Au moment où le gazole et l’essence dépassent dans de nombreuses villes deux euros le litre, avec une augmentation de parfois 30% par rapport à janvier, de nombreux usagers optent pour les transports collectifs, dont le train, pour leurs trajets quotidiens. Mais cette augmentation de la fréquentation va se heurter à la réduction d’au moins 10% des trains régionaux circulant dans le Grand Est pendant les vacances scolaires, du 13 au 25 avril.
Cet allègement de la fréquence ferroviaire avait été annoncé en novembre 2025. Jusqu’alors ce dispositif était réservé aux congés d’été et de Noël. Selon le comptage d’André Lott, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) Grand-Est, plus de 1 200 trains seront supprimés par semaine dans la grande région. Par exemple, sur un jour ouvrable, il y aura 14 trains en moins sur 61 pour le trajet Strasbourg-Haguenau, ou seulement 9 contre 23 pour la ligne Mulhouse-Bâle.
« Ce n’est pas acceptable »
André Lott demande à « la Région Grand Est (qui décide de l’offre de transport ferroviaire, NDLR) de rétablir des trains habituels au moins aux heures de pointe. Les travailleurs pendulaires ont déjà pris une augmentation de 5% du tarif d’abonnement en janvier. Avec une baisse du service en plus, ce n’est pas acceptable. »
Selon les témoignages adressés à la Fnaut Grand Est, les trains sont bondés aux heures de pointe depuis que les usagers de la voiture se tournent vers le ferroviaire en raison de la hausse des prix du carburant. « Dès le 8 mars, les trains d’hyper pointe étaient bondés, puis les trains encadrants. Les gens sont venus nous voir pour nous demander s’il y avait eu des suppressions, tellement il y avait de monde », expose Florent Manrique, président de l’association des Usagers des Transports du Sud Alsace. « Il y a eu des moments où la SNCF a laissé des gens sur les quais », assure André Lott.
En novembre, la Région expliquait que la décision d’alléger les services avait été prise dans le but de l’adapter à la fréquentation, qui baisse en moyenne, selon la collectivité, de 15 à 20% pendant les vacances scolaires. « Adapter l’offre durant ces semaines moins denses permet de garantir une gestion responsable du réseau tout en préservant, en priorité, les déplacements essentiels du quotidien », avait indiqué la Région Grand Est dans un communiqué. Il n’y a plus qu’à appliquer les principes énoncés dans cette belle déclaration à la nouvelle réalité…


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