés pendant la campagne. Catherine Trautmann avait promis de développer les places violettes (1h30 maximum), ces emplacements à tarif réduit destinés aux stationnements de courte durée afin de favoriser la rotation des véhicules et l’accès aux commerces. « Si on veut tenir promesse complète, le travail continue avec de la concertation en amont », indique à ce sujet la maire.
Catherine Trautmann indique que l’évolution des règles de stationnement doit se poursuivre avec d’autres ajustements pour le mois de septembre. Selon les oppositions, l’exécutif municipal envisagerait également d’étendre le stationnement payant à de nouveaux secteurs de Strasbourg. Sans préciser pour l’heure les quartiers concernés ni le calendrier d’une éventuelle mise en œuvre.




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