Tout quitter et partir à la découverte du monde
Le Blog Trotteur
Ils sont Strasbourgeois, ils sont partis aux antipodes et ils partagent dans ce blog leurs cartes postales et leurs rencontres.
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Tout quitter et partir à la découverte du monde

Emma a peu voyagé alors qu’elle rêvait de faire le tour du monde. À 27 ans, elle franchit le pas et se lance sac au dos à l’assaut de l’Asie, sans billet de retour. Premier épisode, se décider à quitter Strasbourg.

Le retour de blog trotteur

Les fidèles lecteurs se rappellent peut-être des escapades de Pierre Augé en 2014. Emma Schneider, collaboratrice de Rue89 Strasbourg, fait renaître ce blog aujourd’hui. Bon voyage Emma !

Mes parents n’ont jamais voyagé. Moi, j’avais 10 ans et je rêvais de parcourir le monde. Je suppliais mon père de m’emmener faire le tour du globe et il me répondait : « Quand tu seras grande, tu feras un bon métier et tu partiras où tu voudras partir en vacances ».

Du haut de mes 10 ans je sentais déjà que je ne voulais pas travailler de manière sédentaire la quasi-totalité de l’année pour pouvoir m’offrir un voyage pendant mes congés. Mon rêve c’était d’être sur les routes, je voulais être photo-reporter, pour aller à la rencontre du monde.

Notre circuit provisoire.

Quand le rêve devient réalité.

Aujourd’hui, j’ai 27 ans et le 6 novembre 2017, je décolle pour Bangkok avec pour seul bagage mon sac à dos. Je pars pour un an, peut-être plus, avec l’ami le plus poissard que je connaisse (le goût du risque sans doute). Nous avons prévu de visiter la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, la Malaisie, l’Indonésie, la Chine puis de nous offrir un petit défi en chemin : la traversée du désert de Gobi jusqu’à la Mongolie.

Après avoir parcouru ce merveilleux pays, nous prendrons le transsibérien jusqu’à Moscou, puis nous irons à Berlin après quoi notre voyage devrait se terminer.

Laos. (Photo : Alexandre le Gratiet)

Nous nous sommes laissé énormément de liberté afin de pouvoir voyager au jour le jour, sans pression. Nous voulons pouvoir faire des crochets par d’autres pays si telle est notre envie et pouvoir accueillir tous les imprévus que nous croiserons sur notre chemin. Nous n’avons ainsi rien réserver, à part notre vol aller. Nous dormirons principalement en guest house (location chez l’habitant), et en couchsurfing. Puis nous voyagerons en vols internes, en bateau, en bus, en train et à pied.

Combien sommes nous à avoir eu envie de tout quitter, de partir voyager ? Et quelle proportion sommes nous à l’avoir fait ?

Les arguments pour ne pas partir

« J’adorerais, mais je ne peux pas ». Boulot, études, appartement, famille, et j’en passe. Autant d’arguments pour rester, et je les ai utilisés aussi. Un copain à Strasbourg, un travail, un logement… Je ne sais pas si ce n’était pas des arguments qui m’arrangeaient bien.

J’en ai rêvé de voyager loin et longtemps, mais ce n’est pas banal de partir vers l’inconnu en abandonnant tout son confort, tous ses repères. Jusque là je me suis contentée de petits voyages réguliers car c’était plus rassurant. Mais je sens que ce désir vit en moi depuis petite et que c’est ce à quoi j’ai toujours tendu. Aller vers l’inconnu, voir, apprendre, découvrir, aller au plus simple, essayer de me débarrasser un maximum de tout le superflu.

Ce serait bien si pour découvrir le monde il suffisait de prendre un sac, un billet d’avion et de partir. Mais malheureusement, c’est loin d’être si simple.

Laos. (Photo Alexandre le Gratiet)

Préparation, administration, vaccination.

