Des dizaines d’étudiants et étudiantes étrangères, pour beaucoup originaires de pays très pauvres, sont sur le point d’être désinscrites de l’Université de Strasbourg (Unistra) à quelques jours des examens de fin d’année. L’institution leur demande 3 941 euros de frais d’inscription en prétextant un décret gouvernemental, contre 254 euros pour les étudiants français. Une décision qui fait basculer ces personnes dans une situation sociale catastrophique. Mise sous pression par une intersyndicale et l’exposition médiatique, les justifications de l’Unistra restent floues.
Les établissements peuvent décider d’exonérer des étudiant·es étrangers de ces frais d’inscription, ce qui permet à la plupart des universités françaises de ne pas appliquer ces coûts majorés. Mais Frédérique Berrod, la présidente de l’Université de Strasbourg, invoque la nécessité de respecter un seuil maximal « de 10% d’étudiants exonérés » fixé par l’État. Elle a donc choisi d’appliquer tout de même ces frais à environ 400 personnes en 2025-2026. Questionnée sur le taux actuel lors d’une conférence de presse le 16 avril, Frédérique Berrod a assuré que l’Unistra en était tout juste à 10%, ce qui empêchait selon elle de proposer des abattements aux étudiant·es en difficulté en cette fin d’année.
Une marge pour exonérer des étudiants
Sauf que Rue89 Strasbourg a eu accès au dernier rapport sur les exonérations daté du 16 mars.
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