En 7 ans, trois fois plus de pesticides retrouvés dans la nappe phréatique d’Alsace
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En 7 ans, trois fois plus de pesticides retrouvés dans la nappe phréatique d’Alsace

Le nombre de pesticides relevé dans les eaux alsaciennes a plus que triplé en sept ans (carte Aprona)

L’observatoire de la nappe phréatique d’Alsace a publié des relevés, qu’il ne fournit que tous les six ans. Il constate une forte augmentation de molécules chimiques issues des pesticides, en particulier dans le sud de l’Alsace.

La prise de conscience du danger des pesticides dans la société commence à intégrer les institutions. En 2018, Atmo Grand Est va par exemple mesurer la concentration de glyphosate dans l’air. Jeudi 30 novembre, l’association pour la protection de la nappe phréatique de la plaine d’Alsace (Aprona) a diffusé des cartes très détaillées sur la qualité de l’eau dans les sous-sols alsaciens.

Ces relevés sont effectués de manière volontaire tous les six ans. Le principal enseignement est l’explosion du nombre de pesticides retrouvés et de leurs molécules de dégradation (métabolites). De 43 constatées en 2009, on passe à 137 en 2016, soit plus de trois fois plus. Les limites réglementaires sont dépassées dans 28,5 % des points de la nappe phréatique d’Alsace, l’une des plus grandes d’Europe, et 39,7 % des points des points d’eau du Sundgau.

Le Sundgau est particulièrement touché par l'exposition aux pesticides (Photo Olivier Bacquet / FlickR / cc)

Le Sundgau est particulièrement touché par l’exposition aux pesticides (Photo Olivier Bacquet / FlickR / cc)

Les désherbants agricoles en question

Comparé aux 43 molécules déjà relevées en 2009, c’est un peu plus dans la nappe (+2% environ) mais un peu moins dans le Sundgau (-3,5%). Comme le montre la carte en tête de cet article, les zones les plus contaminées sont dans le Haut-Rhin, notamment près de Mulhouse.

« De 2008 à 2016, les ventes de pesticides sont stables. Néanmoins, celles du S-métolachlore et de la diméthénamide ont doublé depuis 2008 et celles du glyphosate ont augmenté. », remarque l’Aprona.

Ces molécules chimiques viennent principalement des désherbants utilisés dans les exploitations agricoles non-biologiques.

Stabilisation des nitrates

Concernant, les nitrates, l’Aprona constate une stagnation des concentrations par rapport à 2009, sans que ces niveaux ne diminuent pour autant.

La carte des nitrates dans la nappe phréatique d’Alsace. Cliquez pour agrandir. (document Aprona)

De nouvelles mesures ?

Plusieurs actions ont pourtant été entreprises pour limiter la pollution des eaux. L’Aprona cite notamment : l’évolution des pratiques de désherbage, les soutiens à l’agriculture biologique et aux filières à bas intrants, la démarche Zéro Pesticide et distinction « Commune Nature » en zone non agricole, etc.

Les six autorités compétentes, l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, la Région Grand Est, l’Agence régionale de Santé Grand Est, la Chambre d’agriculture Alsace, les directions régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, ainsi que des Territoires et la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et la Forêt doivent se réunir en 2018 pour convenir de nouvelles mesures, plus efficaces.

« Il y a lieu de faire évoluer les pratiques agricoles de désherbage afin d’inverser les tendances observées sur la qualité de l’eau », conclut l’Aprona.

L'AUTEUR
Jean-François Gérard
Jean-François Gérard
A rejoint la rédaction de Rue89 Strasbourg à l'été 2014. En charge notamment de la politique locale.

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