Pour notre voyage d’un an en Asie, nous avons dû passer par la case vaccination, à savoir que les vaccins ne sont pas obligatoires, mais fortement recommandés. Nous avons donc eu le vaccin de la rage trois fois, l’encéphalite japonaise deux fois, l’hépatite B, la typhoïde et l’encéphalite à tiques par fréquence de trois vaccins par séance deux dans les bras et un dans la nuque. Tout ceci pour un montant de 400 euros.

J’espère pour ma part que l’on m’a injecté les bons vaccins étant donné qu’à ma dernière séance le médecin m’a piqué trois fois tout en étant en pleine conversation au téléphone, et qu’en me recroisant deux minutes plus tard dans l’entrée il m’a toisé et dit: « Madame, vous avez rendez-vous? ». Je dois avouer que lorsque je me suis aperçue que ce n’était pas une blague, j’ai eu un instant d’inquiétude quant aux substances infiltrées dans mes veines.

Notre tableau logistique pour notre road trip. Cliquez pour agrandir

Au niveau santé, nous avons également fait le tour de nos médecins, afin de faire un bilan complet, car une rage de dent par exemple, au fin fond du Cambodge peut vite devenir très problématique.

Les papiers…

Au niveau administratif, il faut s’occuper de faire les démarches pour quitter son emploi, quitter son appartement, vendre ses affaires ou les mettre en garde-meubles, résilier son forfait téléphonique, son assurance habitation, faire suivre son courrier, comparer puis prendre une assurance voyage, prendre une banque internationale pour s’éviter les frais bancaires.

Enfin, au niveau matériel, il faut penser à se trouver un bon sac confortable et utile, tout en étant pas trop lourd, car il faut se rappeler que ce sac sera sur votre dos à longueur de temps. Pour ma part, j’ai opté pour un 50+10 litres, très confortable. Il a différentes ouvertures, qui permettent de ne pas avoir à sortir toutes ses affaires pour récupérer un objet au fond du sac.

… et le matériel

Lorsqu’on part pour un long voyage on pense très vite utile et léger. Hamac, chaussures de marches, Kway, gourde à filtre intégré, trousse de toilette suspendable pour l’accrocher quand on a rien pour la poser, fil à linge, (on emmène très peu de vêtements, je tournerais avec deux débardeurs, deux shorts, deux serviettes en micro-fibres, et une tenue longue mais légère pour le soir, afin de me protéger des moustiques), une lampe frontale, un sarcophage (c’est comme un sac de couchage mais en tissu très fin, bien plus léger), une trousse de secours, une housse imperméable pour recouvrir le sac en cas de grosse pluie et éviter que toutes les affaires soient trempées.

J’ai également pris un petit sac entièrement imperméable « sea to summit », si nous pouvons laisser notre gros sac chez notre hôte pour la journée et nous contenter d’emmener quelques affaires. J’ai eu récemment une discussion avec mon compagnon de voyage, je lui faisais part de mon détachement aux choses avant même que le voyage ai commencé.

Vietnam. (Photo : Alexandre le Gratiet)

Comme si déjà je me rendais compte de l’inutilité de tous les objets que je laissais ici. J’ai amassé dans mon armoire des centaines de robes, je pars avec deux ensembles de sport, mes meubles, mes appareils , toute ma décoration. Je m’aperçois que je n’en ai pas besoin.

Comme si je sentais que là-bas je me nourrirais de tellement de choses plus simples, naturelles, spontanées et réelles. Je n’ai aucun regret à tout quitter, je me rend compte que le seul élément matériel auquel je tiens ce sont mes livres. J’ai une sorte d’impatience à devoir me contenter du minimum, à reprendre goût aux choses les plus simples, à vivre de la manière la moins matérialiste possible.

À l’heure de partir, des mots qui nous inspirent sont ceux du médecin-colonel Xavier Maniguet :

« Courir le monde de toutes les façons possibles, ce n’est pas seulement la découverte des autres, mais c’est d’abord l’exploration de soi-même, l’excitation de se voir agir et réagir. C’est le signe que l’homme moderne a pris conscience du gâchis qu’il y aurait de rendre passive une vie déjà bien courte ».

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L'AUTEUR
Emma Schneider
Emma Schneider

